La société numérique est minée par la défiance

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Olivier Babeau.
Olivier Babeau. (Crédits : DR)
OPINION. À l'ère de l'infobésité, l'incorruptibilité des médias et de la science est remise en cause. Mais pour relever les défis à venir, il faut savoir distinguer les paroles, les expertises et les émetteurs. Par Olivier Babeau, président de l'Institut Sapiens, professeur à l'Université de Bordeaux.

Souvenons-nous : à la fin des années 1990, Internet avait été décrit comme l'épiphanie de la transparence économique, du débat démocratique et de l'accès à la culture pour tous. Les nouveaux outils numériques étaient annoncés comme autant de remèdes à nos maux endémiques : asymétries informationnelles, stratifications sociales et rentes en tous genres. C'est peu de dire que les espoirs ont été déçus. On attendait Grouchy, et ce fut Blücher : jamais le monde n'a semblé aussi cloisonné, illisible et incertain. La société numérique est minée par la défiance.

Les médias sont les premiers touchés. La facilité d'accès à l'information a eu une conséquence imprévue : ce qu'Alvin Toffler a nommé l'infobésité, un néologisme qui décrit à merveille la surcharge informationnelle à laquelle nous sommes confrontés. Chaque jour, nous passons plus de 8 heures sur les écrans et nous déroulons l'équivalent de 90 mètres sur notre smartphone. On estime qu'au cours d'une vie, au rythme actuel, ce sont six années qui seront passées à surfer sur les réseaux sociaux. Nous recevons des quantités gigantesques de textes et vidéos provenant de sources plus ou moins fiables. Alors que faire la part des...

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Commentaires
a écrit le 18/07/2019 à 14:41 :
Ceux qui demandent votre confiance sont des escrocs, parce que le temps leur est compté!
a écrit le 18/07/2019 à 11:53 :
La première chose à faire c'est de ne pas utiliser Facebook. Si, si, on peut très bien s'en passer et on n'est plus malheureux pour autant !

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