Les rendements des fonds en euros devraient encore ralentir

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L'hétérogénéité des politiques de gestion peut conduire à des taux très disparates en 2010.

Année après année, le rendement moyen des fonds en euros s'effrite. De 5,3 % en 2000-2001 - chiffres de la Fédération française des sociétés d'assurances -, puis 4,5 % en 2003, il est tombé à 4 % en 2008 puis 3,7 % en 2009. Compte tenu de l'inflation et de la performance des actifs financiers ces dernières années, ce rendement reste toutefois attractif pour les épargnants. Pour l'instant. « Début 2011, les sociétés d'assurance-vie devraient encore publier de bon taux, mais en 2012, ces taux auront nettement baissé », prévoit le directeur général délégué d'Avenir Finance, Cyril Lureau. En cause : la baisse des rendements des emprunts d'Etat. Celui de l'OAT à 10 ans se situe autour de 3,30 % aujourd'hui. « Dans la mesure où, chaque année, nous investissons notre collecte plus l'équivalent d'environ 10 % de notre encours, la baisse des rendements des actifs financiers a un effet dilutif sur les taux de nos fonds en euros », explique Odette Cesari, directrice des investissements d'Axa France.

Emprunts d'État privilégiés

Comme Axa, nombre d'assureurs privilégient les emprunts d'Etat des grands pays, car ce sont les actifs financiers les moins consommateurs de fonds propres sous le régime « Sovabilité 2 ». Ainsi, Axa n'envisage pas de relever la part de ses fonds en euros investis en actions (4 %).

« La charge en capital liée à l'application des normes de Solvabilité 2 deviendrait trop lourde », explique Odette Cesari. En revanche, les contraintes réglementaires telles qu'elles sont actuellemnet définies permettraient de porter la part investie dans l'immobilier (bureaux, commerces ou hôtellerie) de 8 % à 10 %, voire 12 %.

Fin 2009, 34 % des fonds en euros de l'assurance-vie étaient investis en obligations d'Etat indique la FFSA. « Sous l'effet de la réglementation, le poids des emprunts d'Etat dans les fonds en euros pourrait atteindre 50 %, alors même qu'elles sont au plus haut depuis 30 ans et que les pays croulent sous la dette », se désole Cyril Lureau.

De 2,50 % à 4,70 %

Pour l'instant, Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures observe surtout une forte diversité des politiques de gestion chez les assureurs vie. Tandis que certains optent pour les emprunts d'Etat des PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) pour doper leur rendement, d'autres leur préfèrent les Bund allemands ou les OAT françaises. De même, si certains misent sur l'immobilier pour se protéger du retour de l'inflation, d'autres ont préféré vendre leurs actifs immobiliers. « Cette hétérogénéité des approches pourrait conduire à une disparité très importante des taux servis en 2010 », explique Cyrille Chartier-Kastler, de 2,50 % à 4,70 %.

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