Régionales : en Bretagne, Chesnais-Girard repousse EELV au profit de Daniel Cueff

Lundi soir, le président sortant de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, dont la liste est arrivée en tête, a officialisé son alliance avec l’écologiste indépendant et ancien maire de Langouët, Daniel Cueff. Il a repoussé les appels au rassemblement d’EELV et de LREM. Le maintien de cinq listes pourrait augurer d’un difficile deuxième tour.

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Le maintien de cinq listes en Bretagne pourrait augurer d’un difficile deuxième tour.
Le maintien de cinq listes en Bretagne pourrait augurer d’un difficile deuxième tour. (Crédits : La Tribune)

Une alliance entre EELV et le PS affichait-elle une meilleure garantie de victoire au second tour ? En mariant sa liste « La Bretagne avec Loïg » avec celle de Daniel Cueff, « Bretagne ma vie », Loïg Chesnais-Girard, le président PS sortant, arrivé en tête au premier tour des élections régionales (21%), fait un autre pari (gagnant ?).

On l'imaginait mal répondre favorablement aux appels de rassemblement lancé par son rival Thierry Burlot, ex-membre de la majorité sortante propulsé tête d'affiche par LREM et le duo Ferrand-Macron, mais son option casse-cou en a surpris plus d'un.

En officialisant, lundi en fin de journée, ses fiançailles avec Daniel Cueff, écologiste indépendant et ancien maire de la commune écolo de Langouët (Ille-et-Vilaine), dont la liste compte des personnalités comme le chef étoilé de Cancale, Olivier Roellinger, Loïg Chesnais-Girard garde sa porte ouverte sur l'écologie.

Il prend toutefois un risque : celui de ne pas disposer d'une majorité de sièges au Conseil régional en cas de victoire.

Accord sur un projet commun

« On s'est mis d'accord sur un projet pour la Bretagne », ont indiqué les deux alliés lors d'une conférence de presse commune, précisant qu'il n'y avait pas eu de négociation de futurs postes. Les deux hommes se connaissent bien, ont déjà travaillé ensemble et se sont retrouvés sur certains engagements comme la mer, le financement de la langue bretonne, la lutte contre la misère et contre les pesticides.

« Nous avons eu envie de travailler sur des sujets comme la mer, la pauvreté et la misère, l'alimentation, et très vite nous avons trouvé des convergences pour améliorer le projet qui est le mien », ajoute Loïg Chesnais-Girard.

Cette alliance doit déboucher sur un programme commun. Or une telle issue semblait beaucoup plus difficile avec la liste EELV. Menées cette nuit et ce matin, les discussions avec l'équipe de Claire Desmares-Poirrier (14,84% des voix) n'ont pas abouti du tout. Les deux parties ont constaté leur désaccord sur le nombre de places, la manière de gouverner, les transports et l'aménagement du territoire. L'écologiste partira donc seule pour le second tour, sans Daniel Cueff et sans La France Insoumise.

« Suite au score inédit en faveur de l'écologie en Bretagne, la liste Bretagne d'Avenir a tendu la main pour construire une large majorité autour des valeurs de gauche et de l'écologie pour le second tour. Je déplore l'absence de volonté d'union et regrette le fait qu'un accord n'ait pu aboutir dans des conditions permettant de rester fidèle à notre socle de valeurs, à nos propositions et à la confiance accordée par les électrices et les électeurs », a déclaré, déçue, Claire Desmares-Poirrier. Si elle avouait pouvoir négocier son projet de statut de résident, la candidate souhaitait plus fermement la fin des pesticides d'ici à cinq ans ou encore la fermeture de l'aéroport de Dinard, selon la presse locale.

Second tour à cinq listes

En faisant ce pari, Loïg Chesnais-Girard veut mener sa barque de manière indépendante et s'émanciper, à gauche comme au centre, des alliances voulues au niveau national, y compris par son mentor Jean-Yves Le Drian. Le divorce pourrait bien être consommé avec l'actuel ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

La réaction de la liste « Nous la Bretagne » de Thierry Burlot (15,5%) ne s'est pas fait attendre, ironisant sur les prochains « renoncements programmatiques ». « La Bretagne mérite mieux que des combines ou des accords pour des postes. Je regrette que le président sortant préfère prendre le risque de livrer la région à des additions baroques plutôt que d'unir la Bretagne autour d'un projet de progrès », a soutenu Thierry Burlot, appelant les abstentionnistes à voter.

Ce lundi soir, il semble peu probable que d'autres alliances se forment. La Bretagne s'oriente donc vers une inédite quinquangulaire et un second tour (avant un troisième ?) assez serré.

Rappelons que derrière le président sortant, la candidate Les Républicains Isabelle Le Callennec a obtenu dimanche soir plus de 16 % des suffrages. La liste du Rassemblement national de Gilles Pennelle a rallié, elle, 14,3% des suffrages.

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Commentaires 2
à écrit le 22/06/2021 à 15:15
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Julien Bayou n'est pas écologiste, comme tous les cadres EELV, c'est un zadiste en reconversion qui se sert de l'écologie pour essayer de trouver un revenu ! Quand on n'est pas capable de comprendre qu'il faut des réserves d'eau pour lutter contre l...

à écrit le 22/06/2021 à 12:47
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Julien Bayou n'est pas écologiste, comme tous les cadres EELV, c'est un zadiste en reconversion qui se sert de l'écologie pour essayer de trouver un revenu ! Quand on n'est pas capable de comprendre qu'il faut des réserves d'eau pour lutter contre l...

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