Obama, les limites du réel

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Barack Obama est un produit politique et médiatique sans équivalent à travers le Monde. Une machine inégalée à délivrer le mythe sans cesse revisité de l'Amérique.
Au coeur de la crise économique, au coeur du combat parlementaire sur le budget, Barack Obama et Joe Biden ont prêté serment et ont remercié le peuple et leurs électeurs aussi. Ce fut encore un véritable show, une fête populaire, plus encore une messe durant laquelle une grande partie des américains communient dans l'amour du pays.
America ! Un drapeau que l'on salue et que l'on chante. Une certitude de sa place dans le Monde et dans l'histoire que l'on scande. Une relation à Dieu que l'on prie au delà des différences religieuses. L'Amérique vit une relation affranchie à son histoire, pacifiée, et totalement incarnée par Barack Obama le temps de cette trêve cérémonieuse. Les visages sont gais et émus. Les mains sont sur les coeurs. On chante les hymnes. On applaudit ensemble. Ca et là montent des « four more years ». Au delà des divisions, au delà des combats, Barack Obama est, pendant cette journée, le Président de tous les américains. Le Président d''un pays qui sait pourquoi sa place est unique hier, aujourd'hui et demain.

Le président dresse la voie
L'audience dans le pays est énorme. L'audience au delà des frontières est presqu'aussi forte. Depuis la France même en guerre au Mali, on est jaloux ! Le président dresse la voie. Tout est pesé, religion, dosage ethnique, références à l'histoire et aux combats plus récents. Dans une intervention moins portée sur l'émotion, moins événement qu'il y a 4 ans, Barack Obama insistera, cette fois, sur un « Nous le peuple » appuyé sur « la force durable » de la constitution et de la démocratie américaine. « Ce qui est nous rends américains » dira-t-il, c'est « notre allégeance à cette déclaration faite il y a 2 siècles : notre constitution », « une république, un gouvernement du peuple par et pour le peuple. ». Et s'embarquant sur les routes initiatiques avec les pionniers, il invite le « Peuple » à continuer ce voyage, ce mouvement vers la liberté, une route qualifiée de « sans fin ».

Le storytelling commun de Barack et de l'Amérique
Il invoque ensuite un leadership totalement décomplexé. Certain de ses valeurs, fier de son histoire, s'ouvrant sans cesse aux nouveaux talents mais défendant ses racines, ses fondamentaux. « Nous nous réinventons sans cesse » affirmera-t-il, avec et contre les autres serions-nous tenter de compléter. Il dira aux américains et aux autres que le Peuple américain « n'a pas de limite ». Qu'il a la certitude de lendemains meilleurs.
Puis Barack Obama revient sur terre et dans le présent. C'est pour souligner que la seule classe moyenne est et sera le témoin de sa réussite. Il veut plus de santé, plus d'éducation, plus d'égalité, plus de partage et surtout récompenser les efforts de TOUS les américains. Eclate au grand jour le storytelling commun de Barack et de l'Amérique. Une narration permanente, toujours en campagne, qui oscille entre le show intégrateur et la démonstration de force, ingrédients essentiels de la démocratie américaine qu'elle soit dirigée par les républicains ou les démocrates.

Rupture du discours avec la réalité économique

Si Barack Obama porte un avertissement souligné aux ennemis de la démocratie, persiste, cette fois, un sentiment profond de rupture du discours avec la réalité économique et sociale américaine. Ce Peuple, invoqué par un Président incantatoire, ressemble en fait à une mosaïque multiculturelle et multiethnique surtout valorisée par le marketing politique et que l'on recompose le temps de la cérémonie.
Les Occupy ont encore du pain sur la planche ! Aux Etats Unis de Barack et des autres, les 1 % les plus riches ont fini par absorber plus de 50 % de la croissance totale. 400 personnes rassemblent désormais autant de fortune que 60% de la population, 185 millions d'américains réunis, soient 46 000 milliards de dollars et la tendance est, elle aussi, sans limite. Les inégalités se sont creusées et la pauvreté progresse. Ca n'est pas un constat qu'américain mais c'est le cas aussi aux USA de Barack Obama.

*Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne
Conseil en diplomatie publique
Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals
 

 


 

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Commentaires 27
à écrit le 12/03/2013 à 21:32
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et bien vive le rêve américain ! le pays a peut être des problèmes mais ne pas l'enterrer trop vite! Un pays qui permet à un noir d'accéder à la présidence , à mon avis, a de bonnes capacités d'adaptation. (une question : comment expliquez vous qu'en...

à écrit le 23/01/2013 à 19:43
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@l'auteur de cet article: Vous demystifiez assez bien le phenomene Obama a travers son inauguration pour le second mandat( c'est un excellent orateur, il a le don de la communication sutout avec les classes populaires, un habile politicien satellise...

le 23/01/2013 à 22:51
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Max, je vous retourne le compliment, vous développez ce que j'aborde rapidement, trop peut-être au regard de certains autres commentaires. Au plaisir de vous lire très bientôt.

le 24/01/2013 à 3:44
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J'avoue avoir appris de vous! J'ai ete tres surpris par votre presentation et l'analyse aussi fine que rigoureuse dans les themes abordes ainsi que dans les termes utilises(certainement moins crus et plus courtois que les miens). Un reel plaisir de...

