En Europe comme en France, la Bretagne vise l’interrégionalité

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
Au grand dam de ceux qui militaient pour une Bretagne à cinq, réunifiée avec la Loire-Atlantique et Nantes, sa capitale, la Bretagne fait partie des territoires dont le périmètre ne bougera pas au 1er janvier 2016. Région prisée pour sa qualité de vie, son écosystème dynamique et la croissance moyenne de 1,8 % par an, depuis 1990, de son PIB (source Insee), la Bretagne est passée de 81,3 milliards d'euros de PIB en 2009 à 86,9 milliards en 2013. Elle résiste aussi mieux à la crise, selon le bilan des défaillances d'entreprises.
Toutefois, dans une nouvelle configuration à 13 régions, la Bretagne, qui cultive une identité culturelle forte dont profite son secteur du tourisme, sera rétrogradée de la 7e à la 9e place des régions françaises pour la richesse produite. Première région française pour la pêche, première pour l'agroalimentaire, elle a été fragilisée ces mois-ci par la crise dans ce dernier secteur à faible valeur ajoutée, qui représente tout de même 4 .600 entreprises, 70 .000 salariés et 20 % de la production nationale.
À l'horizon 2020, la Bretagne devra relever certains défis et l'opposition de droite, emmenée pour les prochaines élections par le député des Côtes-d'Armor Marc le Fur (Les Républicains) ne se prive pas pour pointer, outre l'échec de la réunification, un décrochage économique et les déséquilibres entre l'est et l'ouest.
À la troisième place des régions, derrière l'Alsace et Rhône-Alpes, où il fait bon entreprendre (sondage StarOfService), la Bretagne veut prouver qu'elle est incontournable dans certains secteurs. Périmètre élargi ou pas. Nommée Glaz Économie, sa stratégie économique mise en place pour la période 2013-2020, s'organise autour du croisement de filières d'excellence et se traduit, de façon imagée, par le mélange de trois couleurs : la teinte glaz combine le vert (agro-environnement), le gris (économie de la connaissance, numérique) et le bleu (ressources marines).
L'emploi et la compétitivité des entreprises bretonnes passent par la création de valeur. La capacité de rebond de l'agroalimentaire dépend moins de la production de masse que de la transformation (plats cuisinés, nouveaux produits). En Ille-et-Vilaine, le sauvetage de la filière automobile évolue vers la création d'un écosystème global de la mobilité.
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Cinquième région innovante, la Bretagne développe en outre une excellente dynamique R&D, publique comme privée. Cette dimension collaborative s'exprime dans les énergies marines renouvelables, les biotechnologies (alimentaire, santé cosmétique), la filière des algues, le secteur historique des TIC qui fédère grands comptes et PME, ou encore la cybersécurité. Au travers des pôles de compétitivité Mer Bretagne Atlantique, Images & Réseaux et Valorial de Brest, Lannion et Rennes, mais aussi ID4Car à Nantes, la collaboration de Rennes, Brest et Lorient avec Nantes ou Le Mans n'a pas attendu une éventuelle réforme territoriale.
La Région, qui consacre 100 millions d'euros par an au développement et à l'innovation économiques, compte d'ailleurs sur l'élargissement de ses compétences, comme le prévoit la loi NOTRe, dans les domaines des transports, de la formation et de l'économie (aide aux entreprises) pour appuyer sa stratégie, à l'intérieur comme à l'international. Son budget 2016 devrait connaître une hausse de 10 % par rapport au budget de 2015 - 1,38 milliard d'euros - et les débats sont en cours avec les départements. Le sujet de l'aménagement du territoire et de la logistique est cependant crucial.
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Au-delà de l'arrivée en 2017 de la LGV, la Bretagne veut optimiser les transports TER + car, et rendre plus cohérentes les liaisons maritimes et la connexion avec le reste des réseaux.Bref simplifier le modèle pour créer des emplois de qualité, innover partout sur le territoire et éviter les déséquilibres géographiques. C'est aussi la clé pour attirer les investisseurs.
La Bretagne en chiffres :
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