Pêche : comment les Bretons abordent la négociation post-Brexit ?
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
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Depuis le 1er janvier et la fin du Traité de Granville, Jersey (photo), au contraire de Guernesey, avait restreint l'accès à ses eaux. En visite à Saint-Malo le 8 janvier dernier, Annick Girardin avait d'ailleurs tenté de rassurer les pêcheurs, sur...
ENQUÊTE. Un accès des pêcheurs bretons et normands dans les eaux de Jersey a été validé pour une période provisoire allant jusqu'à fin avril avant la délivrance d’autorisations permanentes. Les négociations sur les eaux jersiaises entrent dans le dur avec en parallèle d’autres discussions à Bruxelles. Elles porteront sur les quotas 2021 (moins 25% d’ici à 2026), la bande des six-douze milles et le mode de calcul du fonds d’ajustement. Les pêcheurs refusent une répartition qui bénéficie aux petits Etats côtiers plus qu’aux grandes régions comme la Bretagne.
Le 2 janvier, les marins bretons ne sont pas restés à quai. Activité majeure en Bretagne, le secteur de la pêche va pourtant entrer dans le vif de la mise en œuvre de l'accord post-Brexit, En attestent les difficiles discussions qui se sont déroulées en janvier avec Jersey.
Plus d'un mois après la signature de l'accord du 24 décembre entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, la Commission européenne et Jersey sont parvenus à valider l'accès des pêcheurs bretons et normands aux eaux de l'île anglo-normande le 26 janvier au soir.
104 navires bretons (sur un total, normands compris, de 344) disposent depuis quelques jours d'un accès garanti jusqu'à fin avril pour tous ceux qui sont habitués à pêcher. 58 disposent déjà d'une licence provisoire, les autres seront intégrés progressivement à la liste. A Saint- Malo, une cinquantaine de bateaux ont reçu leur autorisation temporaire.
Durant cette période, les licences définitives seront attribuées par le Royaume-Uni sur propositions des comités régionaux des pêches et après vérification des preuves de l'antériorité de ces navires.
Fin du Traité de Granville : dégâts sur la petite pêche artisanale ?
Trouvé lors d'une visioconférence qui réunissait la ministre de la Mer, Annick Girardin et Ian Gorst, ministre des Affaires étrangères de Jersey et les élus locaux, cet accord intervient après presque un mois de bras de fer.
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Depuis le 1er janvier et la fin du Traité de Granville, Jersey, au contraire de Guernesey, avait restreint l'accès à ses eaux. La fébrilité des Français était palpable, notamment dans les deux ports bretons les plus touchés, Saint-Malo (35) et Saint-Quay-Portrieux (22). En visite à Saint-Malo le 8 janvier dernier, Annick Girardin avait d'ailleurs tenté de rassurer les pêcheurs, sur l'accès à Jersey et sur l'accord du 24 décembre. « Il sauve la pêche française, il n'est pas parfait mais il a le mérite d'être là », avait-elle estimé.
La fin de ce premier round d'observation, sifflée par le commissaire européen à l'Environnement, aux Océans et à la Pêche Virginius Sinkevčius, est accueillie avec soulagement par les pêcheurs. « On a évité le saut dans le vide.Nous étions dans une situation inconfortable, cette décision donne un cadre légal et sécurise l'activité », estime Olivier Le Nézet. Le président du Comité régional des pêches (CRPEM) de Bretagne veut croire que l'ensemble des navires obtiendront une autorisation permanente mais la vigilance reste de mise. Un groupe de travail s'est constitué avec la Direction des pêches (DPMA) afin de se concentrer sur le nouvel accord.