LA TRIBUNE - Montpellier est dans la dernière ligne droite de la désignation de la ville française qui sera Capitale européenne de la culture en 2028*, en compétition avec Bourges, Clermont-Ferrand et Rouen. En quoi la candidature héraultaise est-elle d'envergure « européenne » ?
Emmanuel NEGRIER, chercheur en science politique au Centre d'études politiques et sociales (CEPEL), spécialisé dans les politiques culturelles - Il y a deux réponses possibles. Considérer que la candidature de Montpellier, comme les autres, soutient une dimension européenne au sens des liens, coopérations et logiques de programmation qu'elle contient. Mais également, en quoi correspond-elle aux critères de l'Union européenne pour être Capitale européenne de la culture ? Ces critères sont très ouverts, divers, et potentiellement contradictoires. Par exemple, développer une programmation artistique mais aussi défendre l'art pour des causes et des enjeux plus larges comme la question de l'eau, de durabilité environnementale, de cohésion territoriale et sociale, d'inclusivité, de parité, d'ouverture à une diversité de publics et de formes artistiques ("L'Eau qui nous relie", "le Futur en séries" et "Trans !" dans la candidature de Montpellier, NDLR). C'est la balance entre des objectifs intrinsèquement culturels et des objectifs extrinsèques, en collant à ces enjeux de manière pertinente et équilibrée.