Une riposte à la hauteur de la létalité de l'attentat de Mogadiscio imputé aux Shebabs. A défaut d'avoir bénéficié d'une large solidarité africaine après l'attentat le plus meurtrier de son histoire, la Somalie veut jouer la carte de la coopération sécuritaire régionale pour contrer la menace de ce groupe terroriste affilié à Al Qaida que l'on désigne comme l'auteur de l'attentat.
Après une visite, début octobre chez le Soudanais Omar El Béchir, le président somalien a atterri, ce dimanche 22 octobre à Entebbe, l'ancienne capitale de l'Ouganda, à une trentaine de kilomètres de Kampala. Au cours d'une visite à Yoweri Kaguta Museveni, son homologue ougandais, Mohamed «Formajo», le président somalien, est entré dans le vif du sujet. S'il a traversé plus de 1 500 km, c'est pour discuter de la coopération sécuritaire dans la région, mais aussi embarquer l'Ouganda dans la contre-offensive contre les Shebabs.
A 54 ans, le diplomate chevronné qu'est Mohamed Abdullahi le sait très bien. Plus que sa main tendue aux Shebab au début de sa présidence, il faudra de la fermeté pour combattre un groupe terroriste opportuniste qui exploite la moindre faille de sécurité -aux frontières poreuses comme dans le renseignement- pour frapper n'importe quel pays à sa portée. Sa présidence entamée en février denier après un laborieux processus démocratique, avec le défi premier de restaurer l'autorité de l'Etat dans ce pays miné par la guerre, en est la première illustration.
Désormais, le neuvième président de la Somalie va jouer la carte de l'union sacrée contre le groupe terroriste qui a juré sa perte. Repoussé de Mogadiscio en 2011 après une guerre asymétrique contre les militaires de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom), le groupe Al Shabab, qui contrôle une bonne partie de la Somalie, montre encore des signes de résistance.
Le groupe terroriste a signé son retour dans la capitale somalienne ce 14 octobre en faisant exploser une charge d'une portée de deux tonnes. Selon le dernier bilan établi par les autorités somaliennes, l'explosion dans l'un des carrefours commerciaux les plus fréquentés de Mogadiscio a fait 358 morts et plus de 300 blessés, soit l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du pays. A présent plus que jamais, le gouvernement somalien veut stopper la progression du groupe terroriste.
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Avec l'Amisom -dont les rangs comptent essentiellement des soldats de l'Ouganda, du Kenya, du Burundi et de l'Ethiopie, Mohamed Formajo compte également sur le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) pour venir à bout de l'hydre Shebab. Avec la coopération sécuritaire régionale, le président somalien veut aussi grossir le rang d'une super-armée pour venir à bout des shebabs. Une stratégie d'encerclement pour porter le coup fatal au groupe terroriste.
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