Derrière le « Great Reset » complotiste, la question démocratique
Marc Endeweld
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« Great Reset ». L'expression a parcouru les réseaux sociaux comme une trainée de poudre. Si l'on en croit le documentaire complotiste Hold Up, ce projet serait bien la preuve d'une conspiration en cours organisée par les élites mondiales contre les peuples du monde entier à la faveur du Covid-19. La preuve ? On doit ce projet de « grande réinitialisation » (en français) à Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum, qui se tient chaque année à Davos depuis maintenant cinquante ans...
Cet ingénieur et économiste allemand en a ainsi fait le titre de son dernier ouvrage, Covid-19. The Great Reset (co-écrit avec le consultant français Thierry Malleret). Lors du récent « Forum des 100 », organisée récemment par le quotidien suisse Le Temps, Schwab était d'ailleurs invité à se pencher sur cette difficile question : « Post-covid: la technologie peut-elle nous sauver ? ». Bref, tous les ingrédients sont réunis pour que la mayonnaise prenne chez les tenants du grand complot mondial. Finalement, le « great reset » ne serait que le énième symbole d'une « gouvernance mondiale », tant rêvée par les uns, tant haïe et fantasmée par les autres, qui n'a pourtant guère montré son efficacité (et son effectivité) depuis une cinquantaine d'années.
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C'est justement cet « échec de la gouvernance mondiale » que souhaite questionner Schwab à travers son ouvrage. Après des années de célébration du marché, de la finance, de l'hyper profit et de l'hyper concurrence, le père de Davos prend manifestement un tournant radical, que ne renieraient pas les militants altermondialistes de la première heure, telle l'association ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens). Dans ce véritable exercice de prospective (et donc de contrition), Schwab s'inspire littéralement du rapport décroissant du Club de Rome de 1972, ou des travaux de l'ONU sur l'IDH (Indice de Développement Humain), censés répondre aux limites d'une vision économique uniquement fondée sur le PIB : « Dans l'ère post-pandémique, selon les projections actuelles, la nouvelle "normalité" économique pourrait être caractérisée par une croissance beaucoup faible que dans les décennies passées [...] », prévoit les auteurs.
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