Comment l'Université Nice Sophia-Antipolis pousse à la création d'entreprises

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L'Université Nice Sophia-Antipolis s'appuie sur un tissu local assez dense en ce qui concerne l'aide à la création entreprenariale.
L'Université Nice Sophia-Antipolis s'appuie sur un tissu local assez dense en ce qui concerne l'aide à la création entreprenariale. (Crédits : Reuters)
Avec un bureau d'aide à l'entreprenariat, une fondation qui finance les meilleurs projets d'entreprise et des liens étroits avec l'incubateur Paca-Est, l'UNS veut aller bien plus loin que la simple théorie.

Apprendre à créer une entreprise, c'est bien, mais aider à passer à l'action, c'est encore mieux. C'est en tout cas la philosophie développée par Frédérique Vidal. La présidente de l'Université de Nice Sophia-Antipolis développe depuis son arrivée en 2010 une forte politique d'aide à la création d'entreprise. Presque un comble pour cette scientifique que l'on peut imaginer éloignée des contingences entreprenariales. Et pourtant, à peine aux manettes de l'Université niçoise, elle prend le sujet très au sérieux. Une démarche qui dit-elle relève "d'une philosophie : intégrer toutes les dimensions de l'université dont fait partie l'insertion professionnelle. Cela signifie former mais aussi développer le goût d'entreprendre, considérer la création d'entreprise comme une forme d'insertion professionnelle".

Un Bureau créé exprès

Et pour joindre le geste à la parole, la présidente va initier la création d'un Bureau spécial, le Bureau d'Aide à la Création d'Entreprise. "Il manquait une structure qui permette de passer de l'idée au projet". Et de fait, les chiffres semblent lui donner raison puisque la première année, 20 porteurs de projets se présentent au BAE. L'année suivante, ils sont 35. Bien sûr, tous les projets ne voient pas immédiatement le jour, tempère Frédérique Vidal, mais en 2011, deux entreprises sont créées suite à leur passage par le BAE et en 2012, ce sont quatre naissances de petites entreprises qui sont relevées. Cependant, outre le BAE, il y a aussi la Fondation Unice qui depuis 2011 dispose de son propre concours récompensant les projets de création et aussi de reprise d'entreprises. Et qui dispose d'une jolie enveloppe de 30 K€. En 2013, 10 projets ont ainsi été primés chacun disposant d'une aide en monnaie sonnante et trébuchante de 1 000 et 8 000 euros. Cette année, 9 idées créatrices ont également été dotées d'un coup de pouce financier non négligeable. Certaines rencontrent déjà un joli succès, à l'image de Mathieu di Fazio. Récompensé en 2013, cet étudiant qui a mis au point un interrupteur intelligent et connecté capable de contrôler la lumière, les volets roulants, la température de la maison est passé par le BAE, a enchainé avec un stage au CEEI de Nice, avant d'être donc l'un des heureux lauréats de la Fondation Unice et d'être repéré par Legrand. Un bon exemple de ce que peut être le rôle de la Fondation : mettre un premier pied à l'étrier, "être un catalyseur", résume Frédérique Vidal.

Un tissu dense

Et si l'action de l'Université Nice Sophia-Antipolis porte ses fruits, c'est aussi parce qu'elle s'appuie sur un tissu local assez dense en ce qui concerne l'aide à la création entreprenariale. Ainsi des liens étroits la lie avec l'incubateur Paca-Est, incubateur qui valorise la recherche publique et avec lequel un partenariat a été signé en 2011, permettant à tout porteur de projet d'y faire un stage de création d'entreprise. D'autres liens ont également été noués avec la Métropole Nice Côte d'Azur ou encore avec Cannes qui développe une filière image numérique. "L'Université joue un rôle pivot, nous avons créé une dynamique endogène", affirme Frédérique Vidal. Les dispositifs mis en place ont servis en quelque sorte de chaînon manquant, créant le liant absent jusqu'alors. D'ailleurs, la commission de la Fondation Unice qui évalue les projets est lui-même composé d'acteurs de l'entreprenariat tels des chefs d'entreprises, des accompagnateurs à la création comme les experts-comptables ou les directeurs de pépinières. Et chaque année, les chefs d'entreprise en herbe passés par le BAE sont de fait inscrits au concours de la jeune entreprise qui est organisé par l'Union pour l'Entreprise 06. "Il est important que tous les acteurs se parlent. Il n'aurait servi à rien que l'Université initie quelque chose toute seule de son côté".

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Commentaires
a écrit le 09/11/2014 à 10:58 :
Un éditeur de logiciel de traitement de photos innovant a commencé la-bas (d'après mes souvenirs). Quand on fait une mise à jour, la carte bancaire est débitée au Luxembourg. Totale réussite ?
a écrit le 07/11/2014 à 6:52 :
Çà fait longtemps que ça existe en UK et les Universités participent même au capital des startups.

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