La violence est encore au rendez-vous ce jeudi 19 octobre au Togo lors des manifestations de l'opposition. Mettant en action militaires, gendarmes, policiers, miliciens et civils, plusieurs sources ont pu constater l'escalade de la violence dans le pays, surtout dans la capitale, où un peu partout, les jeunes ont affronté, avec des cailloux, des corps habillés ou des miliciens armés.
Dans son bilan officiel présenté à la fin de la journée, le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le colonel Damehame Yark, a déclaré qu'il n'y a pas eu de perte en vies humaines, ni de blessés, mais seulement six personnes interpellées. Un bilan fortement contesté par l'opposition.
D'après les déclarations de Brigitte Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de la coalition des quatorze partis de l'opposition, la journée ce jeudi a été aussi sanglante que celle du mercredi, faisant «trois morts, 44 personnes blessées par balles réelles tirées de pistolets silencieux ou par balles en caoutchouc et 55 arrestations». Adjamagbo Johnson a expliqué que les forces de sécurité et de défense se sont encore positionnées aux points de départ prévus, «accompagnées de milices très mobiles».
Adjamagbo Johnson a ajouté que Sokodé, Bafilo et Tchamba sont toujours en état de siège et les habitants ont encore reçu la visite des forces de l'ordre chez eux à la maison. De quoi agacer le colonel Yark.
Le ministre de la Sécurité, pour qui d'ailleurs il n'y avait pas de milice, mais plutôt des «groupes d'auto-défense», a confié qu'il ne croit pas aux chiffres de l'opposition.
Le ministre de la Communication, Guy Madje Lorenzo, n'a pas hésité à appuyer ce dernier en accusant l'opposition «d'exacerber les passions». «Aujourd'hui, personne ne gagne à faire la comptabilité des blessés et des morts», a-t-il ajouté.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pour la coalition de l'opposition, la pression sur le gouvernement devrait être maintenue afin qu'il cède. Après les manifestations réprimées à la fois par les forces de l'ordre et de sécurité et les milices organisées, la Coalition a appelé les militants à encore sortir massivement, ce vendredi 20 octobre, pour contester le pouvoir. «Nous lançons un appel à l'opposition pour qu'elle résiste et le mot d'ordre reste valable pour demain. Nous continuerons à manifester avec les points de départ et les itinéraires prévus», a déclaré hier la coordinatrice de la coalition de l'opposition, à l'endroit des populations. Mais ce matin, comme hier, les ronds-points étaient pris très tôt et dans certains quartiers de Lomé, les bastonnades dans les maisons ont continué. Certains travailleurs ont même été relâchés avant de retourner chez eux. Mais malgré le climat délétère qui règne, des jeunes décidés continuent de résister.
Après deux mois de lutte acharnée pour demander le départ du président togolais Faure Gnassingbé, l'opposition a fait appel au chef d'Etat français, Emmanuel Macron. D'après Tikpi Atchadam, leader du Parti national panafricain, si tous les chefs d'Etat de la sous-région ouest-africaine qui ont des relations bilatérales avec le chef de l'Etat togolais, Faure Gnassingbé, font des pieds et des mains pour résoudre la crise au Togo et que cela n'aboutit à rien, il y a un seul président dont le mot manque à l'appel. Pour Atchadam, il s'agit du président français.
À lire également
«Le pays de la liberté et de la démocratie ne va pas attendre que la liberté et les droits de l'homme soient bafoués dans un pays comme le Togo et nous y croyons fermement», complétera le président du PNP, considéré comme le héros de la nouvelle orientation de la lutte depuis le 19 août 2017.
Pourtant, quelques minutes plus tôt, la France réagissait en condamnant les violences et appelant les acteurs politiques à entamer un dialogue.
C'est à travers le Quai d'Orsay que la France a réagi à la situation au Togo. Lors d'un point de presse, le ministre français des Affaires étrangères a déclaré :
Entre temps ce matin, les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), boycottée par l'opposition, ont prêté serment devant la Cour suprême.
En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?
A Rabat, l'économie au coeur des échanges entre Mohammed VI et l'Alliance des Etats du Sahel
« Les partenariats conclus avec la France placent le Maroc comme corridor unique entre l’Afrique et l’Europe »
Macron à Rabat ou comment le partenariat France-Maroc peut « inspirer » la coopération Europe-Afrique