Le Futuroscope surfe sur la crise

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Le Futuroscope fête ses 25 ans et la crise économique ne l'atteint pas, elle lui profite même. Après avoir subi de lourdes pertes au début des années 2000, le parc d'attractions est reparti sur de bons rails, en innovant constamment. Le nouvel objectif du Parc est de faire revenir régulièrement les visiteurs et il fait campagne à Bordeaux

« La crise économique donne encore plus envie aux gens de l'oublier. Les loisirs sont remontés dans la hiérarchie des dépenses des ménages », constate Dominique Hummel, le Président du Parc. Il avait en tout cas le sourire lorsqu'il est venu présenter le programme des festivités et des nouveautés jeudi à Bordeaux, dans l'un des trois départements les plus « pourvoyeurs » de clients. Paradoxalement, le contexte lui est favorable.

Faire rêver devient de plus en plus difficile

Mais, « faire rêver les gens devient plus en plus difficile ». Pour cela, le Futuroscope a dû repenser son modèle économique.  En 2003, lorsque le Groupe Amaury (L'Equipe, Le Parisien, Le Tour de France) abandonne le Parc, il enregistrait 23 millions d'euros de pertes : 2,7 millions de visiteurs en 1987 mais 1,2 million en 2003 ! « Le groupe Amaury n'était pas du milieu, il a fait des erreurs », explique Dominique Hummel. Le conseil général de la Vienne, a donc repris la main et en janvier 2011, il  trouve un allier de poids avec la Compagnie des Alpes (Parc Astérix, Walibi... ) qui possède aujourd'hui 46% des parts, la Vienne gardant une minorité de blocage et un droit de véto sur les investissements.

10% du CA investi chaque année pour créer de nouvelles animations

Surtout, le Futuroscope a changé de stratégie et arrête de dormir sur ses lauriers. Pour séduire, il décide de consacrer 10% du chiffre d'affaire ( 8 à 9 millions d'euros) chaque année dans les nouveautés. Depuis 2006, les animations ont été renouvelées aux deux tiers. « On est dans le post images, on est sorti du contemplatif », avance Dominique Hummel. Ainsi, signe de cet élargissement de l'offre, en 2006, le spectacle, « Danse avec les robots », conçu avec des robots de l'industrie, « détournés » de leur usage, pour le divertissement. Dans le même temps, le Futuroscope exploite à fond les potentialités du numérique. Exemple emblématique, « Les animaux du futur », une animation à succès, lancée en 2008, ou, « Arthur, l'aventure 4D «  élue meilleure attraction au monde en 2011 par le Themed Entertainment Association. En outre, le Futuroscope a aussi fait une place au spectacle vivant. Cette année, un  show d'illusions, « iMagic », est proposé avec le magicien Bertran Loth, mis en scène par Arthur Jugnot, le fils de l'acteur, Gérard Jugnot. A noter également, « Le peuple du futur », un spectacle en plein air avec trois Mentalists qui tentent lisent dans les pensées . Autre originalité, un parcours dans le noir absolu avec un non-voyant.

Faire revenir 60% des visiteurs d'un an sur l'autre

« La clé c'est le renouvellement », lance Dominique Hummel. Au total, ne serait-ce que cette année, le parc a six nouvelles attractions. L'objectif est de faire revenir 60% des visiteurs tous les ans. Et qu'ils restent plus longtemps. Actuellement, deux tiers des visiteurs restent deux jours sur le site. « C'est un marché, qui résiste bien à la crise », note-t-il. Résultat, depuis 2002, le site enregistre une croissance de 50% par an et espère atteindre rapidement le cap des 2 millions de visiteurs (1,8 million en 2010). Le Futuroscope est redevenu rentable avec 90 millions d'euros de chiffre d'affaires et 9,5 millions d'euros de profits.

Le Futuroscope, c'est aussi une technopôle qui accueille 250 entreprises, 6 000 salariés

Pour fêter ses 25 ans, en plus de ses nouvelles attractions, le Futuroscope a prévu des journées à thèmes : la fête de la gastronomie avec le chef Joël Robuchon, la journée mondiale des océans avec la navigatrice Maud Fontenoy... Dans ce métier, il faut sans cesse anticiper. Dominique Hummel a déjà le regard tourné vers l'an prochain et prépare un nouveau spectacle du soir avec Mika. L'impact économique du parc sur la région est devenu très important au fil des années. La technopôle du Futuroscope, créée en 1987 à l'initiative de René Monory, ex-président du conseil général de la Vienne, et Thierry Breton, ex-ministre de l'Économie et des Finances, accueille aujourd'hui 250 entreprises, 6 000 salariés, 2000 étudiants et 10% de la recherche en sciences de l'ingénieur !

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Commentaires
a écrit le 03/05/2012 à 14:26 :
Et au final tout ca gagne ou perd de l'argent ?
Réponse de le 03/05/2012 à 16:07 :
gagne !
a écrit le 02/05/2012 à 17:37 :
Bidon, comme tout ce qui est financé sur deniers publics. On entend régulièrement la même rangaine, jusqu'à la prochaine fois où il audra encore mettre au pot.
Réponse de le 03/05/2012 à 17:42 :
Toujours à se plaindre, vous n'avez rien d'autre à faire ?
10% de rentabilité net, bcp d'entreprises en rêve, et le futuroscope le fait, que vous faut-il de plus ?
a écrit le 02/05/2012 à 16:26 :
On dit une technopole ou un un technopôle .....
Réponse de le 04/05/2012 à 5:57 :
un chapeau alors c'est monsieur

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