Moins affectée par la crise de 2020 que l’économie française, l’économie bretonne renoue avec la croissance de l’emploi. Selon l’Insee, au premier trimestre, il a progressé et dépassé son niveau d’avant-crise.En 2020, l'économie bretonne avait marqué le pas et enregistré, pour la première fois depuis 2012, une baisse de 4.000 emplois salariés (-0,3%), dans les services marchands et l'industrie, et une chute de l'intérim (-5,4%). Même si ce recul a été moins élevé qu'au niveau national (-1,1%), le premier trimestre 2021 offre une perspective nettement plus positive.
Selon l'Insee, l'emploi salarié augmente plus en Bretagne qu'en France, porté par la création nette de 6.100 emplois sur les trois premiers mois de l'année (+0,5%, +0,3% en France), soit 2.800 emplois de plus que fin décembre 2020. L'intérim se redresse et le taux de chômage se maintient à 6,6%, niveau le plus faible des régions françaises.
Ceci malgré l'existence de plusieurs dossiers chauds sur le front de l'emploi, comme la restructuration de HOP, la filiale régionale d'Air France.
« L'emploi progresse et dépasse son niveau d'avant-crise » titre ainsi la note de conjoncture de l'Insee Bretagne, publiée jeudi dernier, précisant que la Bretagne est l'une des trois régions métropolitaines dans ce cas, avec la Corse et la Nouvelle-Aquitaine.
Au niveau national, l'emploi demeure inférieur de 0,8% à son niveau d'avant-crise.
L'Institut de la statistique prévoit, qu'en cas de sortie de pandémie et hors aléas liés au variant Delta, le retour général au niveau d'avant-crise peut être atteint vers la fin de l'année.
Dynamique de fond et crise moins prononcée
De janvier à mars 2021, les créations d'entreprises ont progressé (+13,5% sur un an), parallèlement à un recul des défaillances d'entreprises, sous l'effet des aides de l'État. Les perspectives s'affichent aussi favorablement pour la construction neuve avec une augmentation de 6,6% (+3,6% en France) des mises en chantier.
«La Bretagne possède un tissu économique solide, avec une structure d'activité portée par l'industrie et l'agro-alimentaire qui a fonctionné quasi normalement pendant toute la crise, et une attractivité profitable depuis plusieurs années» a rappelé Sébastien Pons, directeur régional adjoint Insee Bretagne, lors de la présentation du bilan économique 2020. «Le secteur bancaire n'a pas été touché, l'économie n'a pas été cassée comme en 2008 et les chefs d'entreprises se montrent optimistes.En 2020, l'économie bretonne a été moins affectée par la crise que l'économie française.»