Impression 3D : quels business models ?

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Gabriel Giraud, Xerfi
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, quels business models pour l'impression 3D ?

L'impression 3D ou fabrication additive gagne du terrain. Déjà déployée largement dans des secteurs comme l'aéronautique, la défense ou la fabrication de prothèses, elle a vocation, progressivement, à compléter voire à supplanter les modes de production établis. En plein effervescence, le marché commence tout juste à se structurer, et les modèles d'affaires à s'affiner.

Tête de pont du secteur, les fabricants d'imprimantes 3D sont pour l'essentiel des start-up, mais les géants de la machine-outil sont en embuscade. Leurs modèles sont pour l'heure largement basés sur la transaction, c'est-à-dire la vente d'équipement et de services associés, et la location.
Ces fabricants ont recours aux compétences et aux produits de spécialistes des intrants pour impression 3D. Les spécialistes de la chimie et des matériaux composites notamment s'intéressent de près à ce marché. Le modèle d'affaire dominant est celui des produits consommables, parfois appelé modèle des lames de rasoir.

Intermédiations

D'autres familles d'opérateurs apparaissent, et sont spécialisées dans l'intermédiation entre spécialistes des machines et des intrants, et clientèle professionnelle et particulière.

Première catégorie, les éditeurs de solutions logicielles, notamment dédiées à la conception assistée par ordinateur. Les modèles dominants sont ceux de la vente de licences, de l'abonnement et de la tarification à l'usage.

Deuxième catégorie, les designers et spécialistes de la conception au sens large. Ils interviennent dans l'élaboration de modèles et de patrons pour le compte de tiers, se rémunérant via des commissions pour les projets commerciaux ou sur une base horaire ou au forfait.

Troisième catégorie, les centres d'impression 3D réalisant la production pour le compte de tiers. Les modèles les plus performants étant très couteux, et la technologie en pleine évolution, une part importante de clients ne peuvent ou ne veulent pas investir dans des machines en propre. Les centres d'impressions opèrent essentiellement sur le modèle de la transaction avec des tarifs dépendant des volumes.

Dernier modèle enfin, les plates-formes, qu'il s'agisse de forums de conversation entre concepteurs ou de places de marché pour patrons d'impression. Ce segment est déjà particulièrement actif, occupé par des start-up spécialisées comme Shapeways aussi bien que par des géants diversifiés comme Amazon. Le modèle de revenu dépend de la nature du service, et va de l'abonnement à la publicité en passant la commission sur transactions.

Cette représentation non-exhaustive doit également être abordée sous un angle dynamique, et laisse présager d'une intense concurrence pour les meilleures places sur le marché. Sur quel segment d'activité émergera l'opérateur dominant ? Fabricants d'imprimantes et d'intrants tenteront-ils d'imposer, notamment par des aspects de propriété intellectuelle, des points de verrouillage de l'offre ? Quel rôle joueront les modèles collaboratifs et gratuits face aux modèles commerciaux traditionnels ? La liste des questions est encore longue, et les réponses pourraient surprendre.

 >> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 15/01/2015 à 20:18 :
Touriste !

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