Capitale de la grande région : Toulouse préférée à Montpellier ?
Cécile Chaigneau (à Montpellier) et Sophie Arutunian (à Toulouse)
Cécile Chaigneau (à Montpellier) et Sophie Arutunian (à Toulouse)
Tombée sur les ondes d'Europe 1, l'information a fait le tour des médias aux premières heures du lundi 13 avril : une liste établissant les 13 chefs-lieux provisoires placerait Toulouse en capitale de la future grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, au détriment de Montpellier. Un cas qui, toujours selon la radio, fut « le plus épineux »...
À Montpellier, le maire Philippe Saurel avait très tôt annoncé qu'il était favorable à « deux grandes métropoles qui se développent en complémentarité ». Comprendre que Montpellier ne souhaitait pas jouer les seconds rôles. À Toulouse, le maire Jean-Luc Moudenc avait assuré qu'il n'y aurait pas de situation de monopole, déclarant que « l'unification ne signifie pas la concentration ».
C'est justement le schéma qui pourrait être appliqué en Normandie, toujours selon Europe 1 : au terme de l'accord auquel serait parvenu Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères par ailleurs longtemps député de Seine-Maritime (76), la ville de Caen (14), capitale historique, deviendrait chef-lieu de région, alors que Rouen (76) aurait la garantie d'héberger le Conseil régional. Ce système de compensation pourrait-il être déployé dans d'autres régions où l'opposition est aussi forte ? Les élus du Languedoc-Roussillon vont-ils le demander ?
Si la sphère médiatique s'est emballée, le ministère de la Décentralisation et de la Fonction publique, contacté par Objectif News, ne confirme néanmoins pas l'existence de cette liste.
Selon un proche d'André Vallini, secrétaire d'État à la Réforme territoriale, « cette liste est bidon et rien n'est décidé. Ce que l'on sait, c'est que dans quelques jours, le ministère de l'Intérieur va communiquer en Conseil des ministres et que dans la foulée, les préfets préfigurateurs seront nommés. Ce sera celui de Midi-Pyrénées ou celui de Languedoc-Roussillon. Ils auront un rôle clef ».
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La désignation du préfet préfigurateur par le gouvernement était attendue pour le 15 avril mais serait vraisemblablement repoussée au 22 avril. C'est lors de ce même conseil des ministres que serait validée la liste des 13 chefs-lieux provisoires des nouvelles régions. De source non officielle mais proche du dossier, ce préfet préfigurateur serait l'actuel préfet de région Midi-Pyrénées, Pascal Mailhos.
Sur la capitale de la future région, le proche d'André Vallini ajoute :
Du côté des deux Conseils régionaux, la même réponse est faite par les services presse : la liste publiée ce matin n'a pas été confirmée, donc pas de commentaires. Les deux présidents Martin Malvy et Damien Alary travailleraient ensemble aujourd'hui à Toulouse.
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a été le premier à réagir dans l'après-midi.
Philippe Saurel, le maire de Montpellier et président de la Métropole Montpellier Méditerranée, s'est s'exprimé, quant à lui, lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi.
À la question sur la pertinence de déployer le même mécanisme de compensation qu'à Caen et Rouen, Philippe Saurel répond : « Pas forcément, mais cela démontre que quelque chose peut être fait. Si ce n'était pas le cas, la résistance devra avoir des accents plus politiques, avec plus de corps. Je ne laisserai pas la grande Région et Solferino tenir en laisse la Métropole de Montpellier ! »
Ces événements ont-ils décidé l'élu à officialiser sa candidature aux futures élections régionales ? « Les indicateurs sont tous au vert et j'attends d'autres signaux pour me prononcer, déclare-t-il. Je n'exclus aucune hypothèse. »
Le processus officiel dit que chaque Conseil régional devra adopter, avant le 1er juillet 2016, une résolution unique comportant l'avis au gouvernement relatif à la fixation du nom et du chef-lieu définitifs de la région. Ils seront alors fixés par décret en Conseil d'Etat avant le 1er octobre 2016. Les élus ont donc jusqu'en juillet 2016 pour faire des propositions. Mais c'est le gouvernement qui aura le dernier mot.
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En fin de journée, un communiqué du ministère de l'Intérieur déclare que le gouvernement présentera les principes et le calendrier de la réforme de l'Etat en régions le 22 avril, ainsi que les fonctions des préfets préfigurateurs. Il ajoute que la liste des chefs-lieux provisoires sera arrêtée par décret durant l'été, après concertation. Il ne confirme ni n'infirme l'existence de la liste révélée en début de journée.
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