Les idéologues de l'hystérie climatique vus à l'ombre du Coronavirus

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L'UE a le choix de s'entêter et continuer à s'enfoncer dans le cul-de-sac de cette transition énergétique absurde dans laquelle l'entraine le Commissaire en charge du climat, Franz Timmermans.
L'UE a le choix de s'entêter et continuer à s'enfoncer dans le cul-de-sac de cette transition énergétique absurde dans laquelle l'entraine le Commissaire en charge du climat, Franz Timmermans. (Crédits : Reuters)
OPINION. Il semble morbide et cynique, alors que des milliers de personnes meurent du Coronavirus, d'insister en ce moment sur l'impérieuse nécessité d'agir contre le changement climatique. Pourtant, des idéologues, qui sont aussi et surtout ceux de la remise en cause de l'économie de marché, osent le faire. Ils ne ratent aucune occasion d'essayer de faire croire que le changement climatique cause ou exacerbe cette crise. Il est nécessaire de les dénoncer pour préparer l'avenir. Par Samuel Furfari, Professeur à l'Université Libre de Bruxelles et Président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels.

Un climatologue français semble regretter que « ce qu'on fait pour le Coronavirus, c'est deux ans de financement climat » car, d'après lui, si on dépense de l'argent pour sauver des vies, on pourrait tout aussi bien redoubler d'effort pour sauver la planète. Un climatologue belge a eu l'outrecuidance de tweeter à la Première ministre belge et à son vice-Premier ministre en charge du budget qu'ils profitent de cette crise pour introduire une taxe sur l'énergie : « #Covid_19 : C'est le bon moment pour instaurer une vraie taxe CO2 sur les carburants, le mazout [fioul en Belgique] et le gaz fossile. Leur prix ayant fortement baissé, ce sera indolore. Cela permettra de dégager des ressources pour compenser les effets de la crise. » Sur Facebook, ce membre éminent du GIEC s'est fait traiter de « charognard », entre autres épithètes. En pleine crise, « presque hilare », un commentateur politique bien connu a apprécié que ce « virus révolutionnaire » empêchait la privatisation des aéroports de Paris et  s'en est pris aux « banques mondiales [qui] échouent lamentablement face à la crise climatique en injectant des billions dans les combustibles fossiles».

De son côté, l'architecte de l'Accord de Paris (COP-21) a déclaré que « nous avons une crise massive = une opportunité à saisir. Nous ne pouvons pas nous permettre de la gaspiller. La relance doit être verte ». Quant au Secrétaire général des Nations unies, il a profité, comme à chaque échec d'une COP, d'annoncer l'aube d'un jour nouveau: "Nous avons un cadre d'action - l'Agenda 2030 pour le développement durable et l'Accord de Paris sur le changement climatique. Nous devons tenir nos promesses pour les populations et la planète". Un chercheur de l'Université de Liège (Belgique) s'est demandé s'il était « utile de sauver toutes les compagnies aériennes, notamment les low cost ?», alors que l'on a assisté grâce à elles au développement du tourisme, ce qui a également apporté du bonheur aux voyageurs dans un monde de plus en plus difficile.

Certains conseillent de mettre en œuvre le « biorégionalisme », en fait une variante permanente du confinement temporaire que nous vivons en ce moment, car « il va se développer après l'effondrement de la civilisation occidentale: il n'y aura plus le choix, il faudra avoir un mode de vie biorégional, qui prenne soin de la nature ». Il suffit de voir la difficulté des autorités à faire respecter pendant quelques jours la « distanciation sociale » et le confinement pour comprendre qu'une telle « solution » est, elle aussi, à la fois utopique et contraire aux plus élémentaires besoins humains. Même les chasseurs-cueilleurs de jadis, leur modèle (sans la chasse sans doute), se déplaçaient loin de leur « biorégion » d'origine.

