« Le chef de l'Etat a décidé d'une dissolution de confort qui porte un risque insensé de donner les clés de la France à l'extrême-droite ! », alerte Pierre Hurmic. S'il se félicite que celle-ci ne soit pas arrivée en tête à Bordeaux, le maire écologiste se dit « très inquiet » alors que le Rassemblement national et Reconquête y ont obtenu, en cumulé, près de 18 % des suffrages. Un score plus faible qu'au niveau national mais historiquement haut pour Bordeaux, traditionnellement décrite comme une terre de modération. C'est dans ce contexte que les trois députés élus en 2022 - Thomas Cazenave (Renaissance), Nicolas Thierry (Nupes/Ecologistes) et Loïc Prud'homme (Nupes/LFI) - ont été réinvestis et se sont déjà lancés dans cette campagne électorale éclair en vue des 30 juin et 7 juillet.
Et c'est bien dans la 1ere circonscription de Gironde, qui mêle quartiers populaires et aisés du nord-ouest de Bordeaux et les communes de Bruges et du Bouscat, que le match s'annonce le plus serré. Ministre délégué chargé des Comptes publics depuis l'été 2023, Thomas Cazenave l'avait emporté assez nettement au printemps 2022. Le candidat macroniste avait réuni 59 % des suffrages contre Catherine Cestari (Nupes), soit une avance confortable de 5.600 voix. Mais le résultat des élections européennes du 9 juin devrait lui donner des motifs d'inquiétude. La liste de la majorité présidentielle, menée par Valérie Hayer est bien arrivée en pole position à l'échelle de la circonscription mais seulement d'une courte tête avec 19,7 % contre 19,6 % à Raphaël Glucksmann et 17,5 % au Rassemblement national. Et le camp macroniste dispose d'un réservoir de voix a priori plus limité qu'à gauche puisque l'addition des listes du Front populaire y dépasse les 38 %.