SERIE (2/2) - Début octobre 2020, Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier, lançait son plan de lutte contre la pauvreté sur plusieurs fronts en même temps. En pleine crise sanitaire, laquelle n’a pas fini de révéler ses répercussions sociales, et six mois après l’engagement de ce plan, où en est-on de son application sur le terrain ? Revue de détail avec les deux élus à la Ville et à la Métropole, en charge de ces questions : Clara Gimenez et Michel Calvo.La crise sanitaire du Covid-19 n'aura fait qu'aggraver la situation des plus précaires, notamment des jeunes, avec des conséquences sociales et économiques dont on ne peut encore pleinement prendre mesure... Si les répercussions attendues seront « majeures » selon l'Observatoire des inégalités, ce sont surtout les remontées de terrain et les alertes des associations en charge de la distribution alimentaire qui ont, pour l'heure, renvoyé les premiers signes d'une montée de la pauvreté.
Avec 26% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, quand la moyenne nationale est de 14%, Michaël Delafosse, le maire et président de la Métropole de Montpellier, a voulu acter son engagement dans la lutte contre la pauvreté dès le début de son mandat. La Ville, la Métropole et le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de Montpellier ont donc dégainé un plan dédié dès octobre 2020.
Ce plan à 1 million d'euros par an sur trois ans est financé par les différentes parties prenantes : 484.500 euros pour la Ville de Montpellier, 152.000 euros pour le CCAS et 363.500 euros pour la Métropole, 50% de ces subventions étant financés par l'État, soit 500.000 euros. Soit la mobilisation d'un million d'euros par an, pour les années 2020 à 2022. Il a été orienté selon trois axes prioritaires : l'accès au droit et à la santé, la lutte contre la précarité alimentaire et l'inclusion sociale et professionnelle.
« On ira chercher le moindre euro avec les dents »
Depuis plusieurs mois maintenant, deux élus à la Ville et à la Métropole sont sur le pont : Michel Calvo, délégué à la Ville fraternelle et solidaire (PS), et Clara Gimenez, vice-présidente à la Métropole déléguée à la politique de la ville et à la cohésion sociale (PCF).
« Je suis en charge de la vie étudiante et je vois leur situation se dégrader,témoigne aujourd'hui Clara Gimenez. Ce qui m'inquiète, ce sont les conséquences sur le plus long terme, les entreprises qui vont fermer. Nous voulons rendre visibles les dispositifs qui existent pour les étudiants, mis en place par l'université, le Crous, des associations, et apporter une réponse sur l'isolement social et le risque de suicide. Par exemple, nous ouvrons les Maisons pour tous pour qu'ils puissent y travailler en petits groupes. »