Occasion de générer plus de confusion

Arrêtons là cette énumération d'idées scandaleuses, au moment où nos hôpitaux sont sur le point de sombrer et qu'il y a plus de 4.000 morts en Italie seulement. Ce florilège aberrant, cette litanie lugubre, montre d'évidence que la crise du Coronavirus est considérée par les écologistes de tous les partis comme une occasion de générer plus de confusion encore auprès de nos concitoyens et de manipuler l'opinion publique et sur les causes de la crise et ses solutions, afin d'imposer leur vision totalitaire, primitiviste, dangereusement utopique et quasi-carcérale à notre mode de vie. Comme l'a parfaitement résumé en mars 2007 le Professeur du MIT Richard Lindzen, un des plus éminents climatologues et membre démissionnaire du GIEC, et rappelé  au Sénat des Etats-Unis en octobre 2007 : « Contrôler le carbone est le rêve des bureaucrates. Si vous contrôlez le carbone, vous contrôlez la vie ». Nous y voilà.

C'est pourquoi, même si cela peut sembler en contradiction avec la première phrase de cette contribution, les citoyens et les décideurs ne peuvent pas laisser le champ libre aux ennemis de la liberté pour continuer leur abjecte stratégie, en profitant d'une souffrance physique et morale inégalées depuis la Seconde guerre mondiale en Europe.

 La peste au 14e siècle, la grippe espagnole (mes deux grand-mères en sont mortes en 1918), le choléra de Naples en 1973 et tant d'autres épidémies et pandémies semblables à celle que nous vivons devraient nous convaincre que ce virus n'a rien à voir, ni de près ni de loin, avec le « changement climatique », « l'économie de marché », « la globalisation » et « les banques ». Il est par ailleurs infâme d'utiliser une panique sanitaire concrète et immédiate afin de propager une panique modélisée par ordinateur pour des décennies. Car c'est là que réside leur incohérence : ils osent mettre en concomitance la mort d'innocents avec la montée des eaux ou de la température. Comme le rappelle Pascal Bruckner « pour l'écologie profonde, l'ennemi est devenu l'homme lui-même » et les pauvres jeunes et moins jeunes qui, à juste titre, rêvent de justice sociale, suivent sans se rendre compte de la manipulation à l'œuvre.

Une nouvelle raison d'être

Rêve. En effet, après la chute du communisme, l'UE avait besoin de se trouver une nouvelle raison d'être, une nouvelle métaphore, comme le préconisait le rapport « Les religions face à la science et la technologie, églises et éthiques après Prométhée » remis au président de la Commission européenne de l'époque, Jacques Delors, en novembre 1991. Ce rapport concluait « qu'il est nécessaire d'inventer une nouvelle métaphore qui fasse pénétrer l'Europe dans le XXIe siècle dans la mutation culturelle, c'est-à-dire le réenchantement ». Elle a choisi de faire du « développement durable » cette nouvelle métaphore. Le reste du monde, qui, lui, n'avait pas besoin de « nouvelle métaphore », a continué la quête du progrès et du développement technologique.

Soyons donc conscients que dans un monde globalisé - et sans retour vers le replis sur soi -, nous devrons soit poursuivre la nouvelle métaphore de l'UE et régresser, soit rejoindre le reste du monde qui a choisi de poursuivre sur la voie que nous avions nous-mêmes initiée auparavant. J'ose espérer que l'UE va se ressaisir et adopter cette seconde option. Que faire pour cela ?

Regardons d'abord le passif. L'UE s'est enflée d'un zèle moralisateur en matière climatique et tentait de forcer, à coups de milliards, les pays en développement à suivre la même politique suicidaire. Ainsi, le Conseil européen de décembre 2009 a décidé d'accorder 7,2 milliards d'euros sur trois ans afin d'amadouer les pays en développement pour qu'ils lui emboitent le pas dans la réduction des émissions de CO2 lors de la COP-15 de Copenhague. Ce fut de nouveau le cas avec le Fond vert de l'Accord de Paris devant mobiliser 100 milliards de dollars par an avant 2020. Nous sommes en 2020 et on attend toujours cet argent malgré le One Planet Summit de décembre 2017 organisé par Emmanuel Macron, car bien entendu personne n'a assez d'argent pour aller construire des parcs d'éoliennes en Afrique alors qu'on ne parvient pas à le faire chez nous !

