C. Barbier : "Si le prochain président ne réforme pas, ce sera l'effondrement"
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Vous utilisez le terme de « Sarkollande » pour résumer ces deux mandats. C'est donc le même échec, à l'issue ?
Oui, c'est une seule et même déconvenue. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont tous les deux affirmé leur volonté de réformer et de briser la malédiction du chômage, et tous les deux ont échoué. Le premier a voulu lutter contre la crise financière de 2008, mais il a agi comme s'il s'agissait d'une crise cyclique de cinq ans, alors que c'était une mutation économique globale. Le second n'a pas fait les réformes économiques, fiscales ou sociales dont le pays a besoin. Et tous les deux, sur un plan personnel, ont aussi échoué à incarner la fonction présidentielle.
À vous lire au fil des chroniques, on remarque ces deux débuts de mandats ratés, avec d'énormes fautes en communication, entre le yacht de Vincent Bolloré d'un côté, et un président inerte sous la pluie de l'autre...
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Ce sont deux débuts ratés mais pour des raisons différentes. Sarkozy était un personnage qui a dévoré la fonction. Il a fait du Sarkozy avant toute chose, avant même d'exercer la fonction, comme on l'a vu avec la mise en scène de son mariage avec Carla Bruni, ou le choix de ministres un peu people, Rachida Dati et autres. Il a alors affiché un grand surmenage, ce qui a en effet gâché le début de son quinquennat. Hollande a fait le contraire : la fonction a supplanté l'homme. Il n'avait pas la dimension, comme l'ont montré ses trois semaines de vacances prises sitôt élu, ou cette session parlementaire extraordinaire de juillet 2012, totalement vide alors qu'un rapport de la Cour des comptes l'enjoignait de réformer. Enfin, il y a aussi eu un problème d'impréparation. Aucun d'eux n'avait autour de lui d'équipe déjà constituée et prête à dégainer ses textes au Parlement. Ils ont pris six mois pour les former. À leur retour de congés fin août, la conjoncture économique les avait déjà débordés.
Partagez-vous cette théorie des « 100 premiers jours », délai pendant lequel un président devrait lancer ses plus fortes réformes ?