L'INSEE confirme la santé exceptionnelle de l'aéronautique en Midi-Pyrénées et Aquitaine

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Fin 2011, la filière aéronautique et spatiale du Grand Sud-Ouest employait 126 500 salariés©Rémi Benoit
Fin 2011, la filière aéronautique et spatiale du Grand Sud-Ouest employait 126 500 salariés©Rémi Benoit (Crédits : Rémi Benoît)
Réalisée chaque année en Midi-Pyrénées et Aquitaine en partenariat avec Aerospace Valley, l'enquête Aéronautique et Espace de l'INSEE dévoilée aujourd'hui est une véritable photographie du secteur. Premier enseignement de la nouvelle édition (qui porte sur 2011): avec une augmentation de 13%, l'activité des sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services a atteint un niveau jamais vu depuis les années fastes 2005 et 2006.

Fin 2011, la filière aéronautique et spatiale du Grand Sud-Ouest employait 126 500 salariés. Avec des capacités de production fortement utilisées et des carnets de commandes à six mois bien remplis, « c'est une année d'exception » affirme Jean-Philippe Grouthier, directeur régional de l'INSEE, qui envisage des chiffres comparables pour 2012.

2011 : les chiffres clés

- Le chiffre d'affaires lié à l'aéronautique a augmenté de 13,5% en 2011 dans le Grand Sud-Ouest (- 0,6% en 2010).

- L'emploi salarié accélère : + 4,4% en 2011 (contre 2,7% en 2010). « C'est assez exceptionnel pour une évolution d'emploi étant donné le contexte économique mondial » souligne Nadia Wojchechowski de l'Insee Aquitaine.

- Le secteur de la forge et du traitement des métaux connaît une évolution de son chiffre d'affaires la plus importante : + 25,4%. Le seul secteur de l'aéronautique et du spatial à connaître un recul de son CA est celui de la maintenance, après des années 2099 et 2010 exceptionnelles.

- Au sein des petits établissements, le chiffre d'affaires lié au secteur aéronautique / spatial s'accélère nettement : quasiment 20% dans les entreprises de moins de 10 salariés « ce sont eux qui avaient le plus souffert de la crise » précise Jean-Philippe Grouthier.

- 50% des commandes viennent du Grand Sud Ouest, 30% de l'international (une part en baisse), 20% du reste de la France. « Nous n'avons pas perdu de marchés à l'international, mais la part est plus faible à cause de l'essor des commandes d'Airbus » tempère Marc Péré, directeur d'Aerospace Valley.

- Conjoncture 2012 : nouvelle progression des perspectives d'embauches et d'investissement, carnets de commandes remplis sur 6 mois, capacités de production industrielle très sollicitées (à 90 % dans la fabrication d'aérostructures).

Inquiétudes pour le recrutement et le financement

Alors que les créations d'emploi devraient encore légèrement s'accélérer en 2012 dans les établissements de Midi-Pyrénées, les difficultés de recrutement de personnel qualifié s'accentuent. Face à l'évolution des technologies, les besoins de recrutement et formation restent importants. « Les problèmes de recrutement présentent un vrai risque de ralentissement de la filière » redoute Agnès Paillard, présidente d'Aerospace Valley. « Il faut régler ce problème car nous avons un impératif de pouvoir livrer les commandes ». Les chaudronniers, ajusteurs, soudeurs, magasiniers, logisticiens sont particulièrement recherchés. Dans le secteur de la fabrication d'aérostructures, 80% des chefs d'entreprises expriment des difficultés à recruter. Dans l'ingénierie, c'est le recrutement de cadres qui continue d'être problématique : 74% des sociétés font état de difficultés.

Une autre inquiétude exprimée par Agnès Paillard concerne le financement des entreprises : « quand on connaît une croissance de 20% par an, il faut savoir s'adapter, investir, se développer et parfois les petites entreprises ne trouvent pas les financements » affirme la présidente d'Aerospace Valley. « Paradoxalement, il y a parfois des problèmes qui découlent de la croissance d'une entreprise et le financement de la filière exige que nous restions vigilants» ajoute-elle, évoquant les accords de Bale III « qui imposent la restriction des liquidités à prêter aux entreprises ».
Interrogée sur le rôle de la BPI (future Banque Publique d'Investissement), Agnès Paillard se veut confiante : « les centres de décisions se rapprochent, les circuits se raccourcissent et les décideurs connaissent la réalité du terrain : on espère plus de fluidité ».

 

************************En savoir plus************************

L'enquête annuelle de l'INSEE s'adresse aux fournisseurs, sous-traitants et prestataires de services (y compris les établissements d'ingénierie, informatique, commerce de gros, logistique, transport, sécurité, ménage, etc.) d'Aquitaine et Midi-Pyrénées. Sont exclus les constructeurs aéronautiques (Airbus, Dassault et ATR), les constructeurs spatiaux ( Astrium, Thales Alenia Space), les mororistes ( Turbomeca et Herakles), le Cnes, le Cesta et les centres d'essais de la Direction générale de l'Armement.

 

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