Cessons notre nombrilisme européen

Cessons ensuite notre nombrilisme européen, car malgré son économie déjà poussive avant la crise, l'UE a feint d'ignorer, ou a sous-estimé, depuis 25 ans, l'extraordinaire développement économique, social et humain que vivent la plupart des pays asiatiques, et pas seulement la Chine. C'est justement leur développement économique, social et technologique qui leur a permis de commencer à sortir de la crise du Coronavirus, et non une quelconque « frugalité volontaire», « décroissance voulue » et autres utopies.

Pendant que l'UE se lançait dans la conversion intérieure et des pays en développement, les pays d'Asie choisissaient de ne pas se mettre en danger, tout en agissant concrètement.

Ainsi, la Corée du Sud : ses dirigeants et ses industriels ont misé sur la croissance, l'éducation et la recherche... et les énergies fossiles. Elle se classe ainsi parmi les cinq premiers importateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, de charbon, de pétrole brut et de produits raffinés. Les Coréens récoltent maintenant les fruits de ces investissements, les énergies renouvelables ne représentant que 2% de leur consommation d'énergie primaire.

Ainsi, le Japon : il est devenu le spécialiste mondial de la technologie des centrales propres au charbon que, avec le soutien de son système bancaire, le gouvernement japonais s'empresse de vendre à ses voisins asiatiques. Dans le même temps, le fleuron français de l'énergie - Engie - s'est interdit lui-même de participer aux appels d'offres pour la construction de ce type de centrales propres parce qu'il fallait que tout le monde suive le modèle européen des énergies renouvelables. Triste échec, qui a sans doute conduit ou contribué au licenciement de la directrice générale du groupe, mais le mal est fait.

Prenons à nouveau l'exemple de la Corée du Sud et de Taiwan, deux démocraties considérées unanimement comme des exemples de gestion démocratique de la crise du Coronavirus. Ces pays - rappelons le, d'un grand libéralisme économique combiné à une intervention de l'État mesurée et dans les domaines essentiels- ont pu arriver à ces résultats parce qu'ils étaient riches. Cette richesse a permis à ces sociétés de développer rapidement la technologie, le matériel médical et les tests nécessaires au combat sanitaire. D'où vient cette richesse, inclus celle de ces États ? D'une activité économique privée en croissance, et non principalement de la planche à billets. Et comment cette activité est-elle soutenue ? Par une énergie abondante, permanente et bon marché. C'est d'ailleurs ce que les activistes verts et rouges ont compris : une telle énergie est le talon d'Achille de l'économie de marché. Bloquer l'arrivée de ce sang énergétique causera l'AVC qui terrassera, espèrent-ils, ce système économique qu'ils maudissent

L'Asie avance

L'Asie avance et que propose l'UE à ses citoyens ? Un paradis vert utopique, rempli d'illusions et de belles paroles. Le Conseil européen de décembre 2009 s'est engagé, à l'exception de la Pologne, à mettre en œuvre le Green deal européen proposé par Ursula von der Leyen en portant les émissions de CO2 à presque zéro. Ce projet est tout simplement impayable et surtout inutile, car le reste du monde a résolument pris une autre direction : depuis que l'UE prétend réduire les émissions de CO2 , et les siennes diminuent en effet, elles ont augmenté de 58% dans le monde. Rappelons en passant que ces émissions européennes ne représentent que 9% du total mondial. L'orgueil moralisateur de l'UE sortira renforcé de la mise en œuvre de Green deal européen, mais son économie aura vécu.

Le président Macron a promis de «tirer» les leçons de l'épreuve que traverse actuellement la France. En effet, après cette crise, on ne pourra pas continuer comme avant. On ne sait pas ce qu'il a en tête, mais il serait très judicieux qu'il propose d'abandonner ce coûteux Green deal européen qu'il appelle « transition énergétique ».

