OPINION. « L'Europe doit se réveiller et s'électrifier ! » (Christian Buchel)
Christian Buchel

« L'Europe doit se réveiller et s'électrifier ! » (Christian Buchel)
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Christian Buchel

« L'Europe doit se réveiller et s'électrifier ! » (Christian Buchel)
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L'investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis, accompagnée de ses déclarations retentissantes notamment dans le domaine de l'énergie, doit être un « wake-up call » pour nous en Europe et en France. Il faut nous réveiller et affirmer haut et fort que l'électricité doit jouer un rôle majeur dans notre lutte contre le changement climatique, dans la défense de notre souveraineté industrielle et de notre pouvoir d'achat.
En annonçant une nouvelle sortie de l'Accord de Paris et en relançant le slogan « Drill, baby, drill », le Président Donald Trump prend le contrepied des engagements climatiques internationaux. Ce recul, marqué du moins dans les premières communications, par un retour au pétrole et un abandon des soutiens à certaines énergies renouvelables et aux véhicules électriques, cache probablement une réalité qui sera plus contrastée dans les faits.
Nous aurons aussi de nouvelles opportunités de négociation avec les États-Unis qui restent un partenaire pour notre pays et pour l'Europe.
Nous dénoncions hier les avantages de l'Inflation Reduction Act (IRA) pour les industries américaines, cherchons dans cette nouvelle situation comment valoriser nos atouts !
Donald Trump veut faire aimer le pétrole. Et si nous, Européens, nous cherchions à faire aimer l'électricité ?
Avec 60 % de notre consommation énergétique encore issue d'énergies fossiles, la France dépense chaque année près de 60 milliards d'euros en importation. Pourtant, elle dispose d'un atout majeur : son électricité décarbonée. En 2024, la France a franchi le seuil de 95 % d'électricité d'origine bas carbone et atteint un record d'exportations grâce au nucléaire et aux renouvelables (éolien, hydraulique, solaire). Cette réalité confère à la France et à l'Europe une responsabilité particulière.
Cette responsabilité, c'est celle d'engager une véritable rupture dans l'électrification des industries, des véhicules et des bâtiments. Cela doit se faire de manière pragmatique, mais le pragmatisme ne doit pas être une excuse à l'immobilisme. Les solutions existent : simplifions les procédures, levons les freins, et assumons des choix politiques et budgétaires clairs !
L'Union européenne doit soutenir cette ambition en investissant massivement dans les infrastructures énergétiques, les moyens de production décarbonée, et l'innovation dans la mobilité électrique et les solutions performantes pour les logements. Elle doit aussi aligner ses initiatives et législations avec cet enjeu, car trop de dispositions européennes favorisent encore les énergies fossiles.
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Face aux choix des États-Unis, l'Europe a une opportunité historique : devenir un leader de l'économie décarbonée. Elle peut réduire sa dépendance aux énergies fossiles, créer des emplois dans des secteurs d'avenir (nucléaire, renouvelables, mobilité électrique, etc.), et renforcer sa compétitivité.
Notre réussite repose sur nos atouts : une énergie décarbonée, un savoir-faire industriel, et un engagement historique pour le climat. Mais elle dépend aussi de notre capacité à mobiliser tous les acteurs - publics et privés - autour de cette ambition.
L'heure est à l'action. Chaque décision prise aujourd'hui aura un impact sur les générations futures. L'attentisme n'est pas une option ! Arrêter les excès réglementaires, se concentrer sur la mise en œuvre des textes existants de façon pragmatique tout en gardant comme boussole les objectifs CO2 nous aidera à retrouver de la compétitivité.
La rupture dans l'électrification des usages nécessite une rupture dans les moyens et outils utilisés par l'Europe. Pourquoi ne pas envisager la création d'un Fonds européen de souveraineté énergétique ?
Le temps presse. La crise climatique est déjà là et pèse sur nos finances publiques. Si certains voient la transition écologique comme un frein à la croissance, rappelons qu'elle est un levier d'innovation, de compétitivité et de prospérité. La France et l'Europe doivent montrer qu'un autre chemin est possible : celui d'une économie compétitive, décarbonée, respectueuse de la planète. Un avenir électrique, à la hauteur de nos responsabilités.
Christian Buchel