Bridgestone à Béthune : qui est responsable de ce fiasco ?
Gaëtane Deljurie, à Lille
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Bridgestone promet de faire le maximum pour les ouvriers de bethune
PASCAL ROSSIGNOL
Gaëtane Deljurie, à Lille
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Bridgestone promet de faire le maximum pour les ouvriers de bethune
PASCAL ROSSIGNOL
Très en colère Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, au sortir de l'usine Bridgestone de Béthune, ce mercredi : « La question est simple : a-t-on affaire à des industriels ou à des financiers ? », a-t-il lancé aux journalistes. Toute la classe politique a exprimé sa "révolte", à l'image du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.
Reste que les difficultés de Bridgestone dans le Nord ne sont pas neuves. La première raison avancée pour la fermeture de l'usine de Béthune, c'est la concurrence accrue des pneus à bas coût produits en Chine et en Corée du Sud. Les parts de marché des pneus made in Asie ont grimpé en flèche depuis les années 2000 : à qualité moindre certes, mais avec des prix quasiment imbattables.
À lire également
Il aura fallu attendre mai 2018 pour que la Commission européenne, saisie à l'été 2017 par un conglomérat de professionnels du pneus, prenne des mesures anti-dumping, en taxant les pneus venus de Chine. Sauf qu'il était déjà certainement trop tard, alors que le secteur le réclamait depuis plusieurs années...
A Béthune, impossible de ne pas voir que le groupe japonais n'investissait plus dans le site depuis déjà plus de cinq ans. Le refus par 60% des salariés, consultés courant 2019 par référendum, d'un projet d'accord de performance collective, a certainement programmé la fin de Béthune.
La direction proposait en effet d'améliorer la compétitivité du site avec une hausse du temps de travail sans rémunération supplémentaire, la suppression d'une équipe sur les 5x8 pour ajuster la production à la demande, une augmentation des salaires sur trois ans. En échange, le groupe promettait un investissement sur de nouvelles machines permettant de produire des pneus à grande dimension plus haut de gamme, moins concurrencés et surtout, particulièrement plébiscités avec le développement des SUV.
Gaëtane Deljurie, à Lille
Après un mois de grève, les salariés de Dumarey exhortent l'État à trouver un repreneur
Choose France : Boehringer Ingelheim investira un demi-milliard d'euros dans l'Hexagone
Défense : les industriels du Nord-Franche-Comté plaident pour accélérer le réarmement français
Énergie marine : la filière de l'hydrolien suspendue à un arrêté sur le prix de rachat de l'électricité