En 2008, nous avons vécu une crise du surendettement spéculatif qui a conduit au sauvetage de banques essentiellement européennes qui s'étaient lourdement trompées (et nous avaient lourdement trompés) et d'États qui s'étaient imprudemment surendettés. Cette fois, nous avons à faire à une crise généralisée menant à une récession qui durera. Elle ne pourra être résolue que par l'intervention massive des banques centrales en faveur de tous les secteurs économiques. Le fameux pacte de stabilité (les jusqu'ici intouchables critères de Maastricht - les Grecs apprécieront !) vient fort opportunément d'être suspendu, sans doute pour quelques années. Il faudra dépenser de l'argent pour relancer l'économie d'une UE asphyxiée. Il est hautement souhaitable que cet argent - que nous n'avons pas - n'aille pas alimenter les extravagances d'un Green deal européen même affublé du qualificatif de « juste ». Rien n'est juste lorsqu'on gaspille de l'argent, à plus forte raison l'argent des autres. Or, on retrouve  49 fois les mots "financement " et ses dérivés dans la résolution du 15 janvier 2020 du Parlement européen en faveur du Green deal européen. Bien entendu, alors que la crise n'était pas prévisible à ce moment-là, cette résolution devait être la prémisse qui devait  ―  avant la suspension du pacte de stabilité  ―  permettre d'amplifier les politiques keynésiennes en vue de relancer l'économie européenne aux abois par les dépenses publiques, c'est-à-dire in fine par la levée de nouvelles taxes, qu'elles soient appelées "carbone" ou autrement. Pour preuve, cette résolution "se félicite de la proposition prévue d'une révision de la directive sur la taxation de l'énergie". Oui, le Parlement européen et les politiques européens étaient prêts à gaspiller notre argent pour s'occuper des émissions de CO2.

Gaspiller notre argent pour faire quoi ?

  • Pour fermer les centrales nucléaires, comme celle de Fessenheim, pourtant amortie et en parfait état de marche ? Monsieur Macron ferait preuve d'une stature d'homme d'État s'il revenait sur cette décision absurde.
  • Pour remplacer des centrales nucléaires par des éoliennes qui ne fournissent de l'électricité que 20 à 25% du temps, ce qui induit que les 3/4 du temps il faudra quand même utiliser les équipements de production traditionnels ? Chacun comprendra le gaspillage que cela représente. Rappelons aussi que depuis 2000, dans l'UE, on a dépensé plus de mille milliards d'euros pour que les énergies éolienne et solaire ne représentent au final que 2,5% de notre demande d'énergie primaire, alors que le but du Green deal européen  est d'arriver à presque 100%. Combien coûtera donc l'effort pour passer de 2,5 à 100% ? La Cour des comptes et une commission d'enquête parlementaire en 2019 ont conclu que la filière éolienne française avait coûté 7 milliards d'euros tout en augmentant le prix de l'électricité au consommateur de 35%. Les montants destinés aux éoliennes pourraient être bien plus utiles au ministère de la Santé (7 milliards représentent 9% du budget des hôpitaux français). De plus, notre crise nous démontre combien l'électricité est indispensable pour la vie et doit être disponible en permanence, abondamment et à prix raisonnable, et pas seulement pour les hôpitaux. On félicitera au passage les opérateurs industriels qui assurent la continuité du service public au cours de cette crise.
  • Pour investir dans des véhicules électriques, ce qui exige des investissements massifs pour renforcer le réseau électrique si on veut que ne serait-ce que 10% du parc automobile abandonne le moteur thermique ? En plus, l'électricité d'origine renouvelable subventionnée ne représente qu'une trentaine de pourcentage du total de l'électricité consommée.
  • Pour punir le secteur automobile parce que les automobilistes n'achètent pas assez de véhicules électriques et partant reprocher aux constructeurs ne pas avoir atteint l'objectif européen en matière d'émissions de CO2 ? Ces amendes devrait avoisiner les 14,5 milliards d'euros pour les treize principaux constructeurs automobiles européens, milliards qui alimenteront le gaspillage du Green deal européen. L'ensemble du secteur automobile fournit des emplois directs et indirects à 13,8 millions de personnes dans l'UE. Il mérite d'être protégé pour son rôle crucial pour la santé, la protection et la distribution de l'alimentation de la population européenne comme la crise nous le révèle.
  • Pour continuer à dire que l'on doit construire des maisons passives ? Une Directive de 2002 s'en occupait déjà et l'Article 9 de celle de 2010 exigeait même que « les États membres veillent à ce que d'ici au 31 décembre 2020, tous les nouveaux bâtiments soient à consommation d'énergie quasi nulle » ; cette date était même anticipée au 31 décembre 2018 pour « les nouveaux bâtiments occupés et détenus par les autorités publiques ». Objectif totalement raté ! Mais à présent on le propose à nouveau et comme si c'était une nouveauté. Entendons-nous bien : il est souhaitable de poursuivre la réduction de la consommation d'énergie des bâtiments, mais la voie législative suivie depuis 18 ans est un échec patent. Mieux, et c'est l'ingénieur que je suis qui parle : on a préféré financer des panneaux solaires et des éoliennes alors que tant d'immeubles publics et de maisons particulières ont encore des fenêtres à simple vitrage.

