Sondage : à Toulouse, la gauche doit encore trouver son leader pour les élections municipales
Pierrick Merlet
Derrière Carole Delga, qui se détache favorablement, aucun autre nom à gauche ne fait l'unanimité pour les prochaines élections municipales à Toulouse, en 2026.
SONDAGE EXCLUSIF. Hormis l'hypothèse Carole Delga, qui séduit très favorablement les Toulousains en vue des élections municipales 2026 à Toulouse, la gauche devra se trouver un leader pour ce prochain scrutin, selon un sondage exclusif Ifop pour La Tribune, dévoilé ce lundi 7 octobre. Si l'hypothèse de briguer le Capitole ne fait peut-être pas partie des priorités de la présidente socialiste de la région Occitanie, les autres candidats potentiels à gauche (Nadia Pellefigue, Antoine Maurice, François Piquemal et Isabelle Hardy) ne parviennent pas à se démarquer pour s'imposer comme leader....
... uoi potentiellement rendre difficile la tâche d'une liste avec une gauche unie à ce prochain scrutin. Les détails.
À environ 18 mois des prochaines élections municipales, c'est un premier point d'étape certainement bienvenu pour l'opposition municipale à Toulouse. L'institut Ifop a mené un sondage exclusif sur le climat politique toulousain, pour La Tribune, auprès de 711 personnes représentatif de la population et il est riche en enseignements pour le camp qui espère reconquérir le Capitole en 2026.
À la question « Selon vous, chacune des personnalités suivantes ferait-elle un bon maire de Toulouse ? », La Tribune a fait le choix de tester sept personnalités locales, qui ont des ambitions affichées, ou non. Parmi cette poignée de noms, un profil se dégage assez facilement de ses « concurrents ».
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, est plébiscitée par les sondés pour devenir éventuellement la prochaine locataire de l'hôtel de ville. Selon eux, 54% penchent pour un oui (« oui, tout à fait » et « oui, plutôt ») et 36% partagent davantage un avis négatif, tandis que seulement 10% ne se prononcent pas sur la question. Cette dernière statistique démontre que l'élue régionale est plutôt bien identifiée par les sondés. La socialiste, aussi présidente des Régions de France, est très exposée médiatiquement sur la scène nationale, particulièrement depuis les élections législatives anticipées.
« Il y a un vrai satisfecit des Toulousains autour de l'action de Jean-Luc Moudenc comme maire de Toulouse (77% des sondés jugent favorablement l'action de la municipalité depuis 2020, chiffres à venir, ndlr) mais les personnes estiment que Carole Delga ferait une bonne maire de Toulouse. Seulement, ce n'est pas le signe que les sondés aimeraient voir se jouer le match Delga-Moudenc en 2026. Il est davantage le reflet de sa bonne gestion à la région Occitanie », commente Frédéric Dabi, le directeur général de l'institut de sondage l'Ifop et directeur du pôle Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop.
Dans son entourage, cette hypothèse de voir Carole Delga briguer le Capitole a pris de l'épaisseur pendant un temps, avant d'être moins évoquée par la suite, certainement en raison du nouveau contexte politique nationale. « Je me concentre très clairement sur la région Occitanie et à la reconstruction de la gauche de gouvernement », a-t-elle notamment déclaré lors d'une interview sur la chaîne Public Sénat le 26 septembre dernier.
Trois profils dans un mouchoir de poche
Cette déclaration ne doit pas être prise pour argent comptant, comme toute déclaration de femme ou d'homme politique sur ses ambitions, mais elle démontre que ce n'est peut-être pas une priorité de Carole Delga, d'autant plus qu'elle parvient à travailler avec Jean-Luc Moudenc sur les dossiers qui concernent la ville et la métropole. Cependant, derrière le profil de la présidente de région et l'organisatrice des Rencontres de Bram, aucune autre personnalité à gauche ne fait son trou selon le sondage exclusif de La Tribune.
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Nadia Pellefigue (Parti socialiste), Antoine Maurice (écologiste) et François Piquemal (La France Insoumise) se tiennent dans un mouchoir de poche. Pour la première, vice-présidente de la région chargée de l'Enseignement supérieur, la Recherche, l'Europe et les Relations Internationales, elle avait tenté sa chance aux élections municipales de 2020 en obtenant près de 19% des suffrages exprimés, avant de se retirer dans l'entre-deux tours. En privé, la socialiste née à Toulouse ne cache pas étudier la question et les Toulousains semblent ne pas avoir oublié sa campagne dynamique quatre ans en arrière. Selon le sondage exclusif pour La Tribune, les sondés estiment à 39% qu'elle ferait une bonne maire de Toulouse et autant que non. En parallèle, 22% ne se prononcent pas sur sa personnalité.
La vice-présidente est talonnée de très près par son adversaire de 2020, Antoine Maurice, qui avait mené la barque de la gauche lors du second tour des dernières élections municipales après le retrait de Nadia Pellefigue. Après avoir obtenu plus de 27% des voix au premier tour, il avait récolté 48% des suffrages quelques mois plus tard dans un scrutin perturbé par la crise sanitaire de la Covid-19. L'une des figures de l'opposition municipale et métropolitaine, l'écologiste Antoine Maurice n'a pour le moment pas fait connaître ses intentions pour les prochaines élections municipales. Néanmoins, il obtient quasiment les mêmes résultats que sa challengeuse de 2020 avec 39% d'opinions favorables, 40% d'opinions négatives et 21% qui ne se prononcent pas.
« 39% c'est bien plus que les principaux opposants de Pierre Hurmic à Bordeaux, dans une enquête similaire que nous avons réalisée. Hormis Nicolas Florian qui était au-delà de 40% d'opinions favorables, tous les autres opposants étaient au mieux à 33%. Cela montre bien que la gauche existe à Toulouse. Mais Jean-Luc Moudenc séduit des électeurs de gauche, c'est incontestable », analyse Frédéric Dabi.
Quant à François Piquemal, qui a été de l'aventure en 2020 en partageant la liste d'Antoine Maurice, l'Insoumis ne cache pas vouloir mener une liste pour conquérir le Capitole, tout comme une autre Insoumise, Agathe Roby. Réélu dès le premier tour des élections législatives anticipées cet été dans la quatrième circonscription de Haute-Garonne, le jeune député a même vu apparaître ces derniers jours, dans les rues de Toulouse, des autocollants mettant en scène le match « Moudenc-Piquemal » dans l'optique des élections municipales 2026. Ce dernier est crédité de 36% d'opinions favorables et 44% d'opinions défavorables, tandis que 20% ne se prononcent pas.
L'appel à une tête de liste socialiste
Ces résultats très proches risquent une nouvelle fois d'animer la bataille pour le ledearship à gauche lors des prochaines élections municipales. Déjà, en 2020, trois listes de gauche avaient été recensées dans celles qui ont joué les premiers rôles (Antoine Maurice, Nadia Pellefigue et Pierre Cohen). Ce que veut surtout Sébastien Vincini, le président du conseil départemental de Haute-Garonne et secrétaire national du Parti socialiste. Pas candidat à un tel poste, le responsable politique a néanmoins déclaré à Actu.fr en début de semaine dernière que « si la gauche veut gagner la ville de Toulouse, elle doit s'unir derrière une tête de liste socialiste ».
Un appel à l'unité avec en toile de fond un lancement des prises de position pour que son parti revendique la tête de liste d'une gauche unie. Selon le sondage exclusif Ifop pour La Tribune, le président du département n'est d'ailleurs pas le mieux positionné pour mener une telle mission, même si ce ne sont pas ses intentions, avec 29% d'opinions favorables quant à l'éventualité qu'il soit un bon maire de Toulouse, 45% des sondés répondent « non » et 26% ne se prononcent pas. À contrario, sa vice-présidente à la Diversification et desserrement économique, l'Économie Sociale et Solidaire, et à l'Emploi local, Isabelle Hardy, a fait part de son intention de vouloir mener une liste d'une gauche unie pour Toulouse en 2026. Celle qui était aussi sur la liste d'Antoine Maurice en 2020 après avoir soutenu Pierre Cohen est créditée de 31% d'opinions favorables, contre 44% de défavorables, et 25% qui ne se prononcent pas.
Enfin, parmi les personnalités sondées comme potentiel candidat, La Tribune a souhaité tester l'entrepreneur Alain Di Crescenzo, très réputé à Toulouse et en Occitanie, au point d'avoir été élu successivement président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse puis d'Occitanie ces dernières années. Il est désormais président de la CCI France depuis deux ans. Le panel lui accorde 26% d'opinions favorables comme maire de Toulouse, tandis que 45% pensent le contraire. Néanmoins, 29% ne se positionnent pas, soit le score le plus haut des sept personnalités testées, preuve d'un manque de notoriété auprès du grand public autour de sa personne. Ce qui n'est pas surprenant pour un entrepreneur qui ne s'est pas encore engagé sur la scène politique locale, jusqu'à présent.