Quand la Chine soigne Poutine

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La Chine ne boycottera pas la cérémonie d'ouverture des jeux d'hier de Sotchi. Une annonce qui en dit long sur le rapprochement entre Poutine et les dirigeants chinois. Par Jean Christophe Gallien, Professeur associé à l’Université de Paris 1 la Sorbonne

Depuis longtemps dans ces colonnes nous affirmons que sport et diplomatie, business aussi, dansent ensemble, et depuis toujours, un ballet complexe mais au combien révélateur de l'équilibre du Monde.  

Dans un communiqué de son ministre des affaires étrangères, la Chine vient d'annoncer que son Président, Xi Jinping assistera à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi. Si cette communication ne dit rien de plus que la visite durera trois jours, voici un événement qui se prépare au cœur de l'événement planétaire que constitue les JO.

Une magnifique nouvelle pour Poutine

C'est une magnifique nouvelle pour le président russe Vladimir Poutine! Au beau milieu des appels à boycotter les JO, alors que Barack Obama, l'allemand Joachim Gauck, parmi d'autres, ont déclaré qu'ils ne se rendraient pas à Sotchi, voici une déclaration nette de soutien de la Chine à la Russie dans l'organisation des Jeux olympiques d'hiver.

La portée de cette visite est d'autant plus forte qu'il s'agira d'une première pour Xi Jinping. Xi qui assistera à son premier grand événement sportif mondial.

C'est une décision qui marque surtout la continuité d'un mouvement de réchauffement des relations entre les deux puissances. Il semble que Pékin s'inscrive dans une volonté durable de renforcer sa conversation politique et diplomatique avec Moscou. Il s'agit d'une véritable démonstration diplomatique qui doit être observée avec beaucoup attention en Europe et dans le reste du Monde.

S'adresser au peuple, et afficher de l'intime

Rappelons nous des récents propos de Vladimir Poutine dans une interview avec la télévision nationale chinoise, il y a peu. Il décrivait aux téléspectateurs chinois, comment il avait eu le plaisir de passer son 61e anniversaire avec Xi en octobre : "La dernière fois lors de mon anniversaire, nous avons bu un peu de vodka ensembles …. nous avons même mangé des sandwiches comme des étudiants à l'université. " Voici encore une fois voici la démonstration d'une nouvelle diplomatie publique à l'œuvre tant du côté de Moscou que de Pékin. On s'adresse aux peuples directement et on affiche de l'intime. Au delà de ces confidences, Vladimir Poutine se réjouissait, on peut le comprendre, du développement constant des relations entre la Russie et la Chine, et surtout qu'il avait de nombreux amis en Chine.

Un vent nouveau

Au delà de Xi, c'est le Premier ministre japonais Shinzo Abe qui est désormais attendu à la cérémonie d'ouverture et qui devrait tenir un sommet avec le président Poutine. Un vent nouveau souffle donc. Il ne s'arrêtera pas à Sotchi. La Syrie n'est pas loin et Genève non plus et que dire du reste.

 

* Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, Conseil en communication d'influence

Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

 

