« Les PME comme les ETI ont un rôle à jouer dans la création d’entreprise dans les quartiers prioritaires » (Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d’Etat)

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
LA TRIBUNE - Quelle est la philosophie du dispositif Entrepreneuriat Quartiers 2030 ?
SABRINA AGRESTI-ROUBACHE - C'est une idée du Président de la République, qui l'a annoncé en juin dernier, à Marseille. L'objectif est simple, c'est donner la possibilité aux jeunes - mais aussi aux moins jeunes - de créer leur entreprise. Je crois à l'entreprenariat, à l'autonomie, au rôle des petites, moyennes et grandes entreprises. L'entreprise est aussi une possibilité d'émancipation pour des femmes. Ce dispositif dispose d'une enveloppe de 456 millions d'euros, pour la période 2024-2027, et ce davantage que pour notre programme précédent, avec l'objectif de permettre la création de 100.000 entreprises. C'est pour cela que ce dispositif, nous le portons avec Olivia Grégoire, la ministre des PME, du Commerce et de l'Artisanat mais également avec Catherine Vautrin, la ministre du Travail. Un suivi est prévu, car je connais une chose, c'est la nécessité d'un suivi précis, très régulier, afin de savoir qui nous avons aidé, si des blocages existent et comment les lever. Il faut donner un rythme. Ceux qui souffrent ne peuvent attendre. Ce que je veux, c'est que dans les quartiers sensibles, les bas d'immeubles ne soient plus occupés que par des crèches, des commerces, des salles de sport... Il faut un changement de paradigme.
Souvent, les jeunes et plus largement les habitants de ces quartiers n'ont pas toujours connaissance des dispositifs existants. De même, tout le monde n'est pas fait pour être entrepreneur...
Certains dispositifs sont souvent éloignés de la cible que l'on doit servir. Sur ce point, nous nous appuyons sur les associations, les réseaux, notamment les chambres de commerce et d'industrie, les chambres des métiers et de l'artisanat, les préfets... Ce sont des puissances locales, des forces vives des territoires. Bien sûr, il est vrai que tout le monde ne peut être entrepreneur mais ce qu'il faut, c'est savoir accompagner vers l'emploi et permettre à tous d'avoir les clés pour se lancer. Ce programme est très complet : avec des stages, afin d'acculturer très tôt à l'entreprenariat, avec des options dans les lycées professionnels pour apprendre la base de la gestion d'entreprise - les premières sont lancées cette année. Avec, aussi, des réseaux d'accompagnement pour être aidé au fil des étapes du lancement de son entreprise et de nouveaux sites physiques - objectif 60 carrefours de l'entreprenariat - pour pouvoir trouver toutes les réponses au même endroit. Et avec plusieurs types de financement, pour avoir des solutions adaptées aux besoins de chacun. Les entreprises ainsi créées doivent aussi pouvoir regarder vers l'international, quand cela est opportun et qu'elles atteignent la maturité nécessaire. Je crois à la formation professionnelle, à la reconversion. Ce dispositif est complémentaire des autres dispositifs existants, c'est la brique qu'il manquait.
Laurence Bottero