« L’État devra s’appuyer sur les seuls élus capables de donner une réponse de proximité : les maires »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Philippe Saurel présente ses ambitions pour un 2e mandat, le 19 février
Anthony Rey
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Philippe Saurel présente ses ambitions pour un 2e mandat, le 19 février
Anthony Rey
Le gouvernement s'apprête à présenter un plan de déconfinement. Que pensez-vous de cette perspective de déconfinement à compter du 11 mai ?
Philippe Saurel : « Le déconfinement, on le décrète quand il y a une perte de vitesse conséquente du virus d'après des tests sérologiques fiables... Avant de parler de déconfinement, il faut pouvoir faire des tests, isoler les malades, donner des masques à tous les individus, afin de passer d'un confinement statique à un confinement mobile, c'est à dire se déplacer en conservant les gestes barrière, en respectant les distanciations sociales, en portant des masques. C'est la seule façon de gérer une crise sanitaire ! Tant qu'on n'a pas tout ça, notamment des masques et des tests, on opte pour une méthode connue : le confinement. C'est symptomatique de la gestion de cette crise : avant le 1e tour, on nous a dit de fermer les écoles car ils étaient des foyers de propagation. Une semaine après, le gouvernement nous demande de les rouvrir pour faire voter les gens. Bilan : les élus paient un fort tribut. Aujourd'hui, on nous demande de les rouvrir pour accueillir les enfants tandis que les bars et les restaurants restent fermés ! Ma position est celle du soignant (Philippe Saurel est chirurgien-dentiste de profession, NDLR), diplômé en virologie, en bactériologie et en économie de la santé. Je sais un peu de quoi je parle. C'est la même position que le Conseil national de l'Ordre des médecins, que l'INSERM, que l'association des maires de France, que le président des maires de l'Hérault et d'autres maires comme ceux de Tulle ou de Lille, ou que Martine Vassal, la présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. »
Faut-il aller dans le sens d'une plus grande décentralisation, et quel rôle et quelles responsabilités souhaitez-vous voir accorder aux intercommunalités et aux villes ?
À lire également
« L'État n'a plus de services de santé de proximité efficaces. Les ARS (agences régionales de santé, NDLR) sont devenues régionales, avec des territoires monstrueux à couvrir, comme l'Occitanie par exemple, un pays à elle toute seule ! Quand on sera véritablement en période de déconfinement, l'État devra alors s'appuyer sur les seuls élus capables de donner cette réponse de proximité : les maires. C'est la raison pour laquelle le Président de la République a valorisé le couple maire-préfet. En temps de crise sanitaire de cet ordre, c'est le maire qui centralise l'action face à la crise, en liaison avec le préfet. Il faut séparer ce qui est politique du traitement sanitaire de la crise. »
« Sébastien Lecornu est un homme averti et habile, qui saura trouver des compromis raisonnables » (Patrick Martin, Medef)
TER à 1 euro : en Occitanie, la mesure démontre des vertus et des points de fragilité
Déserts médicaux : « La fracture sanitaire se creuse en Occitanie »
Les collectivités recourent de plus en plus aux cabinets de conseil, selon les Chambres régionales des comptes