En Bretagne, l'emploi progresse et dépasse son niveau d'avant-crise

Moins affectée par la crise de 2020 que l’économie française, l’économie bretonne renoue avec la croissance de l’emploi. Selon l’Insee, au premier trimestre, il a progressé et dépassé son niveau d’avant-crise.

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Au premier trimestre 2021, l'emploi salarié breton a progressé et dépassé son niveau d’avant-crise.
Au premier trimestre 2021, l'emploi salarié breton a progressé et dépassé son niveau d’avant-crise. (Crédits : Unsplash - Oliver Sschweizer)

En 2020, l'économie bretonne avait marqué le pas et enregistré, pour la première fois depuis 2012, une baisse de 4.000 emplois salariés (-0,3%), dans les services marchands et l'industrie, et une chute de l'intérim (-5,4%). Même si ce recul a été moins élevé qu'au niveau national (-1,1%), le premier trimestre 2021 offre une perspective nettement plus positive.

Selon l'Insee, l'emploi salarié augmente plus en Bretagne qu'en France, porté par la création nette de 6.100 emplois sur les trois premiers mois de l'année (+0,5%, +0,3% en France), soit 2.800 emplois de plus que fin décembre 2020. L'intérim se redresse et le taux de chômage se maintient à 6,6%, niveau le plus faible des régions françaises.

Ceci malgré l'existence de plusieurs dossiers chauds sur le front de l'emploi, comme la restructuration de  HOP, la filiale régionale d'Air France.

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« L'emploi progresse et dépasse son niveau d'avant-crise » titre ainsi la note de conjoncture de l'Insee Bretagne, publiée jeudi dernier, précisant que la Bretagne est l'une des trois régions métropolitaines dans ce cas, avec la Corse et la Nouvelle-Aquitaine.

Au niveau national, l'emploi demeure inférieur de 0,8% à son niveau d'avant-crise.

L'Institut de la statistique prévoit, qu'en cas de sortie de pandémie et hors aléas liés au variant Delta, le retour général au niveau d'avant-crise peut être atteint vers la fin de l'année.

Dynamique de fond et crise moins prononcée

De janvier à mars 2021, les créations d'entreprises ont progressé (+13,5% sur un an), parallèlement à un recul des défaillances d'entreprises, sous l'effet des aides de l'État. Les perspectives s'affichent aussi favorablement pour la construction neuve avec une augmentation de 6,6% (+3,6% en France) des mises en chantier.

« La Bretagne possède un tissu économique solide, avec une structure d'activité portée par l'industrie et l'agro-alimentaire qui a fonctionné quasi normalement pendant toute la crise, et une attractivité profitable depuis plusieurs années » a rappelé Sébastien Pons, directeur régional adjoint Insee Bretagne, lors de la présentation du bilan économique 2020. « Le secteur bancaire n'a pas été touché, l'économie n'a pas été cassée comme en 2008 et les chefs d'entreprises se montrent optimistes. En 2020, l'économie bretonne a été moins affectée par la crise que l'économie française. »

L'an passé, la Bretagne n'a pas échappé aux contrecoups de la crise du Covid-19, mais ceux-ci se sont avérés moins prononcés que dans l'ensemble du pays, en raison d'une « dynamique de fond ».

Bonne résistance du tourisme et de la construction

Avec 28.200 entreprises créées en 2020 (+3,1%), la Bretagne a par exemple signé un niveau record même si cette hausse a été moindre qu'en 2019 (+19%). « La chute inédite des défaillances (-38,3%) est toutefois quasi-identique en Bretagne et en France grâce aux aides de l'État » a tempéré Valérie Mariette, chargée de publications à l'Insee.

L'an passé, les secteurs du tourisme et de la construction se sont aussi démarqués par leur capacité de résistance. Avec 38% de nuitées en moins qu'en 2019 (51% en France), la fréquentation des hôtels bretons est remontée à 90% de son activité à l'été 2020 (66% en France), portée par l'attractivité de la Bretagne, où la population a également été moins touchée par le virus.

Dans la construction neuve, le nombre de mises en chantier de logements a connu une hausse de +4,5%, contre une baisse de -8% à l'échelle nationale.

Consommation des ménages plus soutenue

Sur le front de l'emploi, l'activité partielle en avril 2020 a concerné 355.000 personnes, soit quatre salariés bretons sur dix et 38% du secteur privé (41% en France).

Au premier confinement, le volume d'heures rémunérées des salariés a chuté de 31% en Bretagne (33% en France) par rapport à avril 2019. Lors du confinement de novembre, il était inférieur de 7% à celui de 2019 (-10% au niveau national).  Sur 2020, le taux de chômage toutes catégories a augmenté de 3,7%, mais moins fortement qu'au niveau national (+4,5%).

Cette différence s'est ressentie sur la consommation des ménages, gonflée par celle des personnes venues se confiner en Bretagne : le nombre d'immatriculations de véhicules neufs a par exemple moins reculé en Bretagne (-17,8%) qu'en France (23,2%), détaille l'Insee. En revanche, le trafic aérien a été autant impacté qu'au niveau national, avec deux tiers de passagers en moins dans les aéroports bretons.

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Commentaires 2
à écrit le 13/07/2021 à 14:27
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democratus! vous portez bien mal votre pseudo...Depuis quand la "démocratie" serait-elle marquée du sceau de la centralisation? Un fantasme jacobin sans doute tout à l'opposé de l'intérêt des huit peuples originels qui composent l'hexagone? Vous con...

à écrit le 12/07/2021 à 11:14
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Curieux article la Bretagne est "indépendante" de la France, est-ce bien réaliste?

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