A Davos, le basculement du monde

 |   |  461  mots
Cet hiver, dans la station suisse de Davos, on annonce la venue du président chinois Xi Jinping. En 2016 (photo), la Chine était représentée au Forum économique mondial de Davos (World Economic Forum, WEF) par son vice-président Li Yuanchao et, en 2015, par son Premier ministre Li Keqiang.
Cet hiver, dans la station suisse de Davos, on annonce la venue du président chinois Xi Jinping. En 2016 (photo), la Chine était représentée au Forum économique mondial de Davos (World Economic Forum, WEF) par son vice-président Li Yuanchao et, en 2015, par son Premier ministre Li Keqiang. (Crédits : Reuters)
A Davos, ce sera une consécration pour l'hyperprésident chinois Xi Jinping. La Chine avance ses pions et n'hésite plus à proposer ses propres modèles, ses propres valeurs. Par André Loesekrug-Pietri, président du fonds d'investissement Acapital.

Le monde bascule. Et à force de parler de la pollution à Beijing, on aurait tendance à oublier que, patiemment, la Chine continue à tisser sa toile : d'abord commerciale, puis économique, par ses acquisitions internationales, et maintenant diplomatique et militaire.

Cet hiver, dans la station suisse de Davos, ce sera probablement une consécration : on annonce la présence du président chinois Xi Jinping. C'est un événement en soit, car peu de Présidents de grandes puissances sont venus à Davos, à l'exception d'un habitué, Bill Clinton, depuis 2000.

La mi-janvier 2017 sera donc probablement une date pour l'histoire. Une date qui marque l'arrivée au pouvoir d'un président américain qui souhaite ouvertement le retrait - au moins partiel - de son pays de la scène internationale : mur mexicain, retrait de l'accord de libre-échange Transpacifique, focalisation sur les affaires économiques domestiques, possible désengagement vis-à-vis de l'Otan...

Consécration pour l'hyperprésident chinois

A Davos, ce sera une consécration pour l'hyperprésident chinois, et une symbolique parfaite que les puissances se succèdent, invariablement depuis des millénaires. Cela marquera sans doute aussi la fin de ce qui a été depuis 35 ans le principe directeur de la politique étrangère chinoise, le tao guang yang hui (韬光养晦) du véritable artisan du développement chinois, Deng Xiaoping : gardez la tête froide, maintenez un profil bas, ne prenez jamais le leadership, mais visez grand. On voit bien aujourd'hui que, sur la réforme des institutions financières internationales, sur l'affirmation d'un système différent des systèmes démocratiques, sur la place de l'Etat cœur de l'économie de marché, sur de nouveaux modes de relations internationales... la Chine avance ses pions et n'hésite plus à proposer ses propres modèles, ses propres valeurs.

Et l'Europe dans tout cela ? A son habitude, inaudible et bon élève : presque la moitié des commissaires européens seront à Davos ! Mais voilà, ni le président de la Commission européenne ni celui du Conseil ne seront là. La délégation sera emmenée par le talentueux mais discret vice-président Frans Timmermans. Un peu plus de leaders nationaux mais peu de têtes d'affiche.  L'Europe pêche non pas par une absence de moyens ni de politique, mais par une absence de boussole, par l'absence d'une voix puissante qui montrerait que, plus que jamais, elle a des valeurs fortes, et que l'Europe compte dans le monde. Une Europe et des pays Européens qui indiqueraient clairement le chemin qu'ils veulent tracer, à leurs citoyens et au monde entier. Que cela nous plaise ou non, le G2 - avec une Chine qui s'affirme et des Etats-Unis qui se retirent - est bien une réalité.

André Loesekrug-Pietri,
Président du fonds d'investissement ACAPITAL
@andrepietri

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/01/2017 à 20:51 :
À lire avec l'article décrit la stratégie de la Chine
https://observatoiredumensonge.com/2016/06/21/la-chine-sest-eveillee/
a écrit le 12/01/2017 à 16:29 :
Ont ils décidé de mettre la monnaie au service de l'économie qui est au service de l'homme, ou de continuer sur le contraire?
a écrit le 12/01/2017 à 13:35 :
Ses propres milliardaires surtout.

Démocratie ? Non oligarchie c'est évident. D'ailleurs même les trolls ne veulent pas batailler sur cette vérité, ils savent qu'ils perdraient bien trop d'énergie sur une cause perdue.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :