« Malgré [un] contexte contraignant et préoccupant, nous avons souhaité présenter un budget que nous qualifions sans hésiter de responsable et offensif. Il fallait faire preuve de beaucoup d'audace et de courage : ce n'est jamais de gaité de cœur que l'on augmente la taxe foncière. [...] Ce budget vise à tenir le cap de la transition écologique » a fait valoir Pierre Hurmic en amont du conseil municipal du 4 avril.
Un mois après l'annonce d'une augmentation modérée de la taxe foncière, le maire de Bordeaux et son équipe ont mis aux voix leur feuille de route budgétaire pour l'année 2023. Avec une enveloppe globale de 599 millions d'euros, le budget bordelais est en hausse de 12 % par rapport à l'année précédente, du fait de l'augmentation de la fiscalité locale par la municipalité et par la base de calcul de l'État. Des finances regonflées qui vont permettre d'absorber un choc de 30 millions d'euros de dépenses supplémentaires subi depuis le Covid tout en poursuivant la forte dynamique d'investissement initiée depuis le début du mandat.
Ce que contient le budget
Le budget municipal prévoit notamment pour l'année 2023 la création d'une cinquantaine de places en crèche, de dix postes d'agents de sécurité municipaux et l'ouverture de la maison France services des Aubiers. Porté à un peu plus de 8 millions d'euros, le programme de végétalisation de la ville est en repli (-1 million d'euros par rapport à 2022). Les dépenses de fonctionnement augmentent pour leur part de 2,8 %.
« Ce budget permet de préserver notre épargne brute et, surtout, notre capacité à investir puisque ce sont 151 millions d'euros d'investissements qui sont prévus en 2023, en augmentation de 15 %, sans exiger d'emprunt massif et donc sans dégrader les perspectives financières à court et à moyen terme » a ainsi détaillé Caudine Bichet, adjointe aux finances.
Pourtant, un indicateur montre que la situation va bien se dégrader du côté des capacités de désendettement de la ville. Le taux d'épargne brute, qui désigne le reste de trésorerie disponible pour rembourser les dettes une fois les dépenses effectuées, ne s'élèvera qu'à 7,2 % du budget en 2023 selon les projections des écologistes. Or, la barre des 7 % est considérée comme un seuil d'alerte pour les finances des municipalités qui se retrouvent alors en situation délicate pour assurer leur désendettement.