Un optimiste envisage la sortie de la crise pour les Etats-Unis

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Dan North chef économiste d'Euler Hermes pour les Etats-Unis estime que la politique de taux de la Réserve Fédérale portera ses fruits. D'ici à 18 mois.

Dan North est un homme plutôt direct. Le chef économiste de l'assureur crédit

Euler Hermes

pour les Etats-Unis estime que les trois grands constructeurs automobile de Detroit sont des dinosaures et que l'évolution devrait suivre son cours. Cependant, la masse des licenciements pourrait forcer le gouvernement fédéral américain à intervenir, même si cette solution est loin d'être la meilleure. Dan North, lui, roule en Mercedes Diesel d'une vingtaine d'années, 350.000 miles au compteur. Gageons que la valeur de sa voiture est plus importante que celle des véhicules qui sont sortis, il y a 20 ans, des chaînes de production de Detroit.

Comment analyse-t-il la situation actuelle ?

Il s'agit d'une crise classique qui est la conjonction d'un pic des prix de l'énergie, de l'explosion d'une bulle spéculative sur les crédits hypothécaires et de l'inversion de la courbe des taux. Précisons qu'une courbe des taux est inversée, ou à pente négative, lorsque les taux à court terme sont plus élevés que les taux à long terme. C'est généralement le signe précurseur d'une récession.

Et cette récession est maintenant arrivée aux Etats-Unis comme le démontre le repli des ventes de détail, la baisse des salaires, l'augmentation des saisies immobilières, l'augmentation des faillites d'entreprises, la hausse du crédit fournisseur et l'augmentation du taux de chômage. Pour une fois, «

les consommateurs américains ont modifié leur comportement,

souligne Dan North.

Ils ont réduit leur encours de crédit, au lieu de l'augmenter comme par le passé

». Il faut savoir qu'ils sont forcés de réduire leur crédit car de toutes façons les banques ne prêtent plus. Ajoutons que le phénomène du « Mortgage Equity Withdrawal », consistant à emprunter de l'argent par le biais de prêt hypothécaire, n'existe plus.

Dans l'environnement actuel, peut-on trouver des signes convaincants que la reprise peut se manifester ?

En premier lieu, Dan North remarque que les ventes de logements existants ont augmenté dans les Etats de Floride, Californie et Nevada, durement affectés par la crise. Cependant, il doit s'agir en grande partie de logements saisis et vendus aux enchères dans le cadre d'expulsion. La valeur de marché de ces logements est sans doute, sinon certainement, inférieure à une moyenne sur le long terme. Il faudra en passer par là pour apurer le marché. Précisons qu'il existe 1,8 million de logement à vendre aux Etats-Unis et que le chiffre pourrait encore s'apprécier.

Le deuxième point relevé par Dan North est la baisse des taux courts organisée par la Réserve Fédérale et la « repentification » de la courbe des taux : les taux courts sont inférieurs aux taux longs. Il anticipe que la Réserve Fédérale portera sous peu le niveau cible des fonds fédéraux à 0,5%. Une telle évolution peut stimuler la croissance mais avec un décalage de 18 mois. Entre temps, il faudra compter avec des ventes de Noël «

exceptionnellement faibles

» mais l'arrivée de Barack Obama peut éventuellement redonner confiance au pays. La sortie d'Henry Paulson, à qui Dan North décerne un bonnet d'âne, peut aussi améliorer le sentiment des agents économiques.

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