Arrêtons ici cette litanie. Devant l'ampleur de la crise économique qui arrive, il n'est pas impossible que la Commission européenne soit considérée comme le fusible, le bouc-émissaire, alors que c'est le «co-législateur » (Parlement européen et Conseil de l'UE) qui prend les décisions. Elle est déjà largement critiquée par les populistes. Par exemple, l'hebdomadaire satirique flamand 't Pallieterke dénonce la Commission, en faisant un parallèle avec les sinistres commissaires du peuple soviétiques : « une dictature avec la Commission européenne dans le rôle de l'ancien Politburo ».

Abandonner le principe de précaution

L'UE a le choix de s'entêter et continuer à s'enfoncer dans le cul-de-sac de cette transition énergétique absurde dans laquelle l'entraine le Commissaire en charge du Climat, Franz Timmermans. Ceci ne manquera pas d'aggraver le désamour qu'elle suscite déjà. Pourtant, l'UE peut aussi se ressaisir, comme beaucoup le pensent. Ainsi, le Premier Ministre tchèque, Andrej Babiš, prône l'abandon du Green deal européen afin de donner la priorité aux conséquences dramatiques du Coronavirus.

Bien entendu, il n'y aura pas de solutions simples pour relancer l'économie, mais ce ne sera certainement pas à travers l'onéreux Green deal européen .

D'abord, en matière de développement durable, l'UE aurait déjà intérêt à abandonner le principe de précaution que Jean de Kervasdoue a justement appelé « principe de salaud » car il musèle l'initiative et la prise de risques indispensables au progrès. S'il avait appliqué le principe de précaution, Christophe Colomb n'aurait jamais navigué vers l'ouest et on n'aurait jamais osé utiliser les vaccins au 19e siècle.

Ensuite, comme à ses débuts, l'Union doit donner la priorité à la consommation d'énergie, car comme le met en évidence la crise que nous vivons, l'énergie c'est la vie ! Car une énergie abondante, permanente et bon marché permet d'assurer le bon fonctionnement de nos infrastructures sanitaires, et permettra de relancer l'économie qui, par l'impôt, financera les aides économiques aux citoyens et entreprises impactés. Petit rappel historique : en juin 1955, les six pays fondateurs du futur Marché Commun ont déclaré dans l'historique « résolution de Messine » qu'il n'y aura pas d'avenir sans énergie bon marché et abondante. Ils s'étaient basés sur la science  ―  la vraie et non pas celle de la modélisation informatique  ―  pour l'affirmer. En conséquence, fournissons de l'énergie bon marché et abondante et mettons de côté l'utopie du Green deal européen. Après tout, ce Green deal européen n'a rien de neuf si ce n'est la communication qui l'entoure. En effet, la stratégie de l'utopie de la transition énergétique existe depuis plus de 20 ans et elle n'a pas marché et ne marchera pas, car elle est coûteuse et surtout inefficace. Notre système économique et énergétique a bien des défauts  ―  y compris l'origine de certaines pollutions  ―  mais c'est celui qui nous fait vivre et a prouvé son efficacité dans ce domaine. Les Européens ont besoin de vivre et donc d'énergie abondante, constante et bon marché, tout le contraire de l'objectif de la transition énergétique.

