Prévenir l’absentéisme, une nécessité absolue pour l’entreprise
Jean-Marc Esvant
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Pour Jean-Marc Esvant, directeur général adjoint de la société de courtage d'assurances Verlingue, plusieurs leviers existent pour lutter contre l'absentéisme.
DR. Maëlle Bernard
OPINION. Alors que le recul de l’âge légal de départ à la retraite pourrait faire bondir les chiffres et les coûts de l’absentéisme chez les salariés les plus âgés, Jean-Marc Esvant, directeur général adjoint de la société de courtage en assurances Verlingue, décrypte les derniers chiffres de l'absentéisme. Il explique pourquoi un diagnostic précis est le premier volet d’une démarche de prévention.
C'est un signal d'alerte : d'année en année, l'absentéisme - qui recouvre toutes les absences qui ne peuvent pas être prévues à l'avance (arrêts maladie ordinaires, accidents du travail, maladies professionnelles, congés enfants malades, absences injustifiées) - augmente et bouleverse l'organisation de nos entreprises.
La hausse est même spectaculaire si l'on considère les chiffres d'avant la crise sanitaire et d'aujourd'hui : le taux annuel d'absentéisme a progressé de plus de 25 points en trois ans, passant de 4,8% en 2019 à un chiffre estimé à 6% en 2022. En d'autres termes, dans une structure d'une centaine de personnes, il faut chaque jour pallier l'absence de six salariés.
Cette évolution est probablement un signe supplémentaire du changement du lien des salariés à l'égard de leur travail dans un contexte de désengagement diffus, nommé « grande démission » ou démission silencieuse, qui touche une population active plus large, et pas seulement les jeunes salariés.
Un mouvement de fond
Ce phénomène reste toutefois hétérogène en fonction des populations : si les secteurs de l'agroalimentaire et de la santé présentent toujours les taux d'absentéisme les plus élevés, le commerce et le BTP connaissent une hausse significative par rapport à 2021 (respectivement +32 % et +22 %).
Nous observons aussi une hausse sensible de l'exposition chez les moins de 30 ans au premier semestre 2022 à cause de l'impact plus fort de la cinquième vague Covid chez les jeunes. Mais l'absentéisme chez les plus de 55 ans reste plus élevé de 60% et plus grave avec un nombre de jours d'absence supérieur de 20 jours en moyenne.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Face à cette tendance de fond, il existe des moyens de diagnostic, de prévention et d'accompagnement efficaces. Car si l'absentéisme est à la fois un indicateur du climat de l'entreprise et de sa performance sociale, il représente aussi un coût significatif de l'ordre de 3% de la masse salariale - si l'on considère uniquement les coûts directs liés au maintien de salaire des absents - un chiffre en forte hausse.