à écrit le 23/01/2013 à 19:01
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@John Galt: Je suis en plein program de leadership in sustainability management. Ca fait de la peine de vous lire. Ces choses dont vous parlez sans rien y connaitre sont tres tres compliquees. Savez-vous ce qu'est le "earth energy budget"? Savez-...

à écrit le 23/01/2013 à 15:29
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Le rêve US c'est le rêve US, c'est l'Hôtel California et le reste, comment par exemple croire quelqu'un qui placerait le réchauffement climatique dans ses priorités et qui est pour l'exploration à outrance du gaz de schiste ou même prêt accepter l'ex...

le 23/01/2013 à 15:58
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le réchauffement climatkique n'existe pas, même si desmillions de personnes le répètent en coeur; consultez la presse étrangère sur ce sujet, où il est débattu depuis longtemps (comme les OGM, les gaz de schiste, etc etc ...). Obama est un spécialist...

le 23/01/2013 à 16:27
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D'ailleurs, même la crise et le chômage n'existent pas. Vous dire...

le 23/01/2013 à 16:38
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des arguments, des idées, des faits ? vous êtes aller lire la presse étrangères ? pourtant, avec internet, c'est facile ?

à écrit le 23/01/2013 à 15:10
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Si certains sont intéressés par des analyses chiffrées de l'économie américaine, recherche le blog d'Onubre Einz intitulé : criseusa. C'est édifiant...

le 23/01/2013 à 15:30
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tant que vous lirez des analyses économiques communistes, pardon, il faut dire d'"économistes atterrés", cad des alter comprenants, vous serez toujours complétement largué et édifié par la répétition des poncifs d'un autre age, celui où l'on croyait ...

le 23/01/2013 à 16:26
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Je comprends que la réalité vous fasse peur, Galt. Mais parfois, il faut ouvrir les yeux plutôt que d'avoir peur pour ses petits intérêts. Car vous vous coulez vous-même...

le 23/01/2013 à 16:42
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un alter comprenant qui me demande d'ouvrir les yeux et qui ne sait même pas que l'URSS s'est effondrée, et encore moins pourquoi... risible ... et comme il n'a pas d'arguments ni d'idée, il en est réduit à des minables attaques ab hominem (parfaitem...

à écrit le 23/01/2013 à 13:37
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Hollande est le meilleur Président au monde, Obama arrive à 2em position, lol

à écrit le 23/01/2013 à 13:22
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Il faut aussi noté que 2011 est la première année depuis l'indépendance américaine où le nombre de personnes profitant du système étatique est devenu plus élevé que le nombre de personne finançant le système. Mitt Romney avait eu le malheur de le sou...

à écrit le 23/01/2013 à 12:41
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je réécris les affirmations de l'auteur : les 1 % les plus riches (et les plus compétents) ont fini par être à l'origine de plus de 50 % de la croissance globale (vu que les politiques sociales-démocrates incitent les pauvres à vivre de subventions p...

le 23/01/2013 à 13:50
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john galt, je pourrais vous suivre sur ce chemin escarpé des hautes sphères si les 400 génies étaient bien ceux dont nous évoquions, très / trop, rapidement les contours en fin de papier. Il s'agit avant tout des génies, oui, de la finance et non de ...

le 23/01/2013 à 14:11
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@ jcg : mais bien sûr, les steve jobs, bill gates, jeff bezos, zukerberg, les fondateurs de google, twitter et autres, qui n'étaient pas nés ou n'existaient pas économiquement il y a 20 ans sont de purs financiers traders et autres (et surtout de méc...

le 23/01/2013 à 15:12
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Plus que commercial du système actuel, j'avais rarement vu. Hé bien : ça existe... J'espère que vous êtes bien payé, néanmoins. Faut ce qui faut.

le 23/01/2013 à 15:31
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@ yvan : commentaire incompréhensible et sans arguments ou idées. Face à des faits palpables que tout le monde vérifie en prenant simplement son smartphone, c'est très léger ...

à écrit le 23/01/2013 à 12:36
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Plafond de la dette rehaussé, retraités de la fonction publique ne touchant plus rien depuis décembre, j'en passe pas mal, mais oui il est si bien Obama, un produit marketing de grande qualité...

à écrit le 23/01/2013 à 12:27
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Très bonne analyse et de plus en plus de personnes vous rejoignent sur cette réalité.

le 23/01/2013 à 16:21
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une idée du niveau des pipoconomistes français dans : http://www.contrepoints.org/2013/01/15/111380-la-france-ce-paradis-des-economistes-doperette

à écrit le 23/01/2013 à 12:01
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Avec les chiffres cités par ce monsieur, et répété ad nauseam par les biens pensants, on ne peux cependant affirmer que les inégalités augmentent ? On peut juste déduire que le niveau de vie de tout le monde et même des pauvres progresse, cad qu'il y...

le 23/01/2013 à 13:07
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john galt, allez-y, je suis preneur de vos lumières pour éclaircir s'il est encore possible ma cécité caverneuse !

le 23/01/2013 à 13:42
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un lien qui résume ce que je pourrais écrire sur les biais statistiques et les mauvaises interprétations des alter-comprenants : http://www.contrepoints.org/2013/01/21/112052-les-inegalites-des-indicateurs-trompeurs

à écrit le 23/01/2013 à 11:54
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excellent analyse ! Bravo car c'est très souvent le cas avec Monsieur Gallien

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