De plus, cessons de croire que nous sommes « les meilleurs », alors que la crise nous a finalement montré le contraire : l'Asie a pris le leadership technologique et est en passe de prendre celui de l'économie. Ils ne nous suivront pas dans la transition énergétique. Essayons de les émuler et de les rattraper avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Il est dès lors indispensable de promouvoir et aider plus encore la recherche, en particulier dans le domaine de la santé, mais en mettant fin à la gestion bureaucratique actuelle qui laisse « Bruxelles » décider jusque dans le menu détail les secteurs qui bénéficieront des financements. Les chercheurs des laboratoires nationaux et des industries savent bien mieux que les nombreux « comités d'experts » qui choisissent - pas toujours de manière transparente - quelles recherches ils doivent mener. Si on veut sérieusement aider la recherche et le développement technologique, on pourrait commencer par supprimer la TVA dans ce secteur, et réduire drastiquement les prélèvements et charges qui pèsent sur le personnel de recherche. C'est infiniment plus simple, plus rapide et plus efficace. L'avenir dépendant du progrès technologique, y compris pour juguler d'autres crises imprévisibles et éviter les pollutions atmosphériques et des eaux, il faudra remettre à l'honneur l'enseignement des sciences fondamentales et appliquées et financer sérieusement l'enseignement universitaire, y compris ses laboratoires, dans ces domaines précis, et favoriser le recrutement des étudiants dans ces domaines-là, au détriment, éventuellement, d'autres filières « plus populaires » s'il faut faire des choix budgétaires. Car dans les années à venir, on aura besoin plus que jamais de bien plus d'ingénieurs, de scientifiques et de médecins.

Lancer une vraie politique de protection civile européenne

Une fausse bonne idée serait de renforcer des mesures européennes de santé ; laissons cela à la subsidiarité - si chère à Jacques Delors et à l'église catholique romaine - : ne rêvons pas d'une machinerie bruxelloise pour gérer la santé de 550 millions d'habitants. Par contre, pourquoi ne pas lancer une vraie politique de protection civile européenne ? Cette crise et d'autres passées montrent combien le besoin de « solidarité entre les États membres » (article 3 et 122 du traité de Lisbonne) est crucial. Observons qu'actuellement l'aide d'urgence de la Commission européenne est mieux structurée et plus efficace pour intervenir dans les pays en développement que dans l'UE. Ce serait là un vrai deal européen qui rencontrerait les besoins et la reconnaissance des Européens.

Un dernier mot. Il faudra aussi donner la priorité à l'humain et non aux peurs que nous ont instillées les écologistes de tous les partis. Madame Ursula von der Leyen, qui est médecin et a été chercheuse assistante en médecine sociale, devrait me semble-t-il être plus intéressée par cette initiative que par l'utopie verte. Il est aussi urgent d'instiller dans la population européenne les anticorps nécessaires pour résister au virus de l'idéologie propagée par les écologistes de tous les partis, par ceux qui osent dire que la pandémie du Coronavirus est finalement due à notre qualité de vie, alors que ce qui mènera à la dégradation assurée de celle-ci sera sans aucun impact sur le climat. Qu'ils osent le dire aux Européens dans 6 mois, ou bientôt en Afrique, où on produit peu de CO2, mais où l'hécatombe qui va arriver si le virus n'est pas éliminé par la chaleur sera bien plus dramatique. Les Africains vivent quotidiennement dans la pauvreté énergétique, le manque d'électricité, la décroissance et la frugalité involontaires. C'est cette pauvreté si terrible, et non le changement climatique, qu'ils essaient de fuir au péril de leur vie .

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(*) Le dernier livre de Samuele Furfari : « Énergie 2019. Hystérie climatique et croissance des énergies fossiles ».

