Vers une "gilet-jaunisation" de la crise sanitaire ?
Marc Endeweld
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CHARLES PLATIAU
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Pour le gouvernement, l'image est terrible. Ce mardi soir, à l'Assemblée Nationale, le ministre de la Santé, Olivier Véran, n'a pas pu contenir ses nerfs, montrant en direct tout son mépris pour les députés d'opposition : « Vous êtes en train de débattre de sujets alors que nos soignants se battent pour sauver des vies. » L'Assemblée Nationale venait de voter la fin de l'état d'urgence pour le 14 décembre, car la majorité s'est retrouvée minoritaire au moment du vote. Le ministre se lance alors dans une diatribe où il évoque de jeunes patients actuellement en réanimation, et finit par lancer une phrase fatale (pour lui) : « C'est ça la réalité, si vous ne voulez pas l'entendre, sortez d'ici ! » Une étrange expression employée dans ce temple républicain, mais que n'aurait pas renié un Donald Trump. Plus tard dans la soirée, l'état d'urgence sanitaire a été élargi jusqu'à la mi février, comme le souhaitait un gouvernement de plus en plus sous pression... désormais coincé entre l'explosion de l'épidémie de covid 19, et l'exaspération de plus en plus importante des Français face aux restrictions des libertés.
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Début novembre, plus de 80 maires ont ainsi pris des arrêtés allant à l'encontre des demandes de l'Etat, en autorisant l'ouverture des commerces non alimentaires, dénonçant de cette manière une inégalité de traitement. Un peu partout en France, plusieurs manifestations ont été organisées pour dénoncer la concurrence déloyale de la grande distribution et d'Amazon. De son coté, Anne Hidalgo, la maire de Paris, réclame que les librairies, qu'elle qualifie de « commerces essentiels », puissent de nouveau ouvrir. Et ce n'est pas la seule à exprimer sa colère : cinquante maires de grandes villes et d'agglomération ont signé une lettre adressée à Jean Castex pour défendre les commerces de proximité. De leur coté, quatre organisations syndicales des transports réclament la réouverture des relais routiers. Pour ne rien arranger, à Langres, en Haute Marne, un gilet jaune a lancé un appel pour organiser le blocus de la ville afin de protester contre le confinement.
Marc Endeweld