Dans les Alpes-de-Haute-Provence la pénurie d'ophtalmologistes s'accentue
Rémi Baldy
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Le manque d'ophtalmologistes sur certains territoires s'accentue. Dans la région, c'est le département des Alpes-de-Haute-Provence qui est le plus touché avec onze professionnels pour une population de 165 000 personnes. En ratio, cela donne moins de sept pour 100 000 habitants, soit l'un des pires de France selon le rassemblement des opticiens de France (ROF).
La tendance devrait même s'aggraver, puisque dans une étude menée par le ROF ce dernier assure que le ratio tombera à 4,7 pour 100 000 habitants d'ici cinq ans. Soit bien en dessous du seuil de pénurie qui se situe à sept professionnels indique le syndicat. Cet appauvrissement de l'offre médicale, qui touche la France entière avec 49 départements concernés aujourd'hui, avait déjà fait l'objet d'un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (Igas) en janvier 2020. L'agence publique avait alors livré 28 recommandations pour "faciliter l'accès aux soins des usagers, lutter contre le renoncement aux soins et réduire le délai d'attente".
Le ROF s'appuie donc sur ce document et sur ses propres chiffres pour insister sur l'urgence de prendre des mesures pour faciliter l'accès aux soins. Forcément, le syndicat souhaite que les opticiens puissent "faciliter l'accès à un équipement optique ou à son renouvellement". Pour l'organisme, "l'impact d'une réforme serait alors immédiat" car "ils sont les professionnels de la vision les plus nombreux et les mieux répartis sur le territoire. Ils sont déjà formés, installés et disposent du matériel nécessaire à la réalisation d'examens oculaires et d'espace pour organiser des téléconsultations avec un ophtalmologiste, si elles sont enfin autorisées".
Dans un département comme les Alpes-de-Haute-Provence, les patients doivent aujourd'hui attendre plusieurs mois pour prendre un rendez-vous. L'autre solution est tout simplement de se rendre ailleurs, à Gap ou Aix-en-Provence notamment. Le territoire est d'autant plus en difficulté que comme le ROF le souligne "le recours aux orthoptistes ne sera pas forcément la solution dans les protocoles de coopération puisqu'eux aussi sont en sous-densité avec moins de 5 professionnels pour 100 000 habitants". Pour ce qui est des opticiens, bien que l'on en comptabilise 44 pour 100 000 habitants cela reste bien inférieur à la moyenne nationale de 55.
Rémi Baldy