Comment la métropole de Tours compte devenir l’un des hubs de la Medtech

TOURS (37). L’installation en janvier de la start-up Loval Tech, inventeur du premier vaccin nasal anti-Covid-19, ainsi que l’ouverture à la rentrée de septembre d’un département dentaire au sein de l’Université de médecine, consolideront l’écosystème autour du médical dans la capitale de la Touraine. La métropole tourangelle veut bâtir à terme une filière d’excellence sur la « Medtech », à l’instar de Montpellier.

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L’espace Mame, dépendant de Tours Métropole Val de Loire accueille désormais un pôle dédié à l’innovation dans la santé.
L’espace Mame, dépendant de Tours Métropole Val de Loire accueille désormais un pôle dédié à l’innovation dans la santé. (Crédits : Reuters)

Les bonnes nouvelles s'accumulent début 2022 pour la métropole de Tours dans le secteur de la santé. Loval Tech, la start-up de la French Tech Loire Valley, titulaire de l'exploitation d'un nouveau vaccin par voie nasale contre le Covid-19, vient de s'installer à l'espace Mame, l'incubateur tourangeau de jeunes pousses opéré par la collectivité.

Co-découvert par le laboratoire Biomap du centre régional de l'Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) et l'unité de recherche de l'Université de Tours, ce vaccin protéique a démontré son efficacité sur des rongeurs.

Dirigée par Isabelle Dimier-Poisson, chercheuse au laboratoire d'immunologie parasitaire de l'Université, et par Patrick Barillot, ex-directeur commercial du laboratoire voisin Recipharm, l'un des façonniers en France du vaccin de Pfizer, Loval Tech nourrit d'importantes ambitions. La start-up espère ainsi lever entre 150 et 200 millions d'euros pour développer et commercialiser son spray nasal dès 2023. À la clé également, la création de plusieurs dizaines d'emplois à haute valeur ajoutée sur le territoire de Tours Métropole Val de Loire.

Le démarrage d'activité de Loval Tech précèdera de huit mois l'ouverture d'un département d'odontologie à l'Université de médecine à la rentrée de septembre. Co-financée annuellement à hauteur de 5,5 millions d'euros par la région Centre Val de Loire et l'État, la nouvelle faculté dentaire a également bénéficié d'un coup de pouce de la collectivité présidée par le maire LR de Joué les Tours, Frédéric Augis.

Environnement favorable

Autre illustration du renforcement de l'écosystème local de santé, notamment au plan de l'innovation, trois autres start-up de la Medtech emboîteront le pas de Loval Tech.

S'installeront aussi au premier trimestre chez Mame, Apodis concernant la pharmacie, VYV3 spécialisée sur l'IA dans le médical, enfin Exac.t, structure autour de l'autisme portée par le CHRU de Tours. Le déménagement à plus longue échéance, en 2025, du groupe Doliam dans les anciens magasins généraux de la SNCF à Saint-Pierre-des-Corps, dans l'agglomération tourangelle, apportera également une pierre décisive à l'édifice Medtech en construction. Ce fabricant de matériel médical de pointe, comme les pompes cardiaques et les pacemakers, réservera la moitié de son futur bâtiment, soit environ 15.000 mètres carrés, à un nouvel incubateur de start-up évoluant dans les nouvelles technologies médicales. Maison mère de la société tourangelle Vermon, qui produit des sondes médicales, Doliam investira quelque 80 millions d'euros dans ce projet censé générer à terme des centaines d'emplois.

Selon Thibault Coulon, vice-président de la métropole en charge des affaires économiques, plusieurs paramètres expliquent l'accélération du maillage Medtech de la collectivité d'agglomération.

« La notoriété de la faculté de médecine et du CHRU de Tours constitue en premier lieu le socle de ce développement. Ils comptent ainsi en leur sein plusieurs chercheurs de renommée internationale comme les professeurs infectiologues Philippe Roingeard et Hervé Watier, » se félicite l'élu, par ailleurs conseiller municipal d'opposition LR de Tours. « La mise en place d'un environnement économique favorable est l'autre clé essentielle pour booster l'attractivité de la métropole tourangelle. »

Quitte à mettre directement la main au porte-monnaie. La collectivité, dont les dépenses annuelles d'investissement avoisinent 70 millions d'euros, a ainsi contribué à hauteur de 600.000 euros au projet de futur « Health Tech Station » sur les biomédicaments qui doit être construite à Tours au second semestre à la place d'anciennes casernes militaires.

Tours, futur hub de la Medtech?

Engagés depuis 2017, l'activisme de Tours Métropole Val de Loire pour faire émerger un secteur économique dense autour du médical est donc suivi de résultats significatifs. L'agglomération tourangelle concentre ainsi une forte proportion des quelque 31 entreprises de santé présentes en Indre-et-Loire. La filière, qui emploie d'ores et déjà 3.000 salariés, se renforcera à court ou moyen termes grâce à de nouveaux acteurs attendus.

« Nous tablons aussi sur l'arrivée de nouvelles start-up attirées par la situation géographique centrale de Tours, à une heure de l'Île-de-France, », assure Thibault Coulon. « L'objectif est ainsi de prendre pied rapidement au sein des hubs de la Medtech dans l'Hexagone, à l'instar de Montpellier. »

Un pari qui n'est pas gagné d'avance face aux grandes agglomérations qui restent le terrain favori pour accueillir les futures pépites.

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