« L'agro-alimentaire sera le premier pôle d'activité de la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées » (Christophe Nicot)

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« Les Catalans s’intéressent davantage  à nous (…) Nous sommes pris  au sérieux dans notre capacité à suivre les investissements importants », affirme Christophe Nicot.
« Les Catalans s’intéressent davantage à nous (…) Nous sommes pris au sérieux dans notre capacité à suivre les investissements importants », affirme Christophe Nicot. (Crédits : DR)
[ #Regionales 2015 ] Entretien avec Christophe Nicot, directeur général de l’Agence économique de Midi-Pyrénées Madeeli.

LA TRIBUNE - Quels sont les points forts économiques de la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées ?

CHRISTOPHE NICOT - Le premier pôle d'activité sera l'agroalimentaire avec des productions à haute valeur ajoutée et la viticulture, car Languedoc-Roussillon est actuellement la première région de production au monde. L'aéronautique, évidemment, est un point fort de la nouvelle région. Le secteur de la santé va se renforcer. Le secteur de l'eau également, ainsi que l'énergie, notamment à Perpignan avec les énergies renouvelables. Enfin, le numérique est très fort dans les deux régions.

Comment va se situer la nouvelle région au niveau européen ?

En volume de chiffre d'affaires, LRMP est la sixième région européenne. Nous allons gagner en visibilité dans l'écosystème mondial. De plus, Midi-Pyrénées dispose de 1,2 milliard d'euros de fonds européens Feder, et Languedoc-Roussillon, de 1,9 milliard, ce qui fait un total de 3,1 milliards d'euros. La somme des budgets des acteurs publics va accroître la puissance et la capacité à financer des projets plus importants.

L'une des deux régions va-t-elle tirer davantage de bénéfices de la fusion ?

Les deux régions sont en croissance. Chacune apporte à l'autre potentiellement quelque chose. Dans le tourisme, Languedoc-Roussillon est plus puissante que Midi-Pyrénées. Dans le secteur maritime aussi car celui-ci représente dix à vingt fois le marché aéronautique. L'autre intérêt de cette nouvelle région est de s'associer face à Barcelone. Aujourd'hui, un investisseur international compare notre espace et la Catalogne. En fusionnant, nous allons pouvoir développer notre attractivité.

Des discussions sont-elles en cours sur le positionnement de LRMP par rapport à la Catalogne ?

Oui, et depuis plusieurs années à travers l'eurorégion Pyrénées Méditerranée, même si la crise espagnole a ralenti les discussions. Aujourd'hui, les Catalans, voyant cette nouvelle région se bâtir, s'intéressent davantage à nous.

Nous étions cinq à six fois plus petits qu'eux, nous serons seulement deux fois moins grands avec LRMP. Notre statut de partenaire change. Nous sommes pris au sérieux dans notre capacité à suivre les investissements importants.

Comment vos services préparent-ils la fusion ?

Il y a des échanges formels et informels avec les équipes de Languedoc-Roussillon. Nous nous rencontrons pour apprendre à nous connaître et il y a une montagne de travail. Les entreprises demandent de plus en plus d'accompagnement.

Par ailleurs, la grande question concerne le financement des structures : si la région est plus grande et que l'on nous demande de faire plus avec moins de moyens, cela ne sera pas la même chose que si LRMP investit davantage dans ses nouvelles structures.

Quel est l'avenir de l'agence régionale Madeeli ?

À court terme, nous restons Madeeli. Début 2016, les exécutifs vont se mettre en place, et à partir de là, nous travaillerons sur un modèle dont on ne peut préjuger aujourd'hui. Notre vocation est d'accompagner les TPE-PME qui demandent une proximité physique et humaine. Il faut des acteurs proches géographiquement et culturellement, car LRMP sera riche de cultures différentes. Il ne s'agit pas d'uniformiser. Il faut une seule politique économique et différents orchestres pour jouer la partition.

Peut-il y avoir une seule politique économique sur un territoire si hétérogène ?

Tout dépend de la façon dont on regarde le territoire. La région Midi-Pyrénées est macroscopiquement riche, mais si l'on retire la richesse produite par Toulouse, ce n'est plus la même chose. Il faut se concentrer sur nos points forts.

Perpignan, par exemple : c'est un espace dit pauvre, mais qui est porteur pour la silver économie et les énergies renouvelables. La nouvelle grande région pourra renforcer ses points forts à partir du moment où nous serons capables d'organiser des solidarités entre territoires.

D'ailleurs, l'approche métropolitaine des territoires a un défaut : elle casse les logiques de solidarité. Une région peut vivre sans sa métropole, mais le contraire n'est pas vrai. Croire que l'on peut avoir une politique économique détachée du territoire, cela n'a pas de sens.

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