Capitale de la future grande région : Toulouse préférée à Montpellier ?
Cécile Chaigneau (Montpellier) et Sophie Arutunian (Toulouse)
Cécile Chaigneau (Montpellier) et Sophie Arutunian (Toulouse)
Tombée sur les ondes d'Europe 1, l'information a fait le tour des médias aux premières heures, ce lundi 13 avril : une liste établissant les 13 chefs-lieux provisoires des futures régions placerait Toulouse en capitale de la future entité Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées, au détriment de Montpellier. Selon Europe 1, le cas de Toulouse et Montpellier aurait été "le plus épineux" pour le gouvernement. Néanmoins, l'existence de cette liste n'est pas confirmée, ni par le ministère de la Décentralisation, ni par le ministère de l'Intérieur. Un proche d'André Vallini, secrétaire d'État à la réforme territoriale, affirme même que cette liste est "bidon" et que "rien n'a été décidé".
Pour le moment, ni Martin Malvy (président du Conseil régional de Midi-Pyrénées), ni Damien Alary (son homologue de Languedoc-Roussillon) n'ont souhaité réagir. Il se trouve que les deux élus sont justement ensemble en séance de travail ce lundi, à Toulouse.
Le maire de Toulouse "ne commentera ce choix que lorsque l'annonce sera faite officiellement." Pour autant,
Autre son de cloche du côté de Montpelier ou le maire, Philippe Saurel veut entrer "en résistance":
Si la liste dévoilée ce matin n'est pas validée par les ministères, une chose est sûre en revanche : lors d'un prochain Conseil des ministres (aucune date précise n'a été communiquée), le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve va communiquer sur la mise en place de la réforme territoriale. Selon un proche d'André Vallini, "on sait que, dans quelques jours, le ministère de l'Intérieur va communiquer en Conseil des ministres et que, dans la foulée, les préfets préfigurateurs seront nommés. Pour la grande région Languedoc-Roussillon, il s'agira de l'un ou l'autre des deux préfets de région. Il aura un rôle clé dans la mise en œuvre de la réforme".
La désignation du préfet préfigurateur par le gouvernement était en effet attendue pour le 15 avril mais serait vraisemblablement repoussée au 22 avril. De source non officielle mais proche du dossier, ce futur préfet préfigurateur serait l'actuel préfet de région Midi-Pyrénées, Pascal Mailhos. C'est lors de ce même Conseil des ministres que serait validée la liste des 13 chefs-lieux provisoires des nouvelles régions.
À Montpellier, le maire Philippe Saurel avait très tôt annoncé qu'il était favorable à "deux grandes métropoles qui se développent en complémentarité". Autrement dit, le maire de Montpellier ne souhaitait pas jouer les seconds rôles. À Toulouse, le maire Jean-Luc Moudenc avait assuré qu'il n'y aurait pas de situation de monopole, déclarant que "l'unification ne signifie pas la concentration". Les deux maires ont depuis plusieurs mois entamés des discussions pour développer un axe Toulouse-Montpellier équilibré.
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C'est justement le schéma qui pourrait être appliqué en Normandie, toujours selon Europe 1. Au terme de l'accord auquel serait parvenu Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, par ailleurs longtemps député de Seine-Maritime (76), la ville de Caen (14), capitale historique, deviendrait chef-lieu de région, alors que Rouen (76) aurait la garantie d'héberger le Conseil régional. Ce système de compensation pourrait-il être déployé dans d'autres régions où l'opposition est aussi forte ? Les élus du Languedoc-Roussillon vont-ils le demander ?
Au secrétariat d'État à la Réforme territoriale, on confirme que toutes les hypothèses sont ouvertes :
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Le processus officiel dit que chaque Conseil régional devra adopter, avant le 1er juillet 2016, une résolution unique comportant l'avis au gouvernement relatif à la fixation du nom et du chef-lieu définitifs de la région. Ils seront alors fixés par décret en Conseil d'État avant le 1er octobre 2016. Les élus ont donc jusqu'en juillet 2016 pour faire des propositions. Mais c'est le gouvernement qui aura le dernier mot.
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