Macron, Mercier et les « apprentis sorciers » de la présidentielle
Marc Endeweld
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Photo d'illustration
CHRISTIAN HARTMANN
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Quelques jours avant l'été, Emmanuel Macron s'est offert une rencontre avec Eric Benzekri, le scénariste de la série « le Baron Noir ». Après une heure d'entretien, le président de la République a malicieusement demandé à l'homme de télé : « Qui est Mercier aujourd'hui ? » Dans la série politique à succès, Mercier, ce prof blogueur, réussit à cristalliser la colère des Français pendant les élections. C'est dire si Emmanuel Macron conserve l'objectif de se représenter au devant des Français en 2022. Bref, celui qui a provoqué la surprise en 2017 se demande sérieusement s'il ne va pas devoir affronter, lui aussi, un outsider venu de nulle part. Étrange retournement de situation.
Pourtant, les prétendants « classiques » commencent à se bousculer au portillon de la présidentielle. La maire de Paris, Anne Hidalgo se fait désirer en posant en couverture de l'Obs. Xavier Bertrand multiplie les rencontres, notamment du côté des grands patrons. Idem pour Arnaud Montebourg, qui vient de s'assurer une belle promo médiatique autour de son livre L'engagement (Grasset). L'ancien ministre du Redressement productif échange ainsi en privé avec Hubert Védrine, Régis Debray, Jean-Pierre Chevènement, ou Jérôme Clément pour nourrir son futur projet, qu'il veut clairement souverainiste et républicain. De son côté, le Général De Villiers se tâte à coup d'interviews télé et de portraits dans Paris Match. Au point de susciter l'inquiétude des soutiens du Rassemblement National : « Le général est clairement poussé par la macronie pour embêter Marine Le Pen », nous assure l'un d'eux.
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Face à ce paysage, le Château affiche une certaine sérénité. Et pourtant, ces derniers jours, la panique a gagné la macronie. Le soulèvement des journalistes et des associations des droits de l'Homme a fait prendre un coup à l'image internationale de leur chef. Le soupçon d'illibéralisme lui colle désormais à la peau. Dans la presse anglo saxonne, le chouchou n'est plus. The New York Times et The Financial Times multiplient les critiques. Forcément, face à ces réactions unanimes, les soutiens présidentiels ont accusé en coulisses Gérald Darmanin d'en avoir « trop fait », d'être « totalement en roue libre ». Beaucoup d'entre eux s'interrogent : « Et si ce n'était pas Macron lui même le problème ? » se demande l'un. « Ça tire désormais dans tous les sens, j'ai du mal à suivre, et je ne comprends plus rien. C'est Sarko qui tire les ficelles ou Macron ? », ose un autre. Comme si le cynisme au pouvoir avait du mal à déteindre sur cette majorité si « bienveillante » élue en 2017 : « Darmanin et Macron pompent les voix de droite », conclut un de nos interlocuteurs avec moins d'états d'âmes.
Marc Endeweld