Retraites, licenciements chez Auchan, Bridgestone... : les syndicats cherchent à mobiliser

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(Crédits : Reuters)
La CGT, Solidaires et la FSU ouvrent la rentrée syndicale jeudi avec un appel à grèves et manifestations contre les suppressions d'emploi et pour des hausses de salaires, au moment où se multiplient les restructurations et les plans sociaux. Le point sur la contestation dans les grandes villes.

"Il est difficile de se faire entendre mais ça n'a jamais été autant nécessaire", souligne auprès de l'AFP Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, pour qui il est "important" de "ne pas laisser s'installer l'idée que manifester serait aller à l'encontre de l'unité nationale."

Covid oblige, les organisateurs ne s'attendent pas à une forte affluence, mais jugent ce "premier" appel nécessaire pour permettre aux salariés de se "retrouver ensemble", après des mois de restrictions liées au coronavirus.

A Toulouse dans la matinée, la CGT recensait 3.000 manifestants (1.400 selon la police). Ils étaient plusieurs centaines à Marseille ou à Montpellier.

"Dès qu'il y a un problème, on licencie d'abord, et on réfléchit après. Nous, on propose de réfléchir d'abord et après de prendre des mesures en fonction des réalités", a déclaré samedi sur RTL Philippe Martinez, numéro un de la CGT, qui voit ce jeudi comme une occasion pour les salariés de "se défendre".

Ces dernières semaines les annonces de plans sociaux ou de restructurations se sont multipliées: de l'enseigne d'ameublement Alinéa en passant par Nokia, BFMTV/RMC ou encore Auchan.

Au 13 septembre, 394 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), représentant jusqu'à près de 57.000 emplois, avaient été recensés depuis mars, contre 249 sur la même période l'an dernier.

Dernier en date, le gouvernement a vertement condamné mercredi la décision du Japonais Bridgestone de fermer en 2021 son site de Béthune (Pas-de-Calais) où travaillent 863 personnes, parlant de "trahison". Jeudi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a évoqué une décision "révoltante".

"Ça ne suffit pas de râler, d'être en colère ou de montrer du doigt. Il faut plus que ça", s'est emporté M. Martinez, réclamant sur LCI que les entreprises touchant des aides publiques signent "un genre de pacte" où elles s'engagent à créer des emplois.

"Il faut absolument mettre une pression" sur Bridgestone, a renchéri son homologue de FO, Yves Veyrier, sur Europe 1.

La CGT avait lancé son appel à mobilisation le 9 juillet, près de deux mois avant l'annonce d'un plan de relance de 100 milliards d'euros, qui a déçu les syndicats.

Ce plan, "annoncé en grande pompe, ne s'adresse qu'aux entreprises, qui pourront notamment bénéficier d'une exonération d'impôts de production à hauteur de 10 milliards d'euros par an et cela sans aucune condition ni contrepartie", regrettent la CGT, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et UNL, organisateurs de la mobilisation.

"Mouvement de foule"

Plus d'une centaine de rassemblements/manifestations sont organisés dans la journée, selon la CGT, avec comme mot d'ordre "Mobilisés pour un autre avenir".

Parmi les revendications: hausses de salaires, abandon "définitif" des réformes des retraites et de l'assurance chômage, réduction du temps de travail "sans perte de salaire", augmentation du Smic...

A Paris, la manifestation partira à 14h de République, direction Nation.

L'interdiction de rassemblement de plus de 5.000 personnes reste en vigueur pour éviter la propagation du virus mais les autorités ont jusqu'à présent fermé les yeux sur les dépassements, tant pour les manifestations des "gilets jaunes" le 12 septembre, que pour les mobilisations des personnels hospitaliers en juin-juillet, qui avaient réuni jusqu'à des dizaines de milliers de personnes.

"Nous ferons tout pour que les gestes barrières soient appliqués, avec le port du masque et la distanciation. C'est aussi important que les forces de l'ordre aient les bonnes consignes pour qu'il n'y ait pas de mouvement de foule", explique Céline Verzeletti, responsable CGT.

Des préavis de grève ont été déposés à la SNCF et RATP mais le trafic est globalement normal. A La Poste à la mi-journée, la direction recensait 1,95% de grévistes.

A Nice en revanche, il n'y avait pas de tramway, peu de bus et de trains mais beaucoup d'embouteillages. De nombreuses crèches étaient en outre fermées, et les services de cantine pas toujours assurés dans les écoles.

"Notre retraite, on ne nous en a pas fait cadeau"

Masque rouge siglé CGT sur le visage, Hélène, employée à la Banque postale, est venue manifester jeudi matin à Marseille comme plusieurs centaines de personnes pour, dit-elle, "dénoncer la politique du gouvernement et le capitalisme".

Derrière la banderole de tête "Marche pour l'emploi et la dignité", la manifestation, qui n'avait pas été déclarée en préfecture, s'est ébranlée vers 11h à Marseille, répondant à l'appel national lancé par la CGT, Solidaires et la FSU contre les suppressions d'emplois et pour des hausses de salaires.

"Je suis une personne à risque, mais pour moi c'était important de venir, de montrer que derrière des chiffres avancés par le gouvernement, il y a des personnes", explique à l'AFP Hélène qui, dans le centre financier de La Poste où elle travaille, "voit la misère sociale tous les jours".

"Ce sont toujours les mêmes qui sont mis à contribution, les salariés et les retraités", estime la quinquagénaire en dénonçant "le capitalisme". A ses côtés, son collègue Cyril Balaguer déplore "l'évasion fiscale" et l'argent distribué aux entreprises "censé servir à sauver les emplois", mais qui selon lui est dévoyé.

Michelle, retraitée du Commissariat à l'énergie atomique de Cadarache (Bouches-du-Rhône), s'oppose pour sa part à la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. "Notre retraite, on ne nous en a pas fait cadeau", souligne-t-elle.

"Nous sommes une génération qui aide ses enfants", souligne la sexagénaire, qui s'agace de "l'infantilisation des personnes âgées" pendant la crise sanitaire.

A Montpellier, la manifestation partie en fin de matinée a rassemblé 600 personnes selon la préfecture. Ils étaient 250 à Béziers.

A Nice, aucun tramway et peu de bus et de trains étaient en circulation.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2020 à 15:50 :
""Nous sommes une génération qui aide ses enfants",
Ne lui est il pas venu a l idee que ses enfants aimeraient bien ne pas dependre a 30 ans de papa et maman ? Et que ca veut dire moins les ponctionner pour payer les retraites et les soins medicaux des boomers (ou arreter la politique du logement cher (PTZ, APL, Pinel) ?


PS: comment font ceux qui n ont pas la chance d avoir des parents retraités riches ou qui ne s entendent pas avec ?
a écrit le 17/09/2020 à 15:35 :
Ne cherchez pas toujours les mêmes qui ont la sécurité de l'emploi, salaire plus élevé que le privé, des avantages... que l'on nomme fonctionnaires pas les derniers pour glander le maximum quand cela n'est pas la sncf ratp... alors que la situation du secteur marchant est catastrophique pour les entreprises comme pour les salariés du privé... Cela ne change pas nos 5 millions de fonctionnaires de sont que des égoïstes qui ne regardent que leur nombril... Mais on commence à sentir depuis quelques années la colère de la société civile montait contre cette caste...
a écrit le 17/09/2020 à 15:02 :
"hausses de salaires, abandon "définitif" des réformes des retraites et de l'assurance chômage, réduction du temps de travail "sans perte de salaire", augmentation du Smic..."

Il est quand même hallucinant que les idées progressistes ne sortent que de la bouche des syndicats tout comme il est hallucinant qu'avec 40% de taxes pour les entreprises politiciens et hommes d'affaires se félicitent en permanence alors qu'ils devraient se détester. Mais bon ça doit être fait exprès permettant ainsi aux médias de masse de balayer ces idées tout comme ils balaient les syndicats.

On comprend mieux l'importance des experts à l'envers des médias de masse dont nous sommes abreuvés, cette économie n'ayant plus aucun sens, suivant seulement la pathologie cupide des propriétaires de capitaux et d'outils de production. Les idées qui pourraient nous faire avancer sont interdites et les mauvaises idées répétées depuis des décennies.

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