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Commentaires
a écrit le 08/02/2014 à 9:22 :
LES chinois ont bessoin de terre cultivable est de nouveaus marches ? la russie ferais bien de prendre des lecon sur la nouvelles done economique de la chine ??? TOUS est negosiables entre les pays ,,???
a écrit le 23/01/2014 à 8:56 :
On a beau etre l* Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, Conseil en communication d'influence mais ne pas savoir que depuis longtemps deja la Chine et la Russie sont dans la meme sphere d'influence. Ils sont tous les 2 loins d'une quelconque
culture occidentale qui les rejette .
de toute façon c'est eux qui prendront le pouvoir dans 20 ans ... sur le monde
a écrit le 22/01/2014 à 22:29 :
C'est réjouissant de les voir en accord et Sad doit aussi respirer. Je fais remarquer que en Syrie les enseignants français n'ont pas voulu quitter ce pays.
a écrit le 22/01/2014 à 21:55 :
Le dirigeant du pays le plus peuplé du monde qui rencontre le dirigeant du plus grand pays du monde quoi de plus normal. Et puis la Russie est voisine de la Chine avec 3 645 km de frontière commune. Est ce que l'on boycotterai les jeux en Italie en Espagne ?
Réponse de le 23/01/2014 à 3:44 :
Oui c'est mieux que lorsque qu'il y a des risques de guerre entre eux comme dans les années 50 à 80 et plus.
a écrit le 22/01/2014 à 19:57 :
L'Europe et sa vision des grands méchants Russes et Chinois... En fait l'Europe à juste peur de se faire bouffer ... tout simplement !
Réponse de le 23/01/2014 à 3:47 :
Bouffer par qui et pour quoi ? Quelle vision arriérée du monde. Il faudrait déjà pouvoir lorsque l'on regarde la réalité des forces effectives en présence et les capacités technologiques.
a écrit le 22/01/2014 à 19:20 :
La Chine et la Russie dans l'histoire ont toujours été à la remorque l'un de l'autre la plupart du temps mais il s'agit d'une dépendance l'un a l'économie l'autre l'énergie et ce sont 2 dictatures avec des opposants. La méfiance réciproque reste malgré tout toujours présente.
a écrit le 22/01/2014 à 16:35 :
Rejetée par l'Europe vassalisée aux US, que peut faire la Russie, sinon se tourner vers son plus grand voisin ? Et qu'y a-t-il de choquant d'inviter la Chine a un grand évènement ? La France n'invite-t-elle pas l'Allemagne, par exemple, au défilé du 14 juillet ?
Réponse de le 22/01/2014 à 19:28 :
Quelle vision ancienne de dire que l'Europe est "vassalisée" aux Etats-Unis et que l'Europe "rejette" la Russie. Voyez le nombre d'accords communs entre des entreprises et organismes russes, européens et américains, sans parler du seul domaine spatial. Et les désaccord qui existent parfois entre les Etats-Unis et l'Europe, sans citer le seul cas de l'Irak en son temps. Il faut faire la distinction entre un gouvernement Poutine actuel plutôt spécifique et qui ne va pas durer et les russes et la Russie dans son ensemble. Une fois Poutine parti il est probable qu'il y ait moins de désaccords donc la Russie ne se réduit pas à Poutine et son entourage actuel. Les opposants en sont une des preuves.
Réponse de le 22/01/2014 à 19:28 :
Quelle vision ancienne de dire que l'Europe est "vassalisée" aux Etats-Unis et que l'Europe "rejette" la Russie. Voyez le nombre d'accords communs entre des entreprises et organismes russes, européens et américains, sans parler du seul domaine spatial. Et les désaccord qui existent parfois entre les Etats-Unis et l'Europe, sans citer le seul cas de l'Irak en son temps. Il faut faire la distinction entre un gouvernement Poutine actuel plutôt spécifique et qui ne va pas durer et les russes et la Russie dans son ensemble. Une fois Poutine parti il est probable qu'il y ait moins de désaccords donc la Russie ne se réduit pas à Poutine et son entourage actuel. Les opposants en sont une des preuves.
Réponse de le 22/01/2014 à 19:30 :
Quelle vision ancienne de dire que l'Europe est "vassalisée" aux Etats-Unis et que l'Europe "rejette" la Russie. Voyez le nombre d'accords communs entre des entreprises et organismes russes, européens et américains, sans parler du seul domaine spatial. Et les désaccord qui existent parfois entre les Etats-Unis et l'Europe, sans citer le seul cas de l'Irak en son temps. Il faut faire la distinction entre un gouvernement Poutine actuel plutôt spécifique et qui ne va pas durer et les russes et la Russie dans son ensemble. Une fois Poutine parti il est probable qu'il y ait moins de désaccords donc la Russie ne se réduit pas à Poutine et son entourage actuel. Les opposants en sont une des preuves.
Réponse de le 22/01/2014 à 20:01 :
@Louis: que de contradictions dans ton commentaire :-) pour n'en citer qu'une: qui décide actuellement, si ce n'est Poutine avec qui aussi bien Obama que son vassal Hollande (pour n'en citer que deux) n'ont pas de bonnes relations :-) Et cite-nous "le nombre d'accords entre entreprises et organismes européens, américains et russes :-) La seule lapalissade de ton commentaire, c'est qu'il est évident que rien n'est immuable et qu'aussi bien en France, qu'aux US ou en Russie, un jour ou l'autre les choses seront différentes :-)
Réponse de le 22/01/2014 à 22:49 :
@Patrickb
Je partage votre analyse.Les gens connaissent mieux New York ou San Francisco que Moscou ou Saint-Petersbourg. Pourtant la Russie n'est qu'à qques heures de vol d'avion de chez nous ( 5H je crois ) et pourtant on dirait un pays lointain, qui n'intéresse pas ou peu. L'Europe a tout intérêt à ouvrir ses portes à ce géant de 17 millions de km² avec un potentiel économique pharaonique. Rappelons que les cours européennes se connaissent bien au XIX è siècle et que la France de cette époque jouissait d'une amitié particulière avec Russie.
Réponse de le 23/01/2014 à 3:36 :
"Potentiel économique pharaonique" ? N'abusez pas de la Vodka Sokolov ! et regardez les chiffres et la réalité de l'économie russe et ses déboires malgré toutes les décisons prises (et la richesse en matières premières). Vous connaissez bien mal la Russie dont vous parlez. Sur le papier c'est bien mais c'est justement le pouvoir actuel russe qui est un des principaux blocages. Regardez les fuites de capitaux qui perdurent. Vous croyez en Poutine moi je préfère croire aux russes ! @ Patrick : Poutine n'est pas à l'origine de tous les accords, beaucoup datent d'avant et de longue date et la majorité ne passent pas par Poutine qui n'est pas là uniquement pour çà. Ils pourraient être bien plus nombreux s'il n'y avait pas Poutine, donc aucune contradiction. Long de citer des accords mais il y en a régulièrement dans tous les domaines, auto, militaire, spatial, agricole etc ils sont bien connus pour la plupart.

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