Selon le baromètre Hellowork consulté en exclusivité par La Tribune, les offres d’emploi reculent de 9 % au premier semestre 2026 tandis que les candidatures bondissent de 18 %. Dans un contexte d’incertitude politique et géopolitique, les entreprises privilégient des contrats plus flexibles, avec un repli marqué des CDI (-13 %) et des disparités régionales accrues.
Les informations à retenir
Pourquoi les offres d’emploi chutent-elles en France en 2026 ?
Au premier semestre, les offres reculent de 9 % selon Hellowork, plus forte baisse depuis 2024.
Les candidatures par offre grimpent de 18 %, avec des pics en distribution (+57 %) et vente (+56 %).
Les CDI chutent de 13 %, signe d’une défiance des entreprises dans un contexte politique incertain.
De moins en moins d’offres à pourvoir, pour des candidats de plus en plus nombreux. C’est le constat du dernier baromètre Hellowork sur le marché du travail. « De semestre en semestre, la situation se dégrade », décrypte pour La Tribune David Beaurepaire, directeur délégué au développement pour la plateforme de recrutement. Au premier semestre 2026, les offres d’emploi ont diminué de 9 %. C’est la plus forte baisse enregistrée depuis 2024.
Si les offres d’emploi ont diminué ces deux dernières années en raison d’un effet de rattrapage après l’euphorie post-covid, pour 2026, les raisons sont bien différentes.
« La rupture, c’est la dissolution en 2024 puis les atermoiements politiques sur le budget, et la guerre en Iran qui est venue se greffer », explique David Beaurepaire.
Résultat : les entreprises reportent leurs investissements et leur recrutement. Une incertitude qui devrait se poursuivre dans les mois à venir avec 2027 et l’élection présidentielle.
Une baisse des CDI
Les postes à pourvoir sont moins nombreux, et mécaniquement la concurrence s’intensifie entre les candidats. Hellowork enregistre une hausse de 18 % des candidatures par offre au premier semestre, comparé à la même période l’année dernière.
« Les jeunes diplômés de septembre dernier n’ont pas tous réussi à s’insérer sur le marché du travail, on constate un effet de cumul », avance David Beaurepaire.
Certains postes vont subir davantage d’embouteillages que d’autres. C’est le cas notamment de la distribution, qui subit une augmentation de 57 % des candidatures par offre, de la vente (+56 %) et des ressources humaines (+38 %). Mais aussi de la logistique (+14 %), de la production (+23 %) ou encore de la comptabilité (+28 %). À l’inverse, les métiers de la santé sont, eux, en tension (-2 %).
Autre signal négatif : le repli des offres en contrat à durée indéterminée (CDI).
« Les entreprises commencent à moins recruter en CDI quand elles ont la possibilité d’utiliser d’autres formes de contrat et cela démontre qu’elles n’ont pas confiance en l’avenir », indique David Beaurepaire.
Le CDI enregistre ainsi une baisse de 13 % au premier semestre par rapport à celui de 2025, contre une contraction de 6 % pour l’intérim et l’alternance et de 4 % pour les CDD.
L’Île-de-France la plus touchée
Au niveau géographique, Hellowork soulève des disparités entre certaines régions. « L’Île-de-France est le bassin d’emploi le plus dynamique en volume mais le plus impacté. » La région subit un repli de 12 % de ses offres en raison de la baisse dans les secteurs de l’hôtellerie, du commerce, de la comptabilité et de certaines industries comme l’industrie pharmaceutique.
La deuxième région la plus dynamique, Auvergne-Rhône-Alpes, enregistre, elle, une baisse de 8 %. Les régions qui résistent le mieux sont la Bretagne (-5 %), la Bourgogne (-6 %) et les Pays-de-la-Loire (-7 %).
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Une autre problématique vient se greffer au marché du travail : l’intelligence artificielle.
« Certaines entreprises utilisant l’IA sont amenées à davantage recruter car leurs projets s’accélèrent, et, à l’inverse, certaines recrutent moins car elles engrangent des gains de productivité », estime David Beaurepaire.
Mais selon lui, la plateforme ne constate pas pour le moment une destruction des emplois. Et les difficultés actuelles du marché « ne sont pas liées à l’IA, mais bien aux sous-jacents économiques ».