Un an à la mairie de Toulouse, quel bilan pour Jean-Luc Moudenc ?
Emmanuelle Durand-Rodriguez
Emmanuelle Durand-Rodriguez
La consigne est claire au Capitole : pas d'interview ni de prise de parole sur le bilan de la première année de la droite au Capitole avant la fin avril. Jean-Luc Moudenc, pourtant élu le 30 mars, a fait le choix de célébrer cet anniversaire le 24 avril, jour de son élection à la présidence de Toulouse Métropole. Il n'accorde donc aucune interview sur ce thème et a fait passer la même consigne à ses élus. Une conférence de presse est prévue fin avril, rien d'ici là.
Si Jean-Luc Moudenc ne souhaite pas s'exprimer sur son bilan, ses opposants, eux, ne s'en privent pas, d'autant qu'ils ont tôt fait d'associer la défaite de la droite hier en Haute-Garonne à un échec personnel du maire de Toulouse. Fort de son élection aux législatives en 2012 puis aux municipales en 2014, Jean-Luc Moudenc s'est en effet peu à peu imposé comme le chef de file de la droite départementale voire régionale. Il s'était fortement impliqué dans les sénatoriales de septembre 2014 (avec succès) puis dans la préparation des listes pour les départementales de mars, œuvrant notamment pour un rassemblement de toute la droite UMP, UDI et Modem. Le revers subi par son camp lors du scrutin d'hier (6 élus sur 54 au Conseil départemental) lui revient assez logiquement en boomerang.
Selon Claude Raynal, sénateur et président du groupe socialiste à Toulouse Métropole, "les résultats des élections départementales constituent un désaveu cinglant pour la droite et le centre dans leur ensemble et Jean-Luc Moudenc en particulier. Il a pris la tête de ses troupes pendant cette campagne et les électeurs lui ont donné un carton rouge." Une analyse partagée par Pierre-Nicolas Bapt, secrétaire général du PRG 31, qui estime que le maire de Toulouse a "fait une faute politique en municipalisant le débat" et qui dénonce par ailleurs le choix qui a été fait de "mettre la sécurité en tête des priorités pour les départementales".
De son côté, Georges Méric, nouvel homme fort de la gauche départementale et probable successeur de Pierre Izard à la présidence du Conseil départemental, estime que depuis un an "Jean-Luc Moudenc a fait des fautes politiques, notamment la remise en question du prolongement de la ligne B du métro toulousain".
Quant à Pierre Cohen, qui a quitté le Capitole sonné par l'échec de la gauche aux municipales, il fait un bilan sans appel.
Les communistes dénoncent eux aussi la première année de mandat de Jean-Luc Moudenc. Début mars, l'élu communiste Pierre Lacaze a accusé le maire UMP d'être "devenu le représentant de la droite dure toulousaine", dénonçant l'embauche de policiers municipaux au détriment d'agents des écoles, des crèches, des espaces verts et des services sociaux culturels. Rebondissant sur la volonté de gouverner au centre annoncée il y a un an par Jean-Luc Moudenc, Pierre Lacaze estime :
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Même type d'argumentaire du côté d'Europe Écologie-Les Verts. Régis Godec, conseiller municipal de Toulouse et conseiller communautaire à Toulouse Métropole, estime que Jean-Luc Moudenc, "malgré son habileté à montrer un profil accommodant, donne uniquement des gages à la droite. Sa politique est très éloignée de qu'aurait fait Dominique Baudis", l'ancien élu de Toulouse dont le maire actuel se réclame. "Il faudrait tomber le masque maintenant, poursuit Régis Godec. Qu'il arrête de dire qu'il ne fait pas de politique politicienne alors qu'il a la gestion d'un secrétaire général de l'UMP 31." Et de laisser entendre que la composante centriste des élus de la majorité municipale n'était pas très à l'aise avec le tour pris par les choix politiques du maire.
"Faux", rétorque Jean-Luc Lagleize, président du Modem 31. Adjoint au maire de Toulouse, celui-ci accepte de répondre à nos questions "mais en tant que chef de parti", prend-il soin de souligner, "pas en tant qu'adjoint au maire..."
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Au soir du 10 avril, on peut penser qu'il y aura davantage d'éléments pour tirer un premier vrai bilan. Ce jour-là, le budget sera présenté en conseil municipal. Intégrant la baisse drastique des dotations de l'État (jusqu'à 234 millions d'euros pour Toulouse entre 2014 et 2020), ce premier budget de l'ère Moudenc devrait être marqué par un vaste plan d'économies.
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