Agathe Monpays, discrète rénovatrice de Leroy Merlin
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Agathe Monpays
Leroy Merlin
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Agathe Monpays
Leroy Merlin
Quand sa nomination à la direction générale de Leroy Merlin France (groupe Adeo) est annoncée en mai 2023, la nouvelle fait plus de bruit sur LinkedIn que dans la presse spécialisée. Sur les réseaux, les commentaires fusent, souvent acides, parfois perplexes. Comme un cinglant, « N'oubliez pas le Mulliez, dans son nom. Ça aide ! » : certains internautes vont jusqu'à affirmer qu'elle est héritière du groupe Mulliez... Jeune, femme, peu connue, sans pedigree public : de quoi alimenter les projections. Alors qu'Agathe Monpays ne fait absolument pas partie de la célèbre dynastie nordiste, et c'est justement là que réside l'intérêt.
Ce petit tollé en dit long. Il illustre ce que sa trajectoire vient bousculer : l'image figée d'un capitalisme familial et masculin, où les postes à responsabilité se transmettent par affinités ou par ascendances. À 28 ans, cette diplômée d'IÉSEG School of Management (promo 2016), issue de la grande distribution mais rompue à la culture terrain, prend les commandes d'une des enseignes préférées des Français, forte de près de 38 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 140 magasins et 30 000 collaborateurs. Elle devient, de fait, la plus jeune dirigeante de l'histoire de Leroy Merlin France.
À l'ère des dirigeants stars et des prises de parole millimétrées, son style bouscule et son silence intrigue. Pas de storytelling autocentré, pas de posture. Même si elle n'a pas répondu à notre demande d'interview pour La Tribune, quand elle prend la parole, c'est sans détour. Comme lors du Festival des Projets « Ici 2035 » organisée par Leroy Merlin (source : Négoce Zepros), où Agathe Monpays fait le choix d'une parole directe, en abordant sans détour les résultats 2023 en demi-teinte de Leroy Merlin France : un chiffre d'affaires en légère baisse à 7,86 milliards d'euros, une perte de 0,2 point de part de marché, et des signaux d'alerte sur l'inflation, la fréquentation en magasin et les projets de rénovation. « On ne réussit pas à tous les coups. Il faut le dire, l'expliquer, apprendre », a-t-elle résumé, assumant les chiffres comme les ambitions.
Gaëtane Deljurie, à Lille