L'installation de Huawei à Sophia-Antipolis est-elle un bon signe ?

Laurence Bottero, à Nice

Laurence Bottero, à Nice
C'est en grande pompe et très solennellement - en présence de Karl Song, le directeur général France - qu'était coupé le ruban inaugural du tout nouveau centre de R&D de Huawei le 12 septembre dernier à Sophia-Antipolis, centre déjà opérationnel depuis un an. Un événement pour la technopole qui continue à être perçue comme la première d'Europe mais que d'autres voix n'hésitent pas à dire en quête d'un nouveau souffle. Une bonne nouvelle donc d'autant que Huawei fait partie de ces entreprises ayant repris certains des 517 salariés de Texas Instruments, licenciés l'an dernier avant fermeture du site. L'agence de développement économique Team Côte d'Azur, qui a fortement œuvré pour faire venir le Chinois en terre azuréenne et lui faciliter l'installation, ne dissimulait pas sa satisfaction d'avoir emporté la mise face à d'autres parcs technologiques.
Satisfecit général donc, d'autant que de nouvelles embauches - une dizaine - ont été annoncées pour être effectives d'ici la fin de l'année. Mais tout cela va-t-il vraiment profiter à la technopole ?
Dominique Jolly, professeur de stratégie, spécialiste Chine et Innovation à Skema Business School dont le siège est sophipolitian, acquiesce plutôt à la question de savoir si le choix de Sophia-Antipolis est un bon signal envoyé au monde de la micro-électronique et de l'innovation.
Cependant, Dominique Jolly modère un peu l'enthousiasme général :
Désireux sans doute de s'ouvrir encore davantage au monde de l'innovation, celui qui se place au 3e rang mondial derrière la firme de Cupertino et Samsung a engagé cette année un concours baptisé Inno Start, dédié au soutien à l'innovation et à l'entreprenariat. Visées : les start-up françaises. Si ce concours offre du cash - entre 80.000 à 100.000 euros - aux petites structures, pourrait-on voir Huawei s'intéresser d'encore plus près à ces jeunes pousses souvent prometteuses et surtout nombreuses à Sophia-Antipolis ?
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Autre interrogation, une entreprise innovante doit-elle aller en Chine ? Pour Dominique Jolly, la réponse est positive, "mais il ne faut pas y aller seul. Il est recommandé de faire le déplacement avec un Chinois ayant fait ses études en France ou aux États-Unis". Tout cela à rapprocher d'une donnée significative : 650.000 brevets sont déposés par an en Chine contre 500.000 au pays de l'Oncle Sam...
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Laurence Bottero, à Nice