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Crise au Togo : la France et les Etats-Unis appellent à un dialogue immédiat et sans « préalable »

Photo de Mounir El Figuigui

Sylvain Vidzraku

Publié le 26 octobre 2017 à 13:06 - Mis à jour le 26 octobre 2017 à 13:32

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Alors que les manifestations de l'opposition semblent connaître une trêve, la France et les Etats-Unis ont rendu officielles leurs positions sur la crise politique du pays. Les deux pays exhortent les parties impliquées dans la crise à un dialogue immédiat pouvant aboutir sur les réformes et s'inquiètent de la montée de la violence et de la restriction de la liberté de manifester.

Les appels au dialogue à l'international se multiplient pour mettre fin à la crise politique au Togo. La France et les Etats-Unis viennent en effet de réagir cette semaine à travers des déclarations, appelant les acteurs de la crise à aller immédiatement vers le dialogue et à prévenir la violence.

Du côté français, c'est la porte-parole du Quai d'Orsay, Agnès Romatet-Espagne qui s'est voulue très précise sur la question.

«La France appelle à l'ouverture d'un dialogue immédiat qui doit mener aux réformes politiques attendues, en particulier la révision de la Constitution prévoyant la limitation à deux mandats présidentiels et l'instauration d'un scrutin présidentiel à deux tours», a-t-elle déclaré.

Comme le rapporte Romatet-Espagne, la France reste attentive à l'évolution de la situation au Togo. «Nous sommes préoccupés par les rapports sur la présence d'hommes en civil aux côtés des forces de l'ordre, pouvant s'apparenter à des milices», a-t-elle ajouté, exhortant la classe politique à rapidement trouver une issue à la violence qui sévit dans le pays.

La position de la France est largement partagée par l'Administration Trump.
En effet, Washington est convaincue que la seule solution à la crise togolaise se trouve dans le dialogue, auquel elle a précisé qu'il fallait y aller sans condition préalable.

«Les États-Unis déplorent la violence qui a coûté la vie aux manifestants et aux forces de sécurité. Nous exhortons toutes les parties à renoncer à la violence. Nous encourageons le gouvernement et l'opposition à engager un dialogue sans pré-conditions, seule solution à l'impasse actuelle», a fait savoir Heather Nauert, porte-parole du Département d'Etat.

Lever les restrictions sur les manifestations

Tout en exhortant les acteurs à aller au dialogue, les deux puissances occidentales estiment qu'il faut mettre fin aux restrictions interdisant les manifestations aux jours ouvrés, lesquelles sont à l'origine des violences des 18 et 19 octobre dernier. Alors que le Quai d'Orsay souhaite que «le gouvernement togolais respecte le droit de manifester» et rappelle que «les manifestations doivent s'exprimer de façon pacifique », le Département d'Etat américain va se montrer plus précis encore :

«Les États-Unis sont profondément préoccupés par l'escalade de la violence et les restrictions à la liberté d'expression et de réunion au Togo liées aux protestations sur les réformes constitutionnelles proposées (...) Les États-Unis sont également préoccupés par la décision du gouvernement togolais de restreindre les manifestations pendant les jours ouvrables et d'arrêter un imam éminent dans la ville de Sokodé», souligne Heather Nauert dans sa déclaration.

Par ailleurs et à l'instar de la France au sujet des informations faisant état de massacres perpétrés par des miliciens parrainés par le gouvernement togolais, Heather Nauert a déclaré :

«Nous sommes particulièrement préoccupés par les informations faisant état d'un recours excessif à la force par les forces de sécurité et signalons que des groupes de vigilance parrainés par le gouvernement utilisent la force et la menace de la force pour perturber les manifestations et intimider les civils».

Le porte-parole du Département d'Etat a également exhorté le gouvernement togolais «à défendre les droits humains de ses citoyens, notamment leur liberté d'expression, de réunion pacifique et de liberté sur Internet, et à faire en sorte que toutes les personnes arrêtées lors des manifestations bénéficient du droit à une procédure régulière».

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Rien sur la pomme de la discorde

La France et les Etats-Unis ne sont pas les premiers à réagir sur la crise togolaise, puisque l'Allemagne, les Nations-Unies, l'Union africaine et la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avaient déjà annoncé officiellement leurs positions par rapport à la situation au Togo.

Sauf qu'aucun parmi ces deniers ne s'est exprimé ouvertement sur la question de la discorde, à savoir si Faure Gnassingbé, le chef de l'Etat togolais, devrait ou non quitter le pouvoir en 2020. Interrogé à ce sujet, le président ivoirien Alassane Ouattara, en marge du sommet de la CEDEAO à Niamey sur la monnaie unique, est resté plutôt énigmatique : «Des propositions qui sont déjà faites permettent d'avancer vers plus de démocratie au Togo et nous soutenons cette initiative».

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Arrivé au pouvoir en 2005 dans un bain de sang, Faure Gnassingbé, dont la famille dirige le pays depuis plus de 50 ans, ne s'est toujours pas manifesté. L'opposition, elle, réclame le retour à la Constitution de 1992 ou que la mention «nul ne peut faire plus de deux mandats» soit introduite dans les nouveaux textes proposés. Une manœuvre qui devrait disqualifier le chef de l'Etat pour les élections de 2020, alors que l'opposition a encore une fois appelé ses rangs à manifester dans les rues les 7,8 et 9 novembre prochain.

Sylvain Vidzraku

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