Les placements de l'IRD rapportent aux entreprises

Geneviève Hermann, à Lille

Geneviève Hermann, à Lille
Tout va bien pour les actionnaires de l'IRD, un groupe côté sur Euronext et qui accompagne le développement des entreprises en s'appuyant sur des investisseurs privés issus du monde patronal du Nord - Pas-de-Calais. Entre juin 2015 et juin 2016, la distribution par action passe de 0,35 à 0,52 euros. Soit une augmentation de dividendes de plus de 48%. Comme quoi on peut gagner de l'argent en investissant dans l'économie réelle et dans la création de valeur à long terme. Rien à voir avec les pratiques de certaines grandes entreprises nationales qui n'hésitent pas à faire grimper artificiellement le cours boursier comme l'a expliqué le journaliste Ivan Best dans son article « La folie des dividendes » paru le 30 mai dernier sur La Tribune.fr.
Mais ces investissements ont-ils une retombée sur l'emploi ? Il faudra atteindre le 5 septembre 2016 pour le savoir. L'IRD fêtera alors ses 25 années d'existence et communiquera là dessus à cette occasion.
Le groupe intervient à travers une douzaine de fonds de capital investissement comme Finovam, une société régionale d'amorçage, Cap Croissance, un Fonds Professionnel de Capital Investissement (FPCI), Nord Création et Ader pour les PME lorraines. Il s'engage aussi dans des opérations immobilières, accompagne des transmissions d'entreprises et aide à la recherche de financements.
L'année 2015 a été pour lui une réussite à plus d'un titre. Au total, l'IRD a engagé 22,2 millions d'euros au capital des entreprises à travers 68 opérations via des apports en position minoritaire pour des durées de 5 à 7 ans. Il a réalisé 15 cessions représentant 7,1 millions d'euros et une plus value de 2 millions d'euros. Le groupe a 253 entreprises en portefeuille.
Et de citer My Pop Corner qui loue des espaces commerciaux éphémères, LasantéNet qui vend en ligne des produits pharmaceutiques, Placedesenergies.com qui pilote des achats groupés d'électricité, de gaz, de fioul et de granulés de bois, Mobile Angelo, un réseau national de réparateurs de mobiles, et Cooptalis, un cabinet de recrutement spécialiste de la mobilité internationale.
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Année record également pour sa filiale Nord Transmission qui a concrétisé 9 opérations de cession concernant 514 salariés pour 46 millions d'euros de chiffre d'affaires. Quant aux 57 opérations immobilières qu'a piloté l'IRD, elles représentent un actif sous-jacent de 217,4 millions d'euros.
Un petit bémol quand même, le retard pris pour le lancement du Fonds de prêt Humanis Croissance Hauts-de-France, dont le démarrage, avait été prévu pour l'automne 2015. Marc Verly s'en explique.
Financé en grande partie par l'activité prévoyance d'Humanis, ce fonds d'investissement par obligations non convertibles d'un montant de 2 à 3 millions d'euros par opération dispose d'une enveloppe de 50 millions d'euros.
Autre nouveauté, le lancement du Fonds Commun de Placement à Risque (FCPR) GEI 2 qui succède au GEI 1 arrivé à terme. Le premier était doté de 55 millions d'euros. Le second dispose de 100 millions d'euros. Il est dédié au financement d'opérations de capital investissement et de transmission sur des tickets allant de 3 à 10 millions d'euros par opération en position majoritaire ou minoritaire. Les souscripteurs sont principalement des chefs d'entreprises et des familles du grand quart nord-est de la France. Le GEI leur a permis d'entrer au capital de plusieurs sociétés en croissance telles RMI Adista, un opérateur de services hébergés, et Saveurs & Sauces lors de son rachat de la Case aux Epices.
En additionnant GEI2 et le fonds Humanis, l'IRD dispose depuis cette année de 150 millions d'euros de plus en capacité financière sur lesquels il a une fonction d'étude et d'animation. Ses ambitions ne s'arrêtent pas là. En septembre 2016, il devrait lancer deux nouvelles offres. Créé en partenariat avec Centrale Lille, Skema Business Scholl, les conseillers du commerce extérieur et la CCI International, son outil Activateur de Croissance se propose d'informer et de former les chefs d'entreprises à fort potentiel de croissance pour les aider à évoluer. À travers son Club HeliOm, il mettra des experts à la disposition de groupes de dirigeants de TPE et PME à la recherche de solutions financières, commerciales ou autres.
Ni l'argent. Serait-ce la reprise ?
Geneviève Hermann, à Lille