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Commentaires
a écrit le 04/04/2020 à 14:34 :
Un article lucide sur la Climatologie en passe de ravager l'Europe occidentale.
La politisation de la science climatique et les énormes décalages entre les modèles qui justifient cette panique et les observations ne sont plus à démontrer.
Petits exemples:
https://www.forbes.com/sites/larrybell/2013/02/05/in-their-own-words-climate-alarmists-debunk-their-science/#9354e0868a37
https://www.rossmckitrick.com/uploads/4/8/0/8/4808045/model_obs_comp_nov_2019.pdf
De plus les chinois, indiens, russes, etc. n'en n'ont rien à secouer, mais que tout le monde se rassure, la dream team Europe va "sauver la planète"!
a écrit le 29/03/2020 à 20:25 :
Désolé, je n'ai pas trouvé le bouton "vomir". Je pense que l'on devrait porter plainte contre cet APPEL AU MEURTRE et ceux qui les colportent? Nier la science à ce point, ce n'est même plus de l'obscurantisme, les mots m'échappent...
a écrit le 29/03/2020 à 17:15 :
Totalement déconnecté des réalités... C'est effrayant de lire encore ces discours, il faut être dans un déni dantesque, être totalement aveugle et sourd, d'une avidité sans borne pour soutenir encore ce système criminel et cette économie qui nous mène au désastre. Simplement obscène !
a écrit le 29/03/2020 à 17:07 :
Article obscène !
Datant d'un vieux monde, où qui est tout juste à l'aube de le devenir.
a écrit le 29/03/2020 à 17:05 :
Article obscène !
Datant d'un vieux monde, où qui est tout juste à l'aube de le devenir.
a écrit le 29/03/2020 à 16:24 :
Vous utilisez des arguments juste pour arriver à une conclusion complètement à côté de la plaque... Nous n'avons rien comme ressources naturelles en Europe, alors soit nous développons la frugalité constructive, soit nous sommes esclaves des autres... Moi j'ai choisi...
a écrit le 27/03/2020 à 14:32 :
Bravo pour cette analyse de la situation. Nous sommes beaucoup a penser comme vous mais nous sommes malheureusement considérés comme des parias. Nous ne remettons pas en cause l'importance de lutter contre toute forme de pollution mais considérons les méthodes employées comme archaïques et contre-productives.
a écrit le 27/03/2020 à 10:55 :
Comment un ingénieur haut fonctionnaire peut-il construire un discours aussi peu rationnel, objectif et distancié ?
Orgueil et condescendance, jugements et polémiques n'ont vraiment pas leur place dans un contexte de multi crises mondiales.
Nous avons besoin de gens constructifs et solidaires. Pas d'égos boursouflés défendant leurs positions et intérêts personnels avec hargne et mépris...
a écrit le 27/03/2020 à 9:38 :
Incroyable de pouvoir encore lire ce genre d'"analyse" nauséabonde en 2020, d'autant plus dans la période actuelle, si particulière. C'est une honte pour l'auteur et pour ce site.
Je suppose que ce site n'a d'ultime recours que la provocation bas de gamme pour se démarquer des autres sources et continuer à vivre, faute de pouvoir proposer de la qualité.
a écrit le 26/03/2020 à 19:32 :
La ficelle est un peu grosse. "L'abjecte stratégie", comme le dit ce monsieur, est du côté de l'industrie des énergies fossiles qui voit dans cette crise l'occasion de se refaire en rackettant les gouvernements et banques centrales (ce qui sera chose aisée aux US avec leur lobbyiste en chef au pouvoir). Il n'y a qu'à observer la stratégie aux abois de l'Arabie Saoudite pour comprendre ce qui est en train de se jouer (voir par exemple la dernière analyse de Bernard Haykel sur le project syndicate).

La décarbonation de l'économie ne sera pas une partie de plaisir mais sera infiniment moins couteuse que les dommages du changement climatique si nous continuons à faire les autruches. Par pitié forcez-vous à lire le résumé du dernier rapport du GIEC. Cette crise montre à quel point les réalités physiques se fichent des incantations politiques et peuvent se rappeler très cruellement à nous. Ne faisons pas l’erreur de créer toutes les conditions pour les crises futures en résolvant cette crise-là. Si vous avez aimé l’histoire d’un virus semblant inoffensif à première vue et qui arrive à mettre à genoux l’économie mondiale en deux mois, vous allez adorer le monde chaotique que nous prépare le changement climatique.

Je venais par habitude sur le site de la Tribune depuis de longues années, et le réveil est brutal. Je réalise maintenant qu’il y a fort longtemps que je n’ai pas lu une analyse percutante sur ce site, sauf peut-être sur les questions de défense et d’aéronautique, ce qui est quand même léger (mais où sont passées les excellentes analyses macroéconomiques qu’on pouvait lire à une époque sur la Tribune ??). Cet article est une honte et me convainc définitivement d’arrêter de venir m’informer ici.
a écrit le 26/03/2020 à 16:15 :
Difficile de trouver dans ce pamphlet des arguments rationnels ; ceux ici développés ne semblent faire appel qu'à une seule pathologie : l'hystérie. Où de raccourci en raccourci, on assimile la transition énergétique à une fureur néfaste, en tentant de la raccorder à la panique dont certains sont victimes actuellement à cause de cette épidémie.
Bien déprimant ! Et bien opportuniste ! Enfin, à chacun ses priorités et ses pathologies chroniques...
a écrit le 26/03/2020 à 16:05 :
"Leur prix ayant fortement baissé, ce sera indolore. " ça a été fait pour le raffinage, +2cts/L à une époque où le prix du pétrole chutait, ça ne s'est pas vu mais est resté.
"Cela permettra de dégager des ressources pour compenser les effets de la crise" quel genre de "compensations" ? Chez nous c'est censé servir à construire des tramways, transports en commun en ville (pour ne pas prendre sa voiture) mais pas dans les campagnes, elles sont trop disséminées, les campagnes, vroouummm.
"il faudra avoir un mode de vie biorégional, qui prenne soin de la nature" dont fait partie le covid-19, c'est pas synthétique ("chimique") ces trucs là, la Nature n'est pas que vertu et douceur, mais plutôt féroce parfois, les poisons sont secrétés par les plantes pour éviter d'être broutées par les animaux naturels.
a écrit le 26/03/2020 à 15:37 :
Enfin un article intelligent.
L'extrémisme vert vise á réduire l'humanité á une chose controllable par l'oligarchie en suprimant tous ceux qui lui sont inutiles.
L'uerope se meur il faut avoir été en Asie pour voir leur soif de vivre et comprendre à quel point l'europe est triste. Nous pourrions pourtant être le continent avec la plus grande richesse si nous n'y renoncons pas.
a écrit le 26/03/2020 à 14:36 :
Charbon propre? Mais il ne sait pas de quoi il parle ce Monsieur. Son principe stocker le carbone généré. Le coût exorbitant de cette technique représente donc un sérieux obstacle à son avenir. Surtout aux Etats-Unis, où le gaz de schiste est, dans le même temps, abondant. Ces centrales ont beau être plus efficace, elles n’en restent pas moins très polluantes. 67 % du carbone émis par une centrale conventionnelle se retrouve directement dans l’atmosphère. Contre 55 % pour une structure supercritique, selon Planète Energies; Il a mal vieilli sur beaucoup de plans.Il me rend paranoïaque
a écrit le 26/03/2020 à 14:33 :
On juge l'efficacité d'une politique à ses résultats. Si on considère la latte contre le réchauffement climatiques c'est aujourd'hui sans doute quelques centaines de milliards d'euros dépensés beaucoup plus que le coût du coronavirus. Je vous laisse le soin d'évaluer les résultats car des experts financés par leurs gouvernants l'ont fait et il suffit de les lire. Je retransmets simplement leur conclusion: arrêtez de gaspiller l'argent public pour rien et mettez le dans la recherche de solutions d'avenir

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