Transavia France : l’industrialisation d’une low-cost à l’heure de la tech
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A l'été 2026, Air France aura définitivement quitté Orly. Sa filiale low-cost Transavia France reprendra les créneaux libérés, opérant alors 50 % du trafic de l'aéroport francilien. « Cela participe à notre forte croissance, qui s'explique également par l'ouverture de nouvelles destinations. Nous renforçons par conséquent notre flotte d'avions, avec des A320neo », explique Olivier Mazzucchelli, PDG de Transavia France. Cette année, la compagnie a enregistré une augmentation de 17 % du nombre de sièges offerts au kilomètre et connaîtra encore une croissance à deux chiffres l'année prochaine. « Cela nous pousse à industrialiser l'entreprise, à modifier nos systèmes et nos organisations. Avec pour objectif d'avoir des modèles robustes, pour toujours renforcer la sécurité des vols », explique le dirigeant de la compagnie.
La transformation de Transavia France est d'autant plus essentielle que, à l'échelle mondiale, les compagnies sont confrontées à des enjeux de croissance que souligne Serge Do Vale, Senior Partner, Sales Market Leader, chez IBM Consulting : « Il existe une demande croissante, que les capacités actuelles des aéroports et des compagnies aériennes peinent à satisfaire. Les innovations technologiques et les évolutions des modèles internes vont pouvoir aider à réduire l'impact de cette tension. »
Augmentation du nombre d'avions, de vols, et donc de personnel navigant et de passagers : la chaîne logistique du voyage est complexe et subit les conséquences du moindre accros météo ou opérationnel. Pour gérer l'activité, Transavia France s'appuie sur des technologies innovantes basées sur des plateformes cloud et des algorithmes de pointe. « Nous devons croiser des données extrêmement nombreuses et de nature différente pour réussir à prendre les décisions les plus efficaces - par exemple pour réallouer en temps réel les créneaux de vols ou les rotations des avions, soumises à de strictes contraintes. La technologie nous apporte un soutien majeur, en intégrant toutes ces données, en procédant à des calculs élaborés et en fournissant une aide à la décision », détaille Olivier Mazzucchelli.
Toutefois, la gestion de l'activité ne peut se faire seulement en interne, notamment pour assurer un objectif clé des compagnies : le départ des avions à D0, c'est-à-dire exactement à l'heure prévue. Ici, les interactions avec les aéroports sont cruciales, afin de fluidifier le parcours du client et de l'alerter à temps de tout changement, comme une modification de porte d'embarquement ou un long temps d'attente aux points de filtrage. « Travailler sur la fluidité des parcours nécessite une collaboration étroite entre les aéroports et les compagnies aériennes, qui doivent partager leurs données. Or cela demeure très complexe, car il n'existe pas de plateforme unique pour procéder à ce partage. De plus, certains aéroports se montrent très proactifs, comme Orly, tandis que d'autres sont plus réticents. »
Le départ à D0 est aussi fonction des infrastructures aéroportuaires en elles-mêmes. Là encore, les compagnies innovent, dans un souci d'efficacité. Transavia France recommande ainsi de procéder à un pré-enregistrement, avec les smartphones, permettant d'aiguiller les passagers au plus près de l'avion. Puis, pour optimiser l'embarquement et le débarquement, d'avoir des passerelles au contact, à l'avant et à l'arrière de l'avion. « Cela implique d'avoir les infrastructures aéroportuaires adéquates, ce qui fait le fruit de discussions intenses entre les aéroports et les compagnies. Nous poussons en faveur d'investissements dans les infrastructures connectées, qui ont une véritable valeur ajoutée dans la gestion des flux de voyageurs », appuie le PDG de Transavia France.
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Parallèlement aux infrastructures connectées, la compagnie renouvelle également sa flotte, au profit d'avions eux-aussi connectés. Ils permettent une maintenance prédictive grâce au traitement par l'intelligence artificielle d'une large quantité de données, et à une communication directe entre l'appareil et les ingénieurs de la compagnie. « L'avion leur parle tout le temps », s'amuse Olivier Mazzucchelli, qui insiste également sur le bénéfice écologique de ces appareils connectés. Ces Airbus A320neo de dernière génération émettent 15% de CO2 en moins que les avions qu'ils remplacent et permettent une réduction de 50% de l'empreinte sonore au décollage et à l'atterrissage. D'autres actions contribuent à la décarbonation comme l'incorporation des carburants d'aviation durables, l'optimisation des trajectoires de vol ou encore l'écopilotage, pouvant aller jusqu'à 5% de réduction d'émissions de CO2 sur chaque vol.
« Nous observons ici à quel point conjuguer les data et une approche technologique de la mobilité peut apporter des bénéfices, aussi bien pour limiter les difficultés opérationnelles, améliorer la performance environnementale que fluidifier le parcours clients », analyse Serge Do Vale, d'IBM Consulting. « Cela illustre aussi la nécessité de parvenir à des intégrations toujours plus fines notamment, ici, avec les aéroports. »
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Peu conscients sans doute de tout ce qui se joue dans les coulisses, les passagers font également l'objet de toutes les attentions. « Notre modèle est celui d'une low-cost, nous proposons donc des offres à la carte et des packages. Les applications sur smartphone constituent le support adéquat pour pousser de nouvelles fonctionnalités, ou des partenariats avec des acteurs externes, comme des loueurs de voitures et des hôtels. » C'est cependant avant tout avec les autres compagnies de l'alliance Sky Team que s'opère le partage de données, démontrant encore une fois leur rôle central, qu'il s'agisse d'opérer des avions ou de proposer des repas en cours de vol.
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