Loin d'aboutir à une vague de l'union de la gauche, le second tour des élections législatives s'est traduit en Gironde par l'érosion marquée d'Ensemble (LREM, Modem et Horizons) qui a perdu un tiers de ses députés girondins puisque le parti présidentiel n'en compte plus que sept contre onze en 2017. Néanmoins, à l'issue de plusieurs duels très serrés, les candidats de la majorité présidentielle ont limité les dégâts en sauvegardant la plupart des députés sortants. Sur fond de participation faible (46,23 % au niveau national), les députés girondins ont bénéficié de la prime au sortant permettant notamment des victoires sur le fil en Sud Gironde et dans l'Entre-deux-Mers.
Une résilience qui ne cache pas les trois défaites très symboliques pour la majorité sortante : dans les deux circonscriptions du nord de la Gironde c'est l'extrême-droite qui l'emporte largement tandis qu'à Bordeaux centre, Catherine Fabre a été battue par l'écologiste Nicolas Thierry de la Nupes.
Ce scrutin législatif marque donc une forme de rééquilibrage politique du territoire assez cohérent avec le tripartisme qui s'impose sur la scène politique nationale autour des trois blocs que sont la majorité présidentielle centriste ; l'extrême-droite et l'union de la gauche.
Le Rassemblement national remporte ainsi les deux circonscriptions rurales du Médoc et du Blayais grâce à des figures localement bien implantées Grégoire Fournas et Edwige Diaz. La Nupes se concentre sur Bordeaux et la rive droite de l'agglomération bordelaise tandis que les sept députés LREM sont élus à l'ouest de l'agglomération, dans le périurbain et dans le sud du département.