Doubler le plafond du livret A : une fausse bonne idée

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Le doublement permettrait de financer plus de logements sociaux mais au détriment d'autres pans de l'économie.

François Hollande a surpris en annonçant qu'une fois élu il doublerait le plafond du livret A, de 15.300 euros à 30.600 euros, réaffirmant le rôle de financement de structures publiques de celui-ci, comme le logement social.

Le succès de ce placement réglementé ne se dément pas, avec plus de 60 millions de livrets détenus par les Français (65 millions de personnes). La proposition du candidat PS a le mérite de mettre en lumière un aspect méconnu du dispositif. Les deux tiers (65 %) des sommes collectées (17,38 milliards en décembre 2011) vont à la Caisse des dépôts (CDC). Cet organisme public affecte ensuite les sommes, sous forme de prêts à long terme, à des missions d'intérêt général : le logement social, l'autonomie des universités, ou les infrastructures telles que les lignes de train à grande vitesse. Le doublement du plafond encouragerait sûrement encore la collecte, mais au détriment des autres produits d'épargne favoris des Français : le LDD (livret de développement durable, ex-Codevi), ou l'assurance-vie. C'est du moins ce qu'a laissé entendre le ministre de l'Économie et des Finances, François Baroin, lundi 23 janvier. « Cette mesure serait déstabilisante pour l'économie », a-t-il estimé, en ce qu'elle « détournerait les épargnants de placements positionnés pour financer notre dette, ce qui est le cas de l'assurance-vie. Nous avons aussi besoin de financements pour nos entreprises ».

Selon la FFSA, la Fédération française des sociétés d'assurances, les contrats d'assurance-vie sont placés à 56 % sur des actions et des obligations d'entreprises dont la moitié françaises. Et les assureurs détiennent 12 % des obligations garanties par l'État français, soit le tiers du financement de la dette française par les résidents. Or, actuellement, les épargnants retirent plus d'argent qu'ils n'en versent sur leurs contrats. La décollecte a atteint un funeste record : trois mois consécutifs de collecte négative.

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