Pour les entrepreneurs, le « Grand Sud » leur donne une ouverture européenne

Sophie Arutunian, avec Alexandre Léoty

Sophie Arutunian, avec Alexandre Léoty
Treize départements, 72. 000 km2, 5,6 millions d'habitants, un budget de 2,6 milliards d'euros. La nouvelle région qui naîtra au 1er janvier 2016 du rapprochement entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sera un mastodonte.
Ce nouveau territoire, plus ou moins accepté (certains auraient préféré une fusion de Midi-Pyrénées avec la région Aquitaine) est bel et bien en ordre de marche. Du côté des institutions comme des entreprises, on tente d'anticiper. En juillet, les annonces sur la capitale régionale ont marqué la première étape concrète - et symbolique - de la structuration de la région.
La future région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées (LRMP) est la seule de France qui comportera deux métropoles : Toulouse et Montpellier. Depuis un an, les maires des deux villes, respectivement Jean-Luc Moudenc (LR) et Philippe Saurel (ex-PS), ont revendiqué leur solidarité au-delà des divergences politiques. Objectif : parler d'une même voix face au futur pouvoir régional.
Ainsi, les deux élus s'affichent main dans la main pour défendre leurs intérêts. Néanmoins, le bloc formé par les deux maires n'a pas pour autant enrayé la compétition « historique » entre leurs deux villes. Ainsi, l'implantation des services de l'État et du futur chef-lieu régional a fait l'objet d'une lutte d'influence passionnée. On se souvient de la colère de Philippe Saurel, en avril dernier, au moment où Toulouse semblait favorite pour devenir capitale régionale :
Et pourtant. La décision de l'État est tombée le 31 juillet : sans surprise, c'est bien Toulouse qui accueillera la préfecture de la nouvelle région, et également la première assemblée du Conseil régional, le 4 janvier.
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Montpellier centralisera néanmoins cinq des onze administrations régionales, dont la chambre régionale des comptes et l'agence régionale de la santé.
Côté entreprises, l'ambiance n'est pas à la chamaillerie. Les entrepreneurs des deux régions se réjouissent du rapprochement.
Selon une étude du cabinet Trendeo, Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées serait d'ailleurs « la grande bénéficiaire » de la réforme territoriale, à la fois en termes de création d'emplois et de startups. Les points forts de la future région ont donc été identifiés : la viticulture (avec 300.000 hectares, la superficie du bassin viticole de la nouvelle région sera la plus grande du monde), le numérique (qui représentera 49. 500 emplois), le tourisme (14 milliards d'euros de retombées sur la grande région), mais aussi l'aéronautique, la recherche et les biotechnologies.
La réforme offre aussi à Midi-Pyrénées un accès direct à la Méditerranée. D'ores et déjà des synergies sont en marche : les clusters numériques Digital Place (Toulouse) et French South Digital (Montpellier) ont établi un dialogue en vue de futures coopérations.
En septembre, les CCI des deux régions ont lancé un club d'entrepreneurs commun, « Pyrénées Méditerranée », et les Medef régionaux se sont également rapprochés. Pragmatiques, certains chefs d'entreprise réclament désormais une chose : la LGV Toulouse-Montpellier. Alors que le gouvernement vient de valider le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, il est urgent pour le tissu économique de rapprocher les deux métropoles (séparées par plus de deux heures de route).
Dix-neuvième région au niveau européen, LRMP sera plus visible de l'étranger, et pourrait être plus attractive pour les investisseurs.
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Plus largement, c'est toute l'Europe du Sud et les pays de la Méditerranée qui se rapprochent mécaniquement de Toulouse. Autre facteur d'optimisme mis en avant par les partisans de la nouvelle région : les entreprises locales devraient bénéficier désormais d'une plus grande visibilité à Paris et Bruxelles.
Sophie Arutunian, avec Alexandre Léoty