Les appels au dialogue à l'international se multiplient pour mettre fin à la crise politique au Togo. La France et les Etats-Unis viennent en effet de réagir cette semaine à travers des déclarations, appelant les acteurs de la crise à aller immédiatement vers le dialogue et à prévenir la violence.
Du côté français, c'est la porte-parole du Quai d'Orsay, Agnès Romatet-Espagne qui s'est voulue très précise sur la question.
Comme le rapporte Romatet-Espagne, la France reste attentive à l'évolution de la situation au Togo. «Nous sommes préoccupés par les rapports sur la présence d'hommes en civil aux côtés des forces de l'ordre, pouvant s'apparenter à des milices», a-t-elle ajouté, exhortant la classe politique à rapidement trouver une issue à la violence qui sévit dans le pays.
La position de la France est largement partagée par l'Administration Trump.
En effet, Washington est convaincue que la seule solution à la crise togolaise se trouve dans le dialogue, auquel elle a précisé qu'il fallait y aller sans condition préalable.
Tout en exhortant les acteurs à aller au dialogue, les deux puissances occidentales estiment qu'il faut mettre fin aux restrictions interdisant les manifestations aux jours ouvrés, lesquelles sont à l'origine des violences des 18 et 19 octobre dernier. Alors que le Quai d'Orsay souhaite que «le gouvernement togolais respecte le droit de manifester» et rappelle que «les manifestations doivent s'exprimer de façon pacifique », le Département d'Etat américain va se montrer plus précis encore :
Par ailleurs et à l'instar de la France au sujet des informations faisant état de massacres perpétrés par des miliciens parrainés par le gouvernement togolais, Heather Nauert a déclaré :
Le porte-parole du Département d'Etat a également exhorté le gouvernement togolais «à défendre les droits humains de ses citoyens, notamment leur liberté d'expression, de réunion pacifique et de liberté sur Internet, et à faire en sorte que toutes les personnes arrêtées lors des manifestations bénéficient du droit à une procédure régulière».
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La France et les Etats-Unis ne sont pas les premiers à réagir sur la crise togolaise, puisque l'Allemagne, les Nations-Unies, l'Union africaine et la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avaient déjà annoncé officiellement leurs positions par rapport à la situation au Togo.
Sauf qu'aucun parmi ces deniers ne s'est exprimé ouvertement sur la question de la discorde, à savoir si Faure Gnassingbé, le chef de l'Etat togolais, devrait ou non quitter le pouvoir en 2020. Interrogé à ce sujet, le président ivoirien Alassane Ouattara, en marge du sommet de la CEDEAO à Niamey sur la monnaie unique, est resté plutôt énigmatique : «Des propositions qui sont déjà faites permettent d'avancer vers plus de démocratie au Togo et nous soutenons cette initiative».
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Arrivé au pouvoir en 2005 dans un bain de sang, Faure Gnassingbé, dont la famille dirige le pays depuis plus de 50 ans, ne s'est toujours pas manifesté. L'opposition, elle, réclame le retour à la Constitution de 1992 ou que la mention «nul ne peut faire plus de deux mandats» soit introduite dans les nouveaux textes proposés. Une manœuvre qui devrait disqualifier le chef de l'Etat pour les élections de 2020, alors que l'opposition a encore une fois appelé ses rangs à manifester dans les rues les 7,8 et 9 novembre prochain.
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