Retraites, licenciements chez Auchan, Bridgestone...: les syndicats cherchent à mobiliser
Bertille Ossey-Woisard avec les bureaux régionaux, AFP

Photo d'illustration
Reuters
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Covid oblige, les organisateurs ne s'attendent pas à une forte affluence, mais jugent ce "premier" appel nécessaire pour permettre aux salariés de se "retrouver ensemble", après des mois de restrictions liées au coronavirus.
A Toulouse dans la matinée, la CGT recensait 3.000 manifestants (1.400 selon la police). Ils étaient plusieurs centaines à Marseille ou à Montpellier.
Ces dernières semaines les annonces de plans sociaux ou de restructurations se sont multipliées: de l'enseigne d'ameublement Alinéa en passant par Nokia, BFMTV/RMC ou encore Auchan.
Au 13 septembre, 394 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), représentant jusqu'à près de 57.000 emplois, avaient été recensés depuis mars, contre 249 sur la même période l'an dernier.
Dernier en date, le gouvernement a vertement condamné mercredi la décision du Japonais Bridgestone de fermer en 2021 son site de Béthune (Pas-de-Calais) où travaillent 863 personnes, parlant de "trahison". Jeudi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a évoqué une décision "révoltante".
"Ça ne suffit pas de râler, d'être en colère ou de montrer du doigt. Il faut plus que ça", s'est emporté M. Martinez, réclamant sur LCI que les entreprises touchant des aides publiques signent "un genre de pacte" où elles s'engagent à créer des emplois.
La CGT avait lancé son appel à mobilisation le 9 juillet, près de deux mois avant l'annonce d'un plan de relance de 100 milliards d'euros, qui a déçu les syndicats.
Ce plan, "annoncé en grande pompe, ne s'adresse qu'aux entreprises, qui pourront notamment bénéficier d'une exonération d'impôts de production à hauteur de 10 milliards d'euros par an et cela sans aucune condition ni contrepartie", regrettent la CGT, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et UNL, organisateurs de la mobilisation.
Plus d'une centaine de rassemblements/manifestations sont organisés dans la journée, selon la CGT, avec comme mot d'ordre "Mobilisés pour un autre avenir".
Parmi les revendications: hausses de salaires, abandon "définitif" des réformes des retraites et de l'assurance chômage, réduction du temps de travail "sans perte de salaire", augmentation du Smic...
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A Paris, la manifestation partira à 14h de République, direction Nation.
L'interdiction de rassemblement de plus de 5.000 personnes reste en vigueur pour éviter la propagation du virus mais les autorités ont jusqu'à présent fermé les yeux sur les dépassements, tant pour les manifestations des "gilets jaunes" le 12 septembre, que pour les mobilisations des personnels hospitaliers en juin-juillet, qui avaient réuni jusqu'à des dizaines de milliers de personnes.
Des préavis de grève ont été déposés à la SNCF et RATP mais le trafic est globalement normal. A La Poste à la mi-journée, la direction recensait 1,95% de grévistes.
A Nice en revanche, il n'y avait pas de tramway, peu de bus et de trains mais beaucoup d'embouteillages. De nombreuses crèches étaient en outre fermées, et les services de cantine pas toujours assurés dans les écoles.
Masque rouge siglé CGT sur le visage, Hélène, employée à la Banque postale, est venue manifester jeudi matin à Marseille comme plusieurs centaines de personnes pour, dit-elle, "dénoncer la politique du gouvernement et le capitalisme".
Derrière la banderole de tête "Marche pour l'emploi et la dignité", la manifestation, qui n'avait pas été déclarée en préfecture, s'est ébranlée vers 11h à Marseille, répondant à l'appel national lancé par la CGT, Solidaires et la FSU contre les suppressions d'emplois et pour des hausses de salaires.
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Michelle, retraitée du Commissariat à l'énergie atomique de Cadarache (Bouches-du-Rhône), s'oppose pour sa part à la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. "Notre retraite, on ne nous en a pas fait cadeau", souligne-t-elle.
A Montpellier, la manifestation partie en fin de matinée a rassemblé 600 personnes selon la préfecture. Ils étaient 250 à Béziers.
A Nice, aucun tramway et peu de bus et de trains étaient en circulation.
Bertille Ossey-Woisard avec les bureaux régionaux, AFP