Ouah, Obama

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Obama à la Maison Blanche. Le candidat a fait beaucoup de promesses. Il est resté quand même assez vague sur ses intentions. Alors, ca va changer beaucoup de choses, Erik Izraelewicz ?

Oui, d'abord, il faut savoir qu'aux Etats-Unis comme ailleurs, qu'aux Etats-Unis plus qu'ailleurs même, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Je veux dire qu'aux Etats-Unis, les présidents élus ont souvent fait le contraire de ce que, comme candidats, ils avaient promis de faire. La caricature, ce fut Bill Clinton, au début des années 90. Il avait promis de protéger l'industrie américaine du reste du monde : c'est lui qui a signé l'accord de libre échange avec le Mexique et le Canada. Il avait promis de faire un vaste plan de relance. Il a fait un plan d'austérité qui avait permis, à l'époque, de réduire considérablement le déficit budgétaire de l'Etat. Idem du côté des républicains. George Bush, le père, avait promis de ne jamais augmenté les impôts. Red my lips : no new taxes. Il les a massivement augmentées.

Conclusion. Difficile de prévoir quelle sera la politique du nouvel élu...

On a quand même quelques idées ?

Oui, à travers son passé politique, son expérience locale, ses conseillers. En fait, barack Obama sera, c'est sûr, un prgamatique. Il ne fait pas partie de l'aile gauche du parti démocrate. Exemple : il n'est pas pour une étatisation du système de santé. Il veut inciter les entreprises à se préoccuper de la santé de leurs salariés. Cela étant, avec Obama, c'est la fin sans doute du small gouvernement. Il sera certainement plus interventionniste dans l'économie que Bush, que Clinton même. C'est aussi un changement d'époques.

On évoque un programme de grands travaux ?

Oui, nous publions, dans notre édition spéciale de la tribune aujourd'hui à midi un interview de Felix Rohatyn - un ex-banquier d'affaires, un ancien conseiller de Clinton, un proche des démocrates. Il plaide pour un nouveau New Deal. 30 à 35 milliards de dollars pour les routes, les voies ferrées, les écoles. Ce sera sans doute l'une des pistes.

Obama devrait être très ouvert aux propositions de refondation du capitalisme financier avancées par Nicolas Sarkozy ?

Ne nous trompons pas. Il est américain, c'est-à-dire pragmatique et très attaché au marché. Le retour de l'Amérique.

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