Deux ans après FTX, la revanche du secteur crypto
Par Claire Balva (*)

Claire Balva, directrice stratégie chez Deblock.
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Par Claire Balva (*)

Claire Balva, directrice stratégie chez Deblock.
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Il y a deux ans, l'effondrement de la plateforme FTX a plongé le monde des cryptomonnaies dans le chaos, entraînant une partie du secteur dans sa chute. Ce scandale retentissant a aussi marqué le début d'une transformation profonde d'un secteur qui veut restaurer la confiance des utilisateurs.
Au sein même des détenteurs de crypto, le séisme FTX a eu une conséquence immédiate : la méfiance généralisée envers les plateformes d'échange. Mes fonds sont-ils en sécurité ? La plateforme que j'utilise est-elle solide ?
Les plateformes d'échange se sont retrouvées face à la pression de leurs utilisateurs, qui ont exigé plus de transparence. La plupart des plateformes - ce fut le cas de Kraken, Binance ou Crypto.com ont, quelques semaines après l'affaire, mis en lumière (voire publié pour la première fois) leurs "preuves de réserves" - des attestations démontrant qu'elles étaient bien en possession d'un certain montant de fonds. Pour certaines plateformes, cela a d'ailleurs démontré leur difficulté à réaliser et communiquer des audits clairs. Un mois après la faillite de FTX, le cabinet d'audit Mazars a ainsi cessé sa collaboration avec Binance, inquiet que ses attestations "preuves de réserves" soient prises comme des garanties par le grand public.
Les portefeuilles, permettant de détenir ses cryptos soi-même, se sont fait la part belle. Les dispositifs physiques comme ceux vendus par Ledger ont rapidement vu leurs ventes exploser. Pour les utilisateurs, ces solutions ont fait office de refuge tant l'effet domino était inquiétant et sont devenues de nouveaux standards : les portefeuilles numériques ont encore aujourd'hui le vent en poupe. D'autres acteurs majeurs du secteur, comme Genesis Trading, sont en difficulté. La réaction en chaîne a été l'occasion d'une prise de conscience des interdépendances et de la nécessité de renforcer la gestion du risque au sein des entreprises crypto.
En l'absence de garanties suffisantes de la part des plateformes, les particuliers eux-mêmes ont pris le relais en traquant les flux sur les blockchains. Ces détectives amateurs, qui incarnent une nouvelle forme de surveillance active, ont commencé à relater leurs enquêtes sur les réseaux sociaux, en particulier sur X (ex-Twitter). Le plus connu d'entre eux, ZachXBT, compte désormais plus de 650 000 followers, et contribue aujourd'hui à révéler certaines arnaques auprès du public et des autorités.
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La faillite de FTX a également donné du grain à moudre aux régulateurs du monde entier, qui ont souhaité renforcer les règles. En Europe, le règlement dit "MiCA", applicable à partir du 30 décembre 2024, impose désormais aux acteurs cryptos des procédures plus lourdes pour exercer : audit de cybersécurité, minimum de fonds propres, etc. Cette hausse des barrières à l'entrée conduit progressivement à la fin inévitable des petits acteurs européens qui n'ont pas la taille critique pour obtenir les agréments nécessaires.
Aux États-Unis, le cas FTX n'a fait que renforcer l'assise de la SEC, le gendarme boursier, qui était déjà engagé dans une bataille juridique acharnée avec les acteurs crypto. Au cœur du débat : la qualification juridique des cryptomonnaies, qui pourrait contraindre -ou non- de nombreuses entreprises du secteur à une mise en conformité coûteuse et difficile. Le patron de la SEC, Gary Gensler, est ainsi devenu un adversaire farouche pour les acteurs crypto, qui contestent régulièrement les décisions de la SEC.
Malgré la réputation ternie du secteur après FTX, il faut souligner que la détention de cryptos ne cesse de progresser. Le nombre de détenteurs crypto est désormais estimé à 560 millions, en hausse de 30% en un an. L'arrivée des ETF Bitcoin Spot aux États-Unis en janvier 2024 a généré un intérêt important de la part des investisseurs institutionnels, entraînant une augmentation du cours de Bitcoin d'une ampleur inattendue (doublé en un an).
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Avec les positions pro-crypto du président élu Donald Trump (du moins celles affichées pendant sa campagne) et son ambition de remplacer le patron de la SEC, il y a fort à parier que les États-Unis ne vont plus combattre ce secteur mais tenter de l'utiliser à leur avantage. La condamnation du patron de FTX, Sam Bankman-Fried, à 25 ans de prison en mars 2024 sonne désormais comme la clôture d'un chapitre qui ne sera bientôt qu'un douloureux souvenir.
Par Claire Balva (*)
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