La Tech ne doit plus être une terre d'exception pour les femmes
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Hervé Thouroude
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« Nous sommes une entreprise « data driven » et la technologie est un des deux socles de notre feuille de route stratégique, avec l'humain. Y déployer la politique de parité qui est celle du Groupe Generali depuis 2005 était donc évident, même si cela n'en demeure pas moins un véritable enjeu de transformation », explique Laetitia Léonard, Directrice générale déléguée de Generali France. Un enjeu qu'elle connaît d'autant mieux qu'elle dirige les métiers du chiffre de l'assureur, regroupés sous l'acronyme STEM : science, technologie, engineering, mathématiques. On y trouve un tiers de femmes, quand leur proportion monte à près de 60 % dans le reste de l'entreprise.
Il est une analyse que Generali partage avec le gouvernement : attirer les femmes dans la tech se joue tôt, très tôt, dans la vie des jeunes filles. En 2024, Generali et l'Université Paris-Dauphine publiaient ainsi les résultats d'une étude menée par Viavoice intitulée « Le Gender Gap dans les métiers d'avenir ». Elle fait apparaître que seules 30 % des jeunes femmes se projettent dans les métiers d'avenir liés à l'intelligence artificielle et au numérique, contre 49 % des hommes. Une difficulté d'orientation qu'elles font remonter dès la petite enfance : à l'école primaire, à leurs parents et à leurs professeurs.
Ce constat a conduit Generali en 2019 à être partenaire de la chaire Femmes et Sciences de l'Université Paris-Dauphine. « Il faut réussir à attirer les talents féminins dans la tech. La parité est essentielle pour refléter la société dans son ensemble. Dans une entreprise, elle est indispensable pour lutter contre les biais, faire émerger des propositions nouvelles et refléter la diversité des clients et de la société », complète Laetitia Léonard. Outre une collaboration avec le milieu académique, Generali a donc instauré au sein de ses équipes en 2024 le programme Women4Tech. L'objectif est d'encourager les passerelles et une montée en compétences autour de la tech en interne et d'attirer des talents externes. Lors d'un récent événement de job dating pour des stages ou de l'alternance, près de 70 CV ont ainsi atterri sur les bureaux de Generali. « Nous voulons casser l'image d'un métier réservé aux hommes et susciter des vocations », confie Laetitia Léonard, qui espère voir ces jeunes femmes un jour intégrer la Cognitive Factory de Generali, là où sont conçus les nouveaux actifs technologiques qui seront déployés dans les différents métiers de l'assureur.
L'importance de promouvoir le changement par l'exemple est également au cœur de la politique d'IBM en matière de parité. « Nous reconnaissons les femmes qui ont choisi d'embrasser des parcours scientifiques et dans les nouvelles technologies, et qui contribuent à changer positivement notre société. Nous sommes fiers de mettre en lumière une nouvelle génération de talents féminins. Nous sommes engagés à être leur allié permanent, c'est-à-dire à les aider à se développer, réussir leur projet, et leur permettre à leur tour de devenir des role models de demain pour inspirer d'autres jeunes femmes », souligne Alexandra Ruez, Vice-President and Senior Partner au sein d'IBM Consulting.
La parité, c'est parvenir à un nombre d'hommes et de femmes égal dans les métiers techniques. Mais c'est aussi quelque chose de plus subtil, de culturel. « Nos métiers dans leur ensemble connaissent une révolution technologique. Nos collaboratrices doivent s'emparer tout autant que les hommes des outils que nous développons, notamment autour de l'intelligence artificielle », insiste Laetitia Léonard. Des propos que corrobore Alexandra Ruez : « Nous devons créer un environnement où chacun est capable de s'épanouir grâce à ses différences et ses compétences. »
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Cet enjeu, Generali l'adresse en pensant ses innovations technologiques de manière à les rendre accessibles à tous. Le groupe Generali équipe ses collaborateurs et s'assure de la prise en main des nouveaux outils d'intelligence artificielle grâce à un programme d'accompagnement et de formation dédié. « L'égalité ne se décrète pas, elle se construit. »
L'implication de la direction des ressources humaines est l'une des composantes clés de ces programmes. Outre la transformation culturelle à l'œuvre au sein de Generali, elle pense aussi à l'avenir des métiers de l'assurance. « Nous avons intégré la dimension « intelligence artificielle » dans notre observatoire des métiers. Nous devons identifier les métiers qui vont connaître le plus de mutations en lien avec la technologie et anticiper les besoins que cela va créer en interne. » Une réflexion qui embarque toutes les parties prenantes de Generali, notamment grâce à un dialogue avec les partenaires sociaux et les collaborateurs.
Ces efforts en faveur d'une promotion de la technologie envers tous les collaborateurs transparaissent à l'extérieur de l'entreprise. « Proposer un accès à une technologie de pointe telle que l'IA constitue un facteur d'attractivité certain sur un marché de l'emploi tendu. Nous espérons maintenant que les femmes s'y montreront aussi sensibles que les hommes. » souligne la Directrice générale déléguée